PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. V
pond. Cet idéal est eDcore l'infini, se reflétant dans une forme de Tètre fini, dans T imagination. Nous avons dit précédemment ce qu*est Timagination, et quelle est sa fonction. Elle est la faculté plastique , celle qui met en forme et ramène à Funité du phénomène les impressions et les intuitions multiples ; c'est comme le moule de l'entendement qui réduit en images tout ce qui s'y verse. Elle est donc éminemment poétique ou formatrice ; elle veut tout exprimer, tout expliquer par des figures, à rencontre de la raison qui pousse toujours à Fabstrait, et de Fintelligence qui cherche Fidée pure. L'allégorie, la parabole, la symbolique , Fanalogie, ressortcnt de Fimagtnation, et ne valent que par elle. Ce sont autant de moyens de mettre la pensée ou Fidée à la portée de Fhomme physique , afin de l'élever peu à peu des choses visibles aux invisibles, et de la considération des sens à la contemplation intellectuelle. Or, c'est justement dans ce rapport de Fidée à la forme que se manifestent le beau et le sublime ; le beau par leur proportion et leur harmonie, le sublime par leur contraste et leur dissonnance. Dans Fun et l'autre Finfini se révèle, mais d'une manière opposée; d'où la diversité, la contrariété même des sentiments qu'ils produisent. Le sublime excite plus d'étonnement que d'admiration, on le craint plus qu'on ne l'aime; et quoiqu'il transporte et exalte, ce qui domine dans Fimpression reçue, c'est la terreur et pour ainsi dire Fanéanlissement de nous-mêmes en présence de Finfini. Le propre du sublime est de se manifester par une forme qu'il dépasse; il éclate, pour ainsi dire, à travers cette enveloppe étroite qui fait pressentir son immensité, et
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