‹ Philosophie moraleChapitre 81 sur 224 · PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. III · texte numérisé non relu

PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. III

telle qu'elle est donnée , et en tirer tout le bien qu'elle comporte. Le mérite de Fhomme ici-bas est surtout de faire de nécessité yertu, en d'autres termes d'échapper à la fatalité par l'usage de sa liberté. De là trois degrés parmi les hommes, à les considérer sous ce rapport ; ou ils se sont soumis à la fatalité, ou ils luttent ayec elle pour s'en affranchir, ou ils en ont triomphé. Les premiers sont esclaves de leur corps et de ce qui agit sur le corps ; ils n'aiment que ce qui l'intéresse et lui donne des jouissances. C'est l'état de la sensualité grossière ou raffinée , suivant la position sociale , mais tendant toujours à la même fin, la satisfaction des appétits physiques, le bonheur de l'homme animal. Yoilà les hommes qui, suivant l'énei^que exf^ression de l'Ecriture, se font un dieu de leur ventre. Ils rendent inutiles, autant qu'il est en eux , les moyens généraux employés par la Providence pour relever l'humanité déchue, les grâces dont ils ont été l'objet depuis leur naissance , les secours qu'ils ont reçus pour sortir de la servitude du mal et secouer le joug de la mort. Nous passons tous par ce degré, puisque nous commençons par vivre de la vie animale, sans ox)nscience, sans intelligence, sans liberté. Mais dans l'enfant , encore incapable de moralité , c'est un malheur et non une raine. Il est opprimé , mais non vaincu par la nature physique. Si plus tard il accepte sa domination et lui subordonne sa volonté, il abjure sa dignité humaine , il prévarique contre sa destination , il se dégrade.

La seconde classe comprend ceux qui travaillent sérieusement et de bonne foi à leur affranchissement, à 1. 13

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