‹ Philosophie occulte (volume 2)Chapitre 14 sur 62 · DOUZIÈME LÉGENDE · texte numérisé non relu

DOUZIÈME LÉGENDE

LA MORT DU GHAEI^OTIEA lÛâEPV.

Quand vint le temps où le Wn vieil In devait se l'eposer, ses far u liés s^t\

mémoire s*obscurcit et son intelligence baissa. Marie le soignait avec tendresse et patience, comme elle avait soigné son enfant.

Vint le moment de Fagonie, et Joseph commença à se tourmenter , en disant : Malheur , malheur à moi I car j'ai péché durant le cours de ma longue vie, et que deviendra ma pauvre âme si Dieu la juge avec rigueur 7

Les terreurs de Tenfer m'assiègent. Malheur à moi, car j'ai beaucoup travaillé durant ma vie, et ma mort est pleine d'eifroi.

Jésus alors s'approcha du lit du malade, et lui dit : Joseph, mon père, homme juste et laborieux, repose en paix.

L'enfer du pauvre travailleur est sur la terre, et conmient Dieu pourrait-il , après une vie si pénible et si laborieuse, le tourmenter encoi*e après sa mort 7

Puis , levant les yeux, Jésus vit s'avancer les fantômes de la nuit éternelle, les squelettes aux yeux ardents, les démons horribles aux membi-es velus et monstrueux , les larves gémissantes et piles, les griffons noirs aux ailes de chauve-souris, et lenfer tout entier se mouvant sur des flots d'ombres épaisses comme lu baleine de Jonas et

ouvrant une gueule immense oemme pour engloutir le monde.

Jésus souffla sur ces hideuses chimères, çt elles s^évanouirent comme le soutenir d'un rêve.

Et Joseph ne vit près de lui que Jésus et Marie qui soulevaient sa tète entre leurs mains et essuyaient la sueur glacée de son front, pendant que l'ange de la mort touchait ses yeux avec une branche de lis, dont le parfum semblait répandre sur tous ses traits le repos et le sourire étemels.

Les anges de la foi, deFespérance et de la charité reçurent son Ame, et son corps fut rendu à la terre.

Mais Jésus ordonna qu'il fût préservé de la corruption, car, dit-il, sa mort n*est qu'un sommeil en attendant que le r^e des mauvais soit

Alors viendra mon règne, celui de la justice et de la fraternité, et je me souviendrai de mon père, le vieux et courageux travailleur.

Je le réveillerai de son sommeil de mort, et il viendra s'asseoir auprès de moi au banquet de la communion universelle.

Que le tombeau lui soit donc comme la chrysalide pour l'insecte laborieux qui file son lincejul

et attend une autre irie plus libre et plus brillante^ Dors, Joseph, dors, pauvre ouvrier 1 Quand tu t'éveillens, tu seras héritier du* ciel, et, par le travail, tu pourras conquérir le monde.

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