PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION
Il y a quatre ans que nous faisons à l'Université catholique un Cours de Philosophie morale. Dès que nous fftmes appelé à cette chaire^ nous cherchâmes à connaître les ouvrages anciens et modernes de quelque importance qui traitent la matière dont l'enseignement nous était confié. Nous nous appliquâmes surtout à revoir avec soin les travaux de quelques Pères et des principaux théologiens du moyen âge; la lecture que nous avions faite auparavant de ces écrits, trop oubliés des philosophes modernes , nous avait convaincu qu'ils devaient renfermer une foule dé matériaux précieux pour la science morale. Nous ne nous étions point trompé. Nous trouvâmes dans œs ouvrages des idées très-profondes sur divers points particuliers de l'ordre moral; S. Augustin surtout et les grands scolastiques du moyen âge nous offrirent les vues les plus élevées sur
les questions les plus importantes et les plus difficiles.
A côté des écrits de ces hommes émînents, les traités de morale des modernes nous ont paru faibles en général. Ces paroles sembleront peut-être paradoxales à une certaine classe de lecteurs; néanmoins elles ne sont que vraies. On rencontre des hommes^ fort instruits d'ailleurs, mais étrangers par leur éducation aux traditions scientifiques de FÉglise, qui se figurent que la science de la morale et du droit naturel est de création moderne, et qui surtout ne croient point qu'il soit possible de songer à en chercher les principes dans les auteurs du moyen âge. Si ces hommes avaient seulement le courage d'ouvrir et de {>aroourir la Somme de S. Thomas, ils verraient à quoi se réduisent les découvertes modernes. Et pourtant il est d'autres écrivains de cette époque trop peu connue, comme S. Anselme et S. Bonaventure^ où l'on trouve sur les questions capitales de la morale et du droit naturel des vues parfois plus profondes que dans ce bel ouvrage du docteur angélique. Le mérite des modernes est d'avoir classé dans un ordre plus sévère les idées qui doivent entrer dans la philosofidiie morale et ilaas la philosophie du droit; mais pour la profondeur et l'étendue des vues, à part quelques rares exceptioAS, ils ae sont certes poin^t comparables aux anciens.
Les -auteurs modernes se sont appliqués davantage à coordonner ,,à systématiser les idées morales; et c'est un mérite dont nous estimons très-haut la valeur ; car sans une sévère coordination des idées il n'y a point de science possible. Toutefois 5 s'il est vrai de dire que , sous le rapport do l'ordre 6t de la méthode, les modernes l'emportent sur les andens, il est néanmoins certain qu'aujourd'hui même la philosophie morale est loin d'offrir un système nettement conçu et rigoureusement enchaîné. U nou^ semble ^ue dans aucun traité . de morale on ne trouve un principe général , vraiment philosophique, 4ominani toute la science, et autour duquel toutes les idées particulières $e groupent naturellement et sans
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effort. Les meilleurs manuels de morale présentent sons ee rapport de grares défauts. La plupart des auteurs ne remontent pas jusqu'aux premiers principes de l'ordre moral ; ils s'arrêtent i des principes secondaires •et dérivés qui ne rendent raison de rien , et par là il leur est impossible de saisir la Téritalile filiation des idées ; ib ne peuTent aperecToir que fort imparfaitement l'unité de Tordre dont ils exposent les lois.
Nous avons essayé de corriger ces défauts en partant de principes plus élevés et qui nous paraissent plus philosophiques. C'est au publie instruit qu'il appartient de décider jusqu'à quel point nous avons réussi.
Peut-être quelques personnes trouveront-elles notre manière de procéder trop élevée et beaiieoup trop métaphysique pour un cours destiné à des jeunes gens. Mais c'est là un reproche auquel il n'est pas difficile de répondre. D'abord nous sommes convaincu que , en dehors dune métaphysique profonde , il n'y a point de philosophie possible; il peut y avoir des aperçus ingénieux , des analyses plus ou moins solides, mais jamais on ne trouvera la véritable raison des choses. 11 faut donc bien en prendre son parti : qu'on fasse de la philosophie, ou qu'c^ n'en parle point. Nous croyons d'ailleurs qu'il y a toujours moyen de mettre à la portée des jeunes gens, même d'un esprit médiocre, des idées de haute et profonde métaphysique : ces idées sont le patrimoine commun de toutes les intelligences, elles sont présentes à tous les esprits, et nous pensons qu'avec de la méthode on peut les fhoiUreret les foire apercevoir à tous, avec cette différence sans doute, que les uns y verront plus, les autres moins , suivant leur capaeité et le degré d'attention qu'ils voudront y prêter. .if
Au reste, nous pensons qu'un maître n'a pas seulement paar mission d'enseigner à ses élèves les éléments 4e la seieaoe qu'il représente, il nous semble quïl doit avoir principale-
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ment en vue de développer et d'élever les facultés de ses élèves.' Or- rien de plus propre à atteindre ce but que de les initier aux grandes vues de la métaphysique chrétienne. Qu'on nous permette de transcrire ici sur la mission de renseignement une belle page que nous empruntons à Tabbé Balmès. K L'enseignement, dit cet écrivain si élevé et si judicieux, se propose deux objets : i"* apprendre aux élèves les éléments des sciences; 2^ développer leurs facultés, de sorte qu'au sortir des écoles ils soient en état de s'avancer^ en proportion de leur capacité^ dans la carrière qu'ils auront choisie. On pourrait croire que ces deux objets de l'enseignement sont identiques; il n'en est point ainsi. Pour réaliser le premier, il suffit d'un mattre médiocrement instruit. Seuls, des hommes d'un mérite véritable savent se proposer le second. La science des uns peut se borner à un certain enchaînement de faits et de principes dont l'ensemble forme le corps de la science. Les autres doivent' savoir comment s'est formée cette chaîne dont les extrémités-^ réunissent. Les premiers connaissent les livres. Les soeonds doivent connaître les choses... L'explication claire des termes, l'exposition courante et simple des éléments sur lesquels la science repose, l'arrangement méthodique des théorèmes et de leurs corollaires, voilà le caractère spécial de renseignement élémentaire. Mais celui qui porte plus haut ses vues; celui qui regarde les jeunes intelligences confiées à'ses soins, non comme des toiles neuves sur lesquelles il doit esquisser quelques traits ineffaçables , mais comme un terrain qu'il peut rendre fertile, à celui-là incombe une œuvre plus élevée, un plus difficile labeur. Être à la fois clair et profond, unir les combinaisons à la simplicité, conduire les intelligences par -des chemins faciles , et leur enseigner en même temps d vaincf^e les difficultêê dont la routé des sciences est toujours hérissée^ signaler les défilés par lesquels ont passé les inventeurs, les obstacles qu'ils ont franchis; inspirer le goût, l'enthousiasme du beau ,
qui est la splendeur du vrai; donner au talent^la conscieûicede ses forces, sans surexciter Torfiiieil, telle est la tÀche de celui qui regarde l'ènsseogneilient , non comme une moisson qu'il doit récolter iui^niéme, mais comme une semence d'ayenir (i). »
€es réflexions de Balmès, chacun le voit aisément , s'appliquent d'une façon foute particulière à renseignement de la philosophie;
Nous devons maintenant dire un mot de la distinction établie entre la philosophie morale et /le droit naturel.
Dans renseignement des universités on traite aujourd'hui séparémentle droitiiaturel et la morale. Cette séparation peut ne pas être sans profit pour la science. Le cours de droit naturel ou de philosophie du droit, comme on l'appelle encore, peut devenir une utile introduction à Tétude du droit positif, en apfuropriant spécitklement à cette étiide quelques prindpes généraux de l'ordre amoral. On peut en outre réser^^er à ce cours certains points de l'ordre moral qui concernent les ràp^ ports extérieurs. des hommes entre eux, soit comme uiemhres de la famille, soit comme membrei» «d'une société civile*, soit comme membres de Thumahité eugénérah Mais pour demeurer dans le vrai, il ne faut pas oul^lier.queoeb prindpes 8on|t:réel* lement des principes moraux; il ne faut pas perdre de vue que ces divers points doivent relever de la morale et s'appuyer sur elle. Le droit ne saurait jamais être qu'une dépendance dé la morale. Hors de là il n'est rien.
Nous n'admettons donc point en principe cette distinction radicale entre le droit et la morale, établie avec tant d'éclat
(1) jért d'arriver au vrai^ cbap. XVII , § 1. — Je ne saurais trop recommander cet ouvrage de réminent publiciste espagnol; c*est une sorte de philosophie pratique où abondent les vues les plus ingénieuses, les plus profondes et les plus utiles pour la conduite de la vie : je voudrais que ce beau livre devint le vade-mecum de tous les jeunes gens et même de tous les hommes qui s*occupent de travaux intellectuels. li a été réiiiiprimé à Liège.
A côté des écrits de ces hommes éminents, les traités de morale des modernes nous ont paru faibles en général. Ces paroles sembleront peut-être paradoxales à une certaine classe de lecteurs; néanmoins elles ne sont que vraies. On rencontre des hommes^ fort instruits d'ailleurs, mais étrangers par leur éducation aux traditions scientifiques de TÉglise , qui se figurent que la science de la morale et du droit naturel est de création moderne, et qui surtout ne croient point qu'il soit possible de songer à en chercher les principes dans les auteurs du moyen âge. Si ces hommes avaient seulement le courage d'ouvrir et de |)arcourir la Somme de S. Thomas, ils verraient à quoi se réduisent les découvertes modernes. Et pourtant il est d'autres écrivains de cette époque trop peu connue, comme S. Anselme et S. Bonaventure, où l'on trouve sur les questions capitales de la morale et du droit naturel des vues parfois plus profondes que dans ce bel ouvrage du docteur angélique. Le mérite des modernes est d'avoir classé dans un ordre plus sévère les idées qui doivent entrer dans la philosofdiie Morale et dans la philosophie du droit; mais pour la profondeur et rétendue des vues, à part quelques rares exceptMos, ils me sont eertes poii\t comparables aux anciens.
Le$ autears modernes se sont appliqués davantage à coordoimer ,,à systématiser les idées morales; et c'est un mérite dont nous estimons très-haut la valeur ; car sans une sévère coordination des idées il n'y a point de science possible. Toutefois f s'il est vrai de dire que , sous le rapport de l'ordre et de la méthode, les modernes l'emportent sur les andens, il est néanmoins certain qu'aujourd'hui même la philosophie morale est loin d'offrir un système nettement conçu et rigour^sement enchaîné. U nous semble que dans aucun traité de aQU)rale on ne trouve un principe général , vraiment philosophique, dominant toute U science, et autour duquel toutes les idées particulières se groupent naturellement et sans
effort. Les meilleurs manuels de morale présentent sons ee rapport de graves défauts. La plupart des auteurs ne remontent pas jusqu'aux premiers principes de l'ordre moral ; ils s'arrêtent i des principes secondaires et dérivés qui ne rendent raison de rien , et par là il leur est impossible de saisir la vérital)le filiation des idées ; ib ne peuvent apereevoir que fort imparfaitement l'unité de Tordre dont ils exposent les lois.
Nous avons essayé de corriger ces défauts en partant de principes plus élevés et qui nous paraissent plus philosophiques. C'est au publie instruit qu'il appartient de décider jusqu'à quel point nous avons réussi.
Peut-être quelques personnes trouveront-elles notre manière de furocéder trop élevée et beaucoup trop métaphysique pour un cours 4estiné à des jeunes gens. Mais c'est là un reproche auquel il n'est pas difficile de répondre. D'abord nous sommes convaincu que , en dehors d'une métaphysique profonde , il n'y a point de philosophie possible; il peut y avoir des aperçus ingénieux , des analyses plus ou moins solides, mais jamais on ne trouvera la véritable raison des choses. 11 faut donc bien en prendre son parti : qu'on fasse de la philosophie, ou qu'qn n'en parle point. IS^ous croyons d'ailleurs qu'il y a toujours moyen de mettre à la portée des jeunes gens, même d'un esprit médiocre, des idées de haute et profonde métaphysique : ces idées sont le patrimoine commun de toutes les intelligences, elles sont présentes à tous les esprits, et nous pensoas qu'avec de la méthode on peut les thotUrer et les &ire apercevoir à tous, avec cette différence sans doute, que les uns y verront plus, les autres moins, suivant lenr capacité et le degré d'attention qu'ils voudront y prêter.
Au reste, nous pensons qu'un maître n'a pas seulement pmr mission d'enseigner àses élèves les éléments tte la science qu'il représente., il nous semble qull doit avoir principale-
ment en vue de développer et d'élever les facultés de ses élèves. Or rien de plus propre à atteindre ce but que de les initier aux grandes vues de la métaphysique chrétienne^ Qu'on nous permette de transcrire ici sur la mission de l'enseignement une belle page que nous empruntons à l'abbé Balmès. V L'enseignement, dit cet écrivain si élevé et si judicieux, se propose deux objets : i<* apprendre aux élèves les éléments des sciences; 2*" développer leurs facultés, de sorte qu'au sortir des écoles ils soient en état de s'avancer^ en proportion de leur capacité ^ dans la carrière qu'ils auront choisie. On pourrait eroire que ces deux objets de l'enseignement sont identiques; il n'en est point ainsi. Pour réaliser le premier, il suffît d'un mattre médiocrement instruit. Seuls, des hommes d'un mérite véritable savent se proposer le second. La science des uns peut se borner à un certain enchaînement de faits et de principes dont l'ensemble forme le corps de la science. Les autres doivent' savoir comment s'est formée cette chaîne dont les extrémités ^ réunissent. Les premiers connaissent les livres. Les so<;onds doivent connaître les choses... L'explication claire des termes, l'exposition courante et simple des éléments sur lesquels la science repose , l'arrangement méthodique des théorèmes et de leurs corollaires , voilà le caractère spécial de l'enseignement élémentaire. Mais celui qui porte plus haut ses vues; celui qui regarde les jeunes intelligences confiées à'ses soins, non comme des toiles neuves sur lesquelles il doit esquisser fuelques traits ineffaçables, mais comme un terrain qu'il peut rendre fertile, à celui-là incombe une œuvre plus élevée, un plus' difficile labeur. Être à la fois clair et profond, unir les combinaisons à la simplicité, conduire les intelligences par -des chemins faciles , et leur enseigner en même temps d vaincre les difficultés dont la route des sciences est toujours hérissée j signaler les défilés par lesquels ont passé les inventeurs, les obstacles qu'ils ont franchis; inspirer le goût, l'enthousiasme du beau ,
qui est la splendeur du vrai; donner au talent! la consciei&ede ses forces, sans surexciter l'orgueil, telle est la tâche de celui qui regarde l'ëiïséigneitient , non comme une moisson qu'il doit récolter lui-même, mais comme une semence d'ayenir (i).»
Ces réflexions de Ralmès, chacun le voit aisément , s*appli«quent d'une façon foute particulière à l'enseignement de la philosophie;
Nous devons maintenant dire un mot de la distinction établie entre la philosophie morale et 4e droit naturel .
0ans l'enseignement des universHés on traite aujourd'hui séparémentledroitinaturel et la morale. Cette séparation peut ne pas être sans profit pour la science. Le cours de droit naturel ou de philosophie du droit , comme on l'appelle encore, peut daveuir une utile introduction à l'étude du droit positif, en appropriant spéelïdement à cette éttide quelques^ principes généraux de l'ordre- moral. On peut en outre réserver à ce cours certains points de l'ordre moral qui concernent les ràp^ ports extérieurs des hommes entre eux, soit comme Memiunes de la famille > soit comme metnbres d'une société civile*, soit comme membres: de Thumanité en général; Mais pour demeurer dans le vrai, il ne faut pas oul^lier.que ces principes sonjtiréel* lement des principes moraux; il ne faut pas perdre de vue que ces divers points doivent relever delà morale et s'appuyer sur elle. Le droit ne saurait jamais être qu'une dépendance dé la morale. Hors de là il n'est rien.
Mous n'admettons donc point en principe cette distinction radicale entre le droit et la morale, établie avec tant d'éclat
(1) Art d'arriver au vrai, chap. XVII , § 1. — Je ne saurais trop recommander cet ouvrage de Téminent publiciste espagnol; c^est une sorte de philosophie pratique où abondent les vues les plus ingénieuses, les plus profondes et les plus utiles pour la conduite de la vie : je voudrais que ce beau livre devint le vade-mecum de tous les jeunes gens et même de tous les hommes qui s^occupeot de travaux intellectuels. Il a été réiqaprimé à Liège.
par K»nt et adoptée ctepnîs lors a^ex généralement en AUemagne; celte différence nous semble ne reposer sur aucun fondement philosophiqae. Kant, à cause du point de départ subjectif et abstrait de sa philosophie, n'a jamais su, comme nous le prouverons dans ce li\Te, s'élever jusqu'au principe généra* tèur de la morale ni dn droit. Aussi dés qu'il s'agit de principes, le plus souvent il ne s'appuie que sur des abstractions, ou tout au; moins sur des notions secondaires et aceesseires qui en elles-mêmes n'ont aucune valeur. C'est ce qui lui est particulièrement arrivé dans la question de la différence entre le droit et la morale. Les traités de morale et de philosophie dti droit d» profond penseur de Rœnigsberg venferment' d'excellents détails; mais ils nous paraissent manquer de base.
Encore nm mot avant de terminer cette préface. Ce n'est pas un cours complet de philosophie morale tjue nous donnons au public; nous ne publions qu'une exposition .scientifique des principes généraux qui sont le fondement de la morale, et qui forment la première partie de notre cours. Mais ces principes une fois bien compris^ il est facile de les appliquer. Noud indiquerons, du reste, à la fin de ce livre, la manière dont nous les appliquons dans la seconde partie.
Louvain , à la Fête de la Purification de la Sainie-Vierge i 82^.
AVERTISSEMENT DE LA SECONDE ÉDmON.
Nous ajofulons dans cette nouvelle édition la seconde partie de notre cours. En publiant cette seconde partie , qui complète notre cours de philosophie morale, nous déiërons au vœu de plusieurs personnes instruites qui nous ont .fait Tbonnenr de lire notre première édition > et qui ont exprimé le désir de voir comment nous appliquons les prindpes généraux et théoriques de la morale aux difierents ordres de rapports que rhomme ^oiAient; car tel est Tnlifet de la seconde partie, elle n'est qu'nne application de la première. Nous avons voulu aussi, en publiant notre cours complet, abréger et faciliter le travail des élèves qui suivent nos leçons.
Nous traitons dans la seconde partie de quelques matières que plusieurs moralistes ont voulu, de nos jours^ exclure du cadre ide la philoso[Aie morale. Aiosi notre premier chapitre est consacré à l'exposition des devoirs de l'homme envers Dieu. Or Kant prétend que ces devoirs appartiennent exclusivement a la religion et ne rentrent pas dans le cadre de la philosophie morale ; il croit donc qu'en morale on ne doit traiter que des devoirs envers soi-même et des de\ oirs envers les àiiti^es hommes (1). Mais c'est là «ne erreur très-grave; et celle
(I) />f« Metaphysik der Sitlen, Il Th. Metaphysische Jnfangsyrunde dtr Tugendlehre, U Th. Ethische Methodenhhre. OEuvres , lom. 5. p. 590 sqq. Leipzig 1838.
erreur provient de ce que le philosophe de Kœnigsberg séps^p rpr4re m^\ d^ -l'ordre religieux et regarde la ,Joi morale comme indépendante du dogme de Texistence de Dieu : opinion insoutenable ^ que nous avons signalée et réfutée dans la première partie. Tous les principes que noua établissons sur l'ordre moral démonirent trèsclaireaieaLiqtte. les devoirs de Tbomme envers Dieu ne; sauraient «être exiclus d'uD traité de philosophie ^orale.
i.U )" a aussi dans notre seconde partie certains points qui 9 si l'on adopte la différence radicale établie par Kant entretle; droit imturel et la /morale> ne devraient pas figurer dans ua cours de philosophie morale; mais, nous l'avonsrdilv nous n'admettons point cette différcance qui ne; nous semble reposer sur aucune base rationnelle. Nous avons^ donc cru devoir maintenir «n morale qaelqqes questions importanlesi que (Plusieurs auteurs, conformément aux principes établis par Kant, renvoient à la philosophie du droit soit privé soit public.: ;
Quant à ;la première partie^ nous la reproduisons à peu près telle que nous l'avons pubKée d'abord; nous y avons fait seulement quelques additions dont la plus importante est un nouveau paragraphe de . l'Introduction sur la différence etle rapport entre la philosophie €t la ithéologie morales, ^...-r. muI.; :: :. -I • ; .••:)-
si, -jv ) •••:;!.,-! ;*.:: ■ ■ . ... .. • ■ ...;■''■
J^pain,^lb, A,oût, Fête f(ç rAêSfmption de fa^ Sainte-^
Fierge, 185,5.. , . ^ .