PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. V
dans le mal, quand, se déyeloppant avec une énergie surhumaine, il reproduit quelque chose de la puissance infinie qu il voudrait égaler; ahus déplorable de la vie, qui tourne toujours à la confusion et au malheur de la créature.
Dans le sublime, il y a excès de Fidéesur la forme, donc disproportion et dissonance ; dans le beau, il y a fusion des deux, harmonie parfaite, F unité y domine la variété ou la distinction des termes. Aussi le sentiment du beau est moins agité, il renferme plus d* amour que de crainte, et porte à s*unir à l'objet, tandis que le sublime impose. Le beau attire, on s*y repose avec joie; Tharmonie et Tunité donnent du calme ; c est une existence complète , où Tesprit est fondu dans la forme, où la vie s'épanouit dans Torganisme. L'admiration que produit la beauté est pleine de douceur et de désir. Nous n'avons pas à nous occuper ici de l'essence du beau, c'est l'objet de la science métaphysique , qui explique l'origine et la nature des idées. Mais un simple aperçu préparera nos lecteurs à la haute spéculation où nous voulons les amener par degrés, au moyen de l'expérience et de l'observation : puisque le beau est la splendeur du vrai , et le vrai l'expression du bien, nous devons retrouver dans le beau ce qui est dans le vrai, dans le vrai ce qui est dans le bien; ou autrement la bonté et la vérité doivent se réfléchir ou se formuler dans la beauté. Or, le bien, le vrai, sont la manifestation de l'être ; et la loi universelle de la manifestation de l'être est le ternaire, le trois eu un, ou la trinité dans l'unité, l'unité dans la trinité; en sorte que cette première de toutes les vérités doit se retrouver imprimée dans la
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praBDÔère de toates les beautés , dans k Beauté aopréme. Ainâle beau en Dieo , arcbétjpe de toute beauté , erth trinité dans Tanité, et on ne peut le conoeToir autremeat tn Dien, paiaqu'il n'y a point de beauté sansdûttinclioa de termes, sans variété. Mais la beauté divine n'a point d'égale, parce qu'en Dieu les termes distinets sont identiques en nature, en substance, œ qui étaldit entre ks personnes divines une ineffable unité, propre à la di* vinité, et qu'aucune erâiture ne possède. Entre ks oéitores il peut y avoir union , mais jamais unité oomneen IKeu; car, détachées l'une de l'autre par l'acte même de leur création, elles peuvent aTharmonis^ sans pouvoir jih mais s'identifier. Dieu est donc la beauté parfaite , toajours ancienne et toujours nouvelle , comj^ète en soi , ne tenant rien d'un autre et n'ayant point didéal an-dessus d'elle; et, dans la nature de Dieu, par les trois termes qui la constituent , se retrouve l'archétype de la triple idée, base de la connaissance humaine , ildée du bien correspondant au Père , Y idée du vrai analogue au Fils , expression du Père, comme le vrai est l'expression du bien ; Tidée du beau qui répond à TEsprit saint : car le beau procède do bien et du vrai comme F Esprit du Père et du Fils. Puis , comme le monde est rempli des vestiges de Dieu , comme toutes les créatures en sont marquées suivant lear degré , nous devons retrouver en toutes des reflets de la Beauté divine ou des traces de la Trinité sainte; car toates vivent et subsistent par le ternaire , et ainsi elles doivent offrir plus de beauté à mesure qu'elles reproduisent plus fidèlement la loi fondamentale de la vie ; c'est pourquoi l'homme, fait à limage de Dieu , est la plus belle