VI PREFACE
Notre premier devoir ^ et c'est aussi le premier mouvement de notre cœur> est donc d'en faire hommage à TEglise, qui a les paroles de la vie éternelle. Tout ce qu'il y a de vrai dans ces deux volumes nous vient d'elle et par elle : nous lui rendons ce qu'elle nous a donné.
Nous déposons cet ouvrage, comme les précédents , aux pieds du Souverain Pontife , qui gouverne l'Église avec tant de sagesse > et qui a daigné recevoir avec bonté le témoignage de notre obéissance filiale.
Nous soumettons ce nouvel écrit au jugement du Saint- Siège, déclarant que nous sommes prêts à en retrancher, ainsi que des autres , tout ce qui pourrait paraître contraire , de quelque manière que ce soit, à la doctrine de TÉglise.
Cette soumission que Dieu nous a mise au cœur> et qui à cause de cela nous a si peu coûté, nous a déjà rapporté d'heureux fruits, non-seulement des fruits de paix par rnccomplissement du devoir, mais encore des fruits de lumière.
Plusieurs passages de nos ouvrages, surtout de la Philoso^ phie du Christianisme, avaient exdté des critiques sévères. Tout en faisant la part de quelques préventions, nous ne pouvions méconnaître dans plusieurs de nos adversaires un savoir remarquable et des intentions droites. Nous avons senti alors avec joie que nous étions catholiques , et , tournant notre regard et nos espérances vers celui que Jésus- Christ a établi juge suprême dans son Église, nous lui avons apporté nos livres et lui avons dit du fond du cœur : Voyez et jugez.
Pendant notre séjour à Rome, nous avons agité les questions controversées avec les théologiens les plus habiles , et , nous le disons avec bonheur, l'esprit et la science des hommes éminènts qui ont bien voulu discuter avec nous , nous a autant frappé que leur modestie et leur charité nous ont édifié. On ne va point vainement à Rome , quand on y apporte une bonne volonté.
La correspondance a continué ce que la couvci^sation avait