CONCLUSION
Nous terminerons ce livre en rappelant les principes que nous avons établis à la fin de la première partie sur le résultat suprême et définitif de la morale pour l'homme. La vertu, nous l'avons prouvé, doit rendre Thomme heureux, tandis que le vice le rend nécessairement malheureux. Pratiquer le bien , observer la loi morale , faire ce que Dieu commande , vouloir ce qu'il veut, là est le seul chemin du bonheur pour nous parce que là seulement est la véritable voie de notre nature : la pratique de la vertu nous place dans l'état que réclament les lois de notre nature, et nous conduit à la réalisation de notre fin. En dehors de la vertu point de bonheur possible : le vice est une source féconde de souffrances ; il jette la perturbation dans la nature humaine , sème le trouble et l'inquiétude dans l'âme et précipite l'homme dans un malheur indicible et irrémédiable dans la vie d'au-delà du tombeau.
Il ne faut point l'oublier , le vrai bonheur , le bonheur pur et sans mélange n'est pas de ce monde ; la vie présente est une vie d'épreuve et par conséquent une vie de lutte et de sacrifice ; elle est le chemin que l'homme doit traverser pour atteindre la félicité, chemin rude et hérissé de beaucoup d*obstacies. Mais prenons courage, la lutte n'est pas de très-longue durée, et Dieu réserve une récompense infinie à ceux qui auront vaillamment combattu : <c II faut donc ^out faire, redirons-nous avec Platon, pour acquérir de la vertu.... pendant cette vie, car le prix du combat est beau et l'espérance est grande (1). » Oui, le prix du combat est beau, plus beau encore que ne pouvait le comprendre le prince de la philosophie grecque; et ce prix ^ chacun de nous peut le conquérir avec la grâce de Celui des mains duquel nous devons le recevoir.
(1) PhédonyUÂ.