PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. III
forts stimulants de leur activité. Us ne travaillent guère que pour avoir le pain du jour, et quand ils ont plus que le nécessaire du moment ils s'abandonnent le plus souvent à l'intempérance. Beaucoup sont sous ce rapport comme les animaux ; on n'en peut rien faire quand ils sont repus. Incroêsatm ett dUeetuB et reealcitravii {Deut. XXXII, 15). Le désir du travail ne leur revient qu'avec la faim. Le beôoin a toujours été le père de l'industrie, et en général le talent, l'invention et le génie se développent sous son aiguillon , ce qui a donné dans tous les temps un certain avantage aux pauvres sur les riches sous le rapport intellectuel , et c'est une des compensations de l'inégalité sociale. Cependant , quand la faim est poussée à l'excès , elle devient un tourment , et alors elle met obstacle à F exercice des facultés de l'esprit; elle les entrave, les trouble, et peut même les jeter dans le désordre, dans la démence. L'homme, dans ce cas , agit tout-à-fait en animal. L'instinct de la nourriture le domine tellement qu'il n'est plus maître de lui , et il peut se laisser aller aux actions les plus horribles , aux choses qui répugnent le plus à la nature humaine , à l'anthropojj^hagie , par exemple. Les croyances et les convictions morales, les sentiments d'honneur, de convenances, de justice, d'humanité, de charité, tout cela disparaît chez la plupart devant la férocité du besoin, et la bouche, de l'homme a pu boire le sang humain, ses dents micher la chair humaine, et son corps devenir le tombeau de son semblable, dans les dernières extrémités de la famine. C'est ici, plus que jamais , qu'on peut excu-
ser le crime jusqu'à un certain point, par la monomanie; car celui que la faim dévore n'a plus qu'une idée fixe, celle d'assouvir sa faim à tout prix.
Ce que nous venons de dire de la fiûm t'applique à la soif , sauf quelques droonstanoes. Le tourment de la soif est encore plus douloureux par le deasècbenient et Tinflammation qu'il produit. La soif abat plus promplemcnt la force et le courage; elle amène ^ins t6t le délire ou la fureur. Cest surtout dans les années, dans les populations agglomérées que se montrent le plus oaTertemeot les effets de ces appétits. Le moral de la troupe dépend beaucoup de sa nourriture. Cest une grande chance de succès et de victoire qu'une bonne administration des subsistances. Quand il y a manque absola , il n'y a plus de discipline possible. L'individu sort pour ainsi dire des conditions civiles, et il revient à T instinct naturel pour conserver son existence que la société ne peat plus protc^gcr. Alors toutes les barrières de l'état social tombent, toutes les distinctions de la civilisation s'effacent ; les rangs se confondent sous l'empire du besoin ; chacun ne pense plus qu a soi, et le soin de sa propre conservatiffli le préoccupe tellement qu'il perd presque tmite sympathie pour les autres. 11 faut une grande vertu pour résister dans ces cas à la violence de T^îsme animal et à la contagion de l'inhumanité.
1/air, avec les éléments qu'il contient, est indispensable à la vie organique. Nous ne pouvons rester une minute sans respirer, et quand Taliment de la respiration manque, vient Tasphyvie avec ses angoisses que la mort suit inévitablement. 1/» quahtès de Tair et la manière dont on