‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 127 sur 199 · PARTIE PEaTIQUX. -^ GHAP. ^I · texte numérisé non relu

PARTIE PEaTIQUX. -^ GHAP. ^I

nique est enfermé le germe de la Tie spirituelle, et il faut aussi une action objective pour Yivifier ce germe, le porter à rayonner. Or, cette action n'est efficace que si elle est analogue à la nature du germe pénétré, spirituelle comme lui , et par la parole seule les influences de ce genre se manifestent en ce monde. C'est donc par la parole que s'opère la fécondation des intelligences et des âmes, ou la génération spirituelle de l'homme. Cepen* dant toute parole n'est point apte à féconder. Il faut qu'il 7 ait en elle une vertu génératrice , c'est^à*dire qu elle soit parole de vérité , parole de vie. Celui-là seul peut engendrer spirituellement, qui a la parole de la vie étemelle. Ici , comme dans la sphère inférieure , la vie vient de Dieu seul , car Lui seul en est la source et peut la donner : Dieu seul est créateur. L'homme la transmet parce qu'elle lui a été donnée, et quand il est employé à l'allumer dans son semblable , il reçoit une haute mission , la mission du prophète et de l'apôtre , ou à un degré inférieur celle du génie. Celui «là a du génie, dont la parole génératrice féconde les esprits en les ouvrant à la lamière intdligible; mais pour rayonner cette lumière, il doit en être lui-même illuminé. Il devient père dans Tordre spirituel , car ii transmet la vie. La vie pour Tintelligence, c'est la vérité. Celui-là donc est vraiment le père spirituel d'un autre homme, qui lui fait connaître la vérité , et dont la parole vivante met son intelligence en rapport avec le vrai, ou la vivifie par l'esprit de vérité. Tous ceux qui enseignent ne sont point pour cela des pères spirituels : on n'a qu'un père de ce genre , comme on n'en a qu'un selon la nature. L'enseignement qui part

des sens , de la mémoire , de rimagination , de la raison, ne s'adresse aussi dans ceux qui le reçoivent qu'aux facultés dont il est l'expression. Il communique des faits , des images , des observations , des pensées , des abstraotionsv des notions; en un mot, il ne produit point la science, parce qu'il n'y a point de science en lui ; il n'engendre pas Y idée, principe de la science, parce qu'il ne Ta pas. Il peut donner des connaissances^ de l'érudition , des pensées et des mots : mais la vie de rintelligence n'y est pas ; car le génie manque avec sa capacité de concevoir vivement le vrai, de se l'identifier, puis de l'exposer d'une manière ardente et profonde, qui en projette la lumière et la chaleur , là où sa parole est reçue.

Ces considérations s'appliquent aussi dans l'ordre moral et au développement psychique. Pour qu'un homme vive par Tàme , il faut qu'une fécondation plus profonde encore s'y accomplisse par la pénétration de la lumière divine. Ici encore c'est Dieu seul qui féconde et engendre ; la vie émane de lui : mais il la communique par des instruments choisis, par des vases d'élection qu'il marque, prépare et consacre à l'avance pour cette mission, et ces hommes deviennent les ministres de la parole divine, chargés de transmettre à la terre la vie du del, et par conséquent pères par la génération de l'âme et suivant l'ordre éternel.

La génération spirituelle se fait d'autant mieux que l'âme est moins dominée par le corps , et qu'il y a moins d'interstices entre la parole fécondante et elle. La chair et l'esprit, quoique unis intimement dans l'homme, sont toujours en collision ici-bas; en sorte que plus on vit

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matériellement, moins on est capable de la YÎe spirituelle, et plas on vit par 1* esprit , moins on est assujetti à la via matéridle. C'est pourquoi les rapports spirituels s'établissent difficilement entre des bommes dé^h unis pac les relations de la chair, ou par les liens du saug^. La chair et toutes les affections qui en ressortent, entravent la commonication de l'esprit. C'est comme un milieu plus dense où le rayon céleste vient se réfranger et s'affaiblir. Aus^ les^ parents naturels suffisent rarement eux-mêmes à l'éducation de leurs enfants. Bien qu'ils aient le droit et le devoir de pourvoir à leur développement spirituel , cependant ils ne sont point les plus propres à l'exciter et à le diriger. Le père naturel ne peut pas être le père spirituel de ceux qu'il a mis au monde. La vie de l'âme se transmet par une parole pure de tout sentiment charnel, libre de toute influence physique ; car le rapport doit être uniquement spirituel entre les deux termes , ce qui est impossible à ceux que les liens du sang unissent. Il y aurait ici beaucoup à dire sur la formation et le développement de la vie spirituelle, surtout en ce qui concerne la conduite et la direction des 4mes. Mais ce n'est point le lieu.

Les devoirs des parents et des enfants, exposés plus haut , se reproduisent à un autre degré et sous une autre forme dans la parenté spirituelle. Là aussi il y a un terme supérieur ,. un terme inférieur, et le rapport qui s'établit entre eux leur impose des obligations réciproques. Le supérieur doit agir avec autorité , puisqu'il est revêtu de la puissance d'en haut et parle au nom de la vérité et du bien , au nom du Principe de la vie , de Dieu lui-même.

miLOSOPHIB MOflALB.

. . a«i^ la vie spiritaelle , il est plas près de Diea V .>» iMlurei , qui communiqae aTee Dîm p«r Tiri* ai« e ik la natore. Auâsi la paissance dans l'ordre .4^1 est plus graTC, plus imposante, pins péné- ...«.c : a est la vérité même qui parle, c'est Diai qui .uiuaode. La parole religieuse est donc dogmatique i doit Fètre; elle s'impose avec force, n<»i comme la parole de l'homme, mais comme parole de la sagesse diviue et manifestation de l'éternelle yolonté. Le ministre de la Térité ne doit jamais purler en son propre nom. Il est euToyé, non pour annoncer ses idées, ses pensées, ses raisonnements , mais la vérité telle qu'il l'a vue , telle qu'elle s'est manifestée à lui. S'en rapporter la gloire, ou vouloir l'exploiter à son profit , est nne prévarication : c'est ihanquer à la fois à Dieu et aux hommes ; à Dieu, par l'ahus d'une mission confiée , et en s'arrogeant ce qui Itii appartient; aux hommes^ en les dominant par orgueil, ou par intérêt, en se substituant an principe de la vérité et de la vie dans leur affection et dans leur hommage. C'est dans l'ordre spirituel, le même crime que la possession iabusive des enfants dans la famille naturelle. Du reste , dans ce cas comme dans Fautre, l'autorité ne profite et n'a tout son effet que si elle est reçue et obéie. La soumission du disciple à celui qui l'instruit et le dirige , est la première condition du rapport. Il faut commencer par croire , par adhérer : sinon la parole n'entre point, et ainsi n'engendre pas. Ici surtout il est fait à chacun en raison de sa foi , et rien ne peut suppléer à la foi. L'attention qui reçoit la parole , la confiance qni l'admet , la docilité qui la réalise,

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