‹ Philosophie moraleChapitre 84 sur 224 · PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. ÏV · texte numérisé non relu

PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. ÏV

physiques, avec des forces aveugles et nécessaires; elle est en face de forces intelligentes et libres , ce qui rend la communication plus délicate ^ plus difficile et plus grave. Tant qu'elle n*a point la conscience d'elle-même et de sa liberté , cette communication ne peut s'établir ; l'âme est sous l'impulsion de llnstinct, et les causes libres qui l'entourent et l'actionnent sont pour elle des choses et non des personnes. Elle sent l'instrument qui la touche, les moyens divers par lesquels l'action s'applique à son existence et la modifie; elle ne sent ni ne comprend l'agent volontaire. Elle ne peut le soupçonner hors d'elle que lorsqu'elle l'a senti en elle , et elle ne commence à le sentir, ou à avoir conscience de sa volonté propre , qu'après avoir été excitée , pénétrée par le rayon d'une volonté étrangère. Le moi et le non-moi se posent en même temps en s'opposant; ils s'impliquent réciproquement; ils sf'entretiennent l'un par l'autre au moyen d'une action et d'une réaction continues ; ce sont deux termes corrélatifs, qui n'ont de sens que respectivement. Ici se retrouve l'application de cette loi générale déjà signalée, savoir que le développement humain est en raison des causes qui le provoquent, ou autrement que dans l'homme, comme partout, la réaction est toujours en raison de l'action. Si aucune action libre n'excite l'âme de l'enfant, il n'acquerra point la conscience de sa liberté; de même si aucune stimulation intelligible ne lui arrivait, si la parole ne pénétrait son esprit, sa raison resterait en puissance, et il n'aurait point la conscience de son intelligence. Nous avons expliqué dans la psychologie intellectuelle comment le moi se pose et arrive à la cou-

naissance de lai-mème {Psychdogie expéiimentak, S ^0 et suivants), noas n'y reviendrons pas. Nous ajonterons seole* ment en ce qni concerne la volonté, dont noios noiu oeeupons maintenant, qne Topposition d*one Yoloaté étrangère, qui la révHe à elie-mème en excitant sa réaction, ert aussi ce qui stimule le plus son dévdoppement et loldowie de la vitalité etde Ténergie. Les âmes qui ont renoontréle plus de résistance dans Texercioe de leur activité sont ordinairement les plus vives , les plus puissantes, et rien ne les fortifie plus qne Thabitude de combattre pour la mar nifestation de leur pensée, et la réalisatimi de leur volonté. L'opposition est un des grands moyens de Féducation, et malheur à celui qui ne Tapas rencontrée dès sa plus tendre enfance ! La volonté des parents ou des maîtres posée comme loi, comme barrière, est œ qui provoque ordinairement la formation de la oonsdeoee morale dans Venfent. Son activité est arrêtée, limitée, puis refoulée par une force morale , slmposant d'abord par des moyens physiques, sous une forme sensible, mais se justifiant ensuite par la parole et par le droit. Ainii nous apprenons à connaître et à respecter la justice. Quand notre volonté entre en relation avec des volontés égales et semblables à elle, de ce rapport même et de leor contact sort la loi nouvelle qui doit régir ce monde noavoau, liHiuité. Rencontrant partout une opposition, isoateniio i\ la fois par la force et par le droit , la volonté est oWigtk* do se restreindre, de composer avec les autres, de s'aeooinmoder ; elle discerne jusqu'où elle peut aller, eUe fait la part du mien et du tien^ du droit et du devoir; t\ par ootio rt^n«xiou snr elle-même, entretenue par ie

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