PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. V
créature de ce monde. Dans la métaphysique de Tart, nous expliquerons le beau, pliysique, intellectuel et moral, par cette loi pressentie parla philosophie, quand elle a défini le beau Cunité dam la variété; mais que le christianisme seul pouvait formuler exactement, après que la parole éternelle eut révélé V Unité dans la Trinité. Le beau ne diffère donc du sublime que par la forme, par le mode de manifestation de Tinfini ; ils sont identiques au fond. C'est pourquoi Tesprit se perd dans la contemplation du beau , comme dans celle du sublime. On ne se lasse point de regarder et d'admirer ce qui est vraiment beau dans les œuvres de la nature ou de l'homme : c'est un abîme sans fond où l'esprit découvre sans cesse des vérités nouvelles. Les œuvres du génie ne vieillissent pas; toujours anciennes et toujours neuves, elles participent à l'immortalité des choses célestes; elles restent devant tous les siècles des modèles impérissables, parce qu'elles sont des expressions vivantes de l'idéal , des reflets de la beauté éternelle. Il n'en est pas a'nsi des œuvres où domine une pensée humaine ; elles sont bornées , passagères comme tout ce qui est humain ; elles expriment la manière de sentir , de voir , de penser d'une époque, d'un peuple, d'un parti, d'une école , d'un individu ; n'ayant le plus souvent qu'une valeur relative et conventionnelle, elles peuvent exciter une admiration partiale , un enthousiasme de passion ou de préjugé ; mais comme l'infini n'est point en elles, le temps emportera bientôt l'œuvre et ses admirateurs ; et quand les passions seront calmées, quand les intérêts auront passé avec les hommes, l'illusion tombera et l'éclat factice delà mé-
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diocrité s*éf anouin deYant la ^oiie toagoon araimnte du gâiie.
En terminant œtkepartie de notre traTail, nnerélleiioQ noos frappe, et nous ne ponTons nooa empèdier de k eommnniqner, parée qn'dle nous semble doDner nae aanctionàce qne nooa Tenons de dire. Le rappoitde rbonune afee Dien s'établit parkfiM^etlafoieatTÎYante quand die porte àréaliser par kaceaTica ee qoela ptnde divine commande on inq^ : done, sans la loi, et sans la foi Tirante , point de TéritaUe commnnication de Dieu a^ec rbomme. L'homme ne sentira point rinfloence divine , il ne reeena pas rimpresaîon de Tinfini, il n'en anra point le sentimœt, il n*en eoneefn point Tidée; et ainsi il n'en éprouTera ni le désir, ni ramour, puisqu'on ne pent désirer et aimer ce qn'on ne connaît pas. Le Yoilà donc déshérité par son manque de foi , des sentiments les pins profonds , des idées les pins hantes , des désirs les plos nobles , et de Tamonr le plus pur. Il n'y aora plus pour loi de Bien absolu , et son cœur ne battra jamais sous Tinspiration du désintéressement, da déyouement, de Théroïsme; il sera incapable de conoe- Yoir et de chercher la perfection morale. Pour loi, point de Vérité absolue et partant point de science TéritaUe. L'amour du Trai» le besoin d'une lumière sans ténèbres et sans bornes n'enflamment point son esprit , il n'asfHre point à s élever de clartés en clartés jusqu'au foyer même de la lumière, pour puiser son bonheur en Celui qoi est la Vérité même. La réalité terrestre loi suffit , il n'y a pour lui ni justice souTeraine, ni loi uniTerselle. Cette équité parfaite, qui met tout en proportion et en harmo-
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nie dans le monde, le dépasse ; il ne comprend que le balancement des intérêts du momi^nt et n'estime le juste que par la lettre m<»rte des codes de la terre. S'il ne sent point l'infini, que sont à ses yeux le sublime et la beauté idéale? Il conf<md le sublime avec l'énorme , le déme* sure j le gigantesque ; le beau idéal est pour lui un produit de l'abstraction , un être de raison où la conyentioa et l'habitude ont une grande part ; et le beau r^l est un assemblage de traits épars ou de membres dispersés. Dans toutes ses manières de sentie et de voir, il n'y a ni de feu sacré, ni enthousiasme de l'esprit, ni transport du cœur, rien de divin en un mot , puisque son âme est fermée à l'influence du Ciel. Done , sans la foi l'homme reste abandonné à lui-même , sans rapport avec ce qui est aurdessus de lui, ne vivant qu'avec ses égaux et ses inférieurs, ce qui ne peut l'élever ni l'agrandir. Cependant, à mesure que l'influence d'en haut diminue, celle d'en bas augmente, et, comme il doit prendre sa nourriture et sa force hors de lui, s'il n'est pas à Dieu, il sera au monde; si la vie de Tâme ne triomphe pas, celle du corps dominera , rbumanité se dégradera , se matérialisera. C'est ce qui arrive à toutes les époques où, le rapport de l'homme avec Dieu s'affaiblissant, la foi est étouffée par les passions de la terre. L'idée de Dieu s'obscurcit, parce qu'on ne le sent plus , parce qu'on ne le prie plus , parce que l'âme appesantie ne s'élève plus vers Lui ; et quand l'idée est oonune effacée, Dieu est mis en oubU, et on ne peut plus le désirer ni l'aimer, puisqu'on ne le connaît plus. Alors la Tie des hommes n'a ni base ni rè^le; abeuadonnés à leur propre sens, à leurs vaines pensées, au mouvement désor- I. 35