‹ Philosophie occulte (volume 2)Chapitre 15 sur 62 · LE SËBMON SUR LA MONTAGNE · texte numérisé non relu

LE SËBMON SUR LA MONTAGNE

Après que Jésus, dans une vision, eut repoussé dn pied toutes les couronnes de la terre que lui ofirait le génie du mal à qui elles appartiennmt, et qui lui proposait d'acheter la tyrannie au prix de la servitude, comme cela était dans la loi du ^ox monde ;

Après avoir triomphé de la faim, de l'orgueil ddeTambition du pouvoir, Jésus, le conquérant pacifique, monte sur la montagne, et, entouré de pâtres et de pêcheurs, il commence son premier discours :

Kenheureux ceux qui sont pauvres par Tesprit^ puce que le royaume des cieux leur appartient !

Ce qui iFonlait dire : Malheur aux esclaves de

— tu —

la richesse égoïste, car ils n'amasseront qu'une misère étemelle !

Bienheureux ceux qui sont doux, pai-ce qu'ils posséderont la terre !

C'est comme s'il disait :

Malheur à ceux qui veulent i-éguer sur la terre par la violence, car le pouvoir leur échappera !

Bienheureux ceux qui pleurent, parce qu'ils seit)nt consolés!

Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la Justice, parce qu'ils seront rassasiés!

Pauvres et déshérités, espérez donc ! le christianisme vous ouvre la porte d'un heureux avenir!

Bienheureux les miséricordieux, parce qu'ils obtiendront miséricorde !

Comprenons que cela veut dire aussi : Malheur aux hommes sans pitié, car il n'y aura pas de pitié pour eux !

Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu !

Dieu, c'est la vérité et la justice.

Bienheureux les pacifiques, parce qu'ils seront appelés les fils de Dieu !

Un de nos poètes l'a dit : l'amour est plus fort que la gueri'e. La force brutal(î passera ef s'usei'a.

mais la raison calme et maltresse d'elle^-même triomphera et prendra toujours une nouvelle puissance !

Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, car le règne du ciel est h eux !

C'est en pardonnant que les martyrs prouvent leur royauté. Qui persécute abdique, et qui souffre résiste. Résister, c'est pouvoir, et pouvoir, c'est p^er.

Je ne viens pas détruire, mais accomplir, disait encore le fils du charpentier, se déclarant ainsi l'initiateur du progrès : et ce qu'il disait alors au judaïsme nous pouvons le dire au catholicisme, nous, les hommes du progrès religieux ; nous, ses disciples et les continuateurs de son œuvre !

Si votre justice, disait-il, n'est pas plus abondante que celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux, et nous pouvons dire :

Si vous n'êtes pas meilleurs et plus justes que les plus fervents de l'ancien monde et du moyen ige, vous n'entrerez pas dans l'association univer- ^\\e du christianisme accompli.

Lp Christ a dit : Celui qui injuriera son frère méritera condamnation ; et nous disons : Celui

qui n*aura pas pris soin de son frèro, et qui aura traité comme un étranger un seul membre de la famille humaine, méritera d'être renié par la famille et aura part au jugement des fratricides.

Le Christ a dit : Pardonnez toujours, et nous disons : Ne vous ofiSensez même pas du mal qu'on peut vous faire. Les méchants sont des malades, soignez-les, et ne vous irritez pas contre eux.

Il a dit : Songez, avant votre sacrifice, si votre frère n'a pas quelque chose contre vous, et allez vous réconcilier avec lui avant votre prière. Et nous disons : Avant de vous asseoir à table, demandez-vous si votre frère ne manque de rien ; portez d'abord une part de votre pain à celui qui en manque, puis venez vous asseoir au banquet de la communion, et Dieu^ vous reconnaîtra pour ses enfants.

Il a dit : Celui qui abandonne sa femme est un adultère, et celui qui repousse sa compagne la pousse dans la prostitution. Et nous disons : Celui qui prostitue une femme, outrage sa mère, et celui qui marie sa fille pour de l'argent, vend sa fille, et celui qui achète ou vend une fenuone, la prostitue; car Tessence du mariage, c'est Ta-

' (I ), et des relations conjagales sans amoar, c*6Bt l'impureté.

Le Christ a dit : Ne jurez point, mais que votre fonie soit sacrée. Et nous disons : Pour que la parole soit sacrée, il faut qu'elle soit libre. Affhtndnssons l'intelligence; ne fermons la bouche qu'au mensonge. Celui qui étouffe la parole vraie art on déicide. Condamner, ce n'est pas répondre. Persécuter une idée, c'est la sanctionner. Un homme intelligent qui parle hors de saison peut avoir tort, pour en juger il faut l'entendre. C(»liii qu'on force à se taire a toujours raison. Quant fi la perversité et à la sottise, le bon sens lui-mAm^'. ïmr înqioae silence.

Il a dit : Tends la joue gauche, si l'on Ut fiapf^^ <ar U droite ; et si Ion te prend ta tuniqu^f. al/^iidnase auM ton manteau. Et nous div>rii( k w^h ff^fW : I/>nqu'on vou^ a ctloamu^ pfMir 9 w;W 4ii enrore à ^3IJ;^•^^>>?. H #^^^1.4 rît; are ^ 1? ^J'/fu*:»^ **f\/r f a«BC joie i la «iv-*- *^ x tv^tr f 4i*j ^ U*

mépris. Plus vos ennemis vous frappent, plus ils s'affaiblissent; plus vous souffrez, plus vous êtes forts.

Le Christ a dit : Ne soyez pas hypocrites. Et nous disons : Rendez l'honnêteté possible pour tous, pariez moins de morale, et soyez moins infâmes. Soyez franchement et modestement des hommes, et necherchez pas à voiler les turpitudes de la brute sous les ailes d'un ange.

Il a dit : On ne peut servir Dieu et l'argent. Et nous disons : La propriété ne se fait pas respecter, quand elle n'a pas pour origine le travail, et pour règle la fraternité dans l'association.

Il a dit : Ne jugez point, et vous ne serez point jugés.

Et nous disons : Opérez la transformation de la pénalité en hygiène morale, relevez celui qui tombe et ne le frappez pas ; donnez aux maladies morales des soins moraux, et non des châtiments impies ; ne tournez pas dans un cercle sanglant en punissant le meurtre par le meurtre, car en agissant ainsi vous donnez une sorte de raison aux assassins et vous perpétuez une guerre de cannibales. Si vous voulez que l'homicide soit vraiment un crime, faites qu'il ne soit jamais un droit, et sou-

Tena-vous de ce condamné, qui disait : En assas* sinant, j*ai joué ma tête ; vous gagnez, je paie : nous sommes quittes.

Et dans sa pensée, il ajoutait : Nous sommes égaux.

Le Christ a dit : Cherchez d'abord le règne de Dieu et sa justice, et le reste vous sera ajouté par surcroît.

Et nous disons : Le i*^e de Dieu, ce n*est pas le règne de la famine pour Lazare et des orgies du mauvais riche. Le règne de Dieu, c'est le soleil pour tous, et la terre pour tous, c'est la fraternité du travail, c'est la prostitution rendue impossible par le respect de la femme, c'est l'échelle sociale accessible dans tous ses d^rés au travail et au mérite de tous. C'est le travail pour tous ; c'est la famille pour tous, c'est la propriété pour tous, cVst la royauté de la raison, c'est le sacerdoce de ramour, c'est la conmiunion de chacun à tous et de tous à chacun, c'est l'unité divine et humaine, Dieu vivant dans l'humanité, le Christ ressuscité et vivant dans le grand corps du peuple ch rétien, la liberté progressiye et soumise k Tordre, l'égalité relative dans l'ordre de la liii^mrehie, éi la fraternité distribuant tout h tous,

8^n 168 lois de rharmonie, qui ert Félerndle

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