PARTIE THÉORIQUE
La Morale ou l'Éthique, considérée sous le point de vue scientifique, est une doctrine qui enseigne à l'homme comment il doit se conduire, ou ce qu'il doit faire et ne pas faire, pour vivre selon sa vraie nature, et conformément à sa fin dernière. Elle suppose trois choses principales :
1° Qu'il y a pour l'homme une règle qu'il doit suivre dans ses actions , afin d'être dans l'ordre et d'accomplir sa destination : donc une loi;
2"* Que l'homme est capable de connaître sa loi, et d'en reconnaître l'obligation : donc la conscience morale ;
3*" Que connaissant sa loi, il a le pouvoir de l'observer ou de l'enfreindre : donc ï exercice de la liberté»
La loi, la conscience morale et la liberté, voilà les trois conditions nécessaires de la moralité. II. 1
2 PHILOSOPHIE MORALl.
La morale est moins une science qu'une doctrine scientifique. Une science , dans l'acception stricte de ce mot, porte en elle son principe. La morale ne Ta point en elle ; elle le reçoit d'une science plus haute ; elle est dominée par une théorie , qui la dépasse et dont elle est nne application. C'est la philosophie spécnlatiTe ou transcendante, appelée généralement Métaphysique , qm doit nous donner la connaissance de Dieu et de l'homme , sans laquelle il est impossible de détermiûer la méthode de bien vivre , ou la direction morale de la vie humaine. La Théodicée et la Psychologie pure , parties intégrantes de la Métaphysique, sont les antécédents nécessaires de la doctrine morale : la théodicée, parce que la loi morale émanant de Dieu ou n'étant que Texpression de sa volonté par rapport à nous, nous comprendrons ou interpréterons cette volonté, en raison de l'idée que nous aurons conçue de la nature divine et de son rapport avec l'humanité : la psychologie , car l'opinion que l'homme a de sa nature et de ses facultés , détermine la conviction de sa destination. Aussi voit-on toujours la morale pratique des peuples correspondre à leurs systèmes philosophiques^ à chaque époque il y a une croyance ou une doctrine qui prévaut dans la masse, et modifie la manière d'être et d'agir du grand nombre. C'est ce qu'on appdle Fesprit du temps. L'homme étant composé de deux substances irréductibles, dont la synthèse constitue l'unité de sa personne , le spiritualisme et le matérialisme se disputent le monde moral , et bien qu'ils se mêlent dans la doctriae, comme Tâme et le corps s'unissent dans la réalité,!' un ou l'autre a toujours le dessus, et ca-