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CHAPITRE IV

LES DOGMES KÀBBALISTIQUES {tiret de la eolledion des Kabbalistes de Pistorius].

Novem svnU hierarchiœ.

Neuf est le nombre hiérarchique.

C'est ce que nous avons expliqué dans |e tha-pitre précédent.

Schéma nUierieordiam dieity sedHjudiebÊm* Le nom divin signifie miséricoide, paroe qu^il veut diie. jugement.

L'infini, exerçant sa puissance sur le fini, ckbit' Héoessairement punir pour ^rriger et non pour* se venger. Les forces du péché n'excèdent paa odes da pécher, et si le châtiment éia^t phisi grand que loffense, le punisseur4etmii4K)ur»

qu'elles yiennent au monde. Elles ont froid dans leur inaction primitive, car leur, création est inachevée. L'homme doit coopérer à sa création. Dieu le commence, mais lui-même il doit se finir. S'il ne devait ni naître, ni mourir, il dormirait absorbé dans l'éternité de Dieu, et ne serait jamais le conquérant de sa propre imxnof^ talité.

Çœlum est Keter.

Le del est Keter (la Couronne).

Les kabbaltstes n'ont pas de nom pour désigner le monarque suprême, ils ne parlent ^e de la couronne qui prouve l'existence du roi, et disent ici que cette couronne c'est le ciel.

Animœ a terito lumine ad quartam descendurUy inde ad quintam ascendunt. Dim unus, Post mortem noctem sulh intrant.

Les âmes filles de la troisième lumière descendent jusqu'à la quatrième^ puis elles s'élèvent à la cinquième, et c'est un jour. Quand la mort arrive, c'est la nuit.

Sn Dieu Mmme dans l'humanité, le nomfclie trdis exprime la génération, 1 amour; c est la

tioiàèiùt permnne on conception di^e, .t'est 06 que le kabludiste vent exprimer par œtte trokfiième lumière, d'où descendent les ftmes pont irriter à la quatrième, qui est la vie naturelle et élénientaire. De là elles doivent s'élever à cinq qui est Tétoile pentagrammatique^ le symbole de la qnintesseiice) le. syari>ole Île la volonté qui dirige les éléments. Puis il compare nne eni^ lenceÀ un jour suivi d'une nuit pour faire pres^ sentir un réveil suivi d'une axîiteDce nouvelle. ;

Sex dies geneseos sunt sex litterœ Bereschith. Les six jours de la Genèse sont les six lettres du mot

Parodi$u$ eii arbor Sephirictà. In medio wiagnua Adam est Tiphereth.

U jMiradiSy c'est Tarbre Séphirique ; le grand Adam qa. est au milien est Tiphereth.

Qi»atuor flumma ex uno fonte. In medio unnu nmt $ex etdatdecem.

Les <iaatre sources d'Éden sortent d*ime source au ndlieu de laquelle il'7 en a siXy elia tout ikmuaiiix. ; .

Ces trois articles signifient que l'histoire dû paradis terrestre est une allégorie. Le paradis terrestre, c'est la vérité sur la terre. La description que donne la Bible de ce jardin contiait les nombres sacrés de la Kabbale. L'histoire de la création du monde, qui précède la description d'Eden, est moinfi un récit qu'un symbole exprimant les lois éternelles de la création, dont le résumé est contenu dans les six lettres hién^lyphiques du mot riMtftTIS*

tt

Factum fatum quia fatum verlntm est.

Un fait est une fatalité, parce qu'une fatalité est une

raison.

Une raison suprême dirige tout, et il n'y a point de fatalité : tout ce qui est devait être. Tout ce qui arrive doit arriver. Un fait accompli est irrévocable comme le destin; mais le destin. c*est la raison de Tintelligence suprême.

PartcB jubilœum $mU.

Les portei sont un jubUé,

11 y a cinquante porter de la &ciâD£ÉJM|m les kabbalistes, c'esl-ù-dire unu cI^j ^ui

^ tt» —

gtoérale en cinq séries de dix scioices particu-* lieras formant ensemble la science générale et irairerselle. Lorsqu'on a parcouru toutes ces sMes, on entre dans la jubilation du vrai savoir, figurée par le grand jubilé qui a lieu tous les cinquante ans.

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Atraham êemper vertitur ad amtrvm.

Abraham se toam« toujours vers le vent du midi*

C'est-à-dire vers le vent qui amène la pluie. Les doctrines d'Abraham, c'est-à-dire de la Kabbalah, sont des doctrines toujours fécondes^ Israël est le peuple des idées réelles et du travail productif. Conservant le dépôt de la vérité souffrante avec une admirable patience, travaillant avec une rare sagacité et une infatigable industrie, le peuple de Dieu doit faire la conquête du mcmde.

Fer additionem He Abraham gtnmt.

Cest par Taddition de He qa*Abraham est devenu père.

Abraham se nommait d'abord Abram. Dieu ^ta. dit la Bible, un He à son nom en lui

amaonçaot qull serait le père de la muUitu^» . Le He est la lettre féminine du tétjragrvxune divin, Il représente le verbe et sa fécondité, il est le signe lùéroglyphiqiie de la réalisation.

Is dogme d'Abraham est absolu, et son prin— cipe est essentiellement réalisateur.

Les juifs en religion ne rêvent pas, ils pensent, et leur action tend toujours à la multiplication, tant de la famille que des richesses qui entretiennent la famille et lui permettent de .s'augmenter.

Omnes ante Mosemper unicomem prophetaverunt.

Tous les prophètes qui sont venus avant Moïse n'ont juré que par la licorne.

C'est-ànlire n'ont TU qu'un côté de la vérité. La corne, dans le symbolisme hébreu^ signifie la puissance, et surtout la puissance de la. pensée. La licorne, animal fabuleux qui n a qu'une corne au milieu du front, est la figure de Tidéal ; le taureau au contraire bu le chéruif est le symhole.de la force qui est dans la réalité. G est pour cela *-qw Jfipit^ Ammon, Oisîris, Isk, sent représentés avec deux cornes an front; c est ponrcela

CM Ktelse eft «osn. figuré atec deux oûinieB^ dont Fune est la trompette du Verbe et Tautre la oome d'abcNodanee. .

Mcis et fcemina sunt Tiphereth et Malchuth.

L'homme et la femme sont la beauté de Dieu et son

royamne.

La beauté révèle Dieu. La nature se montre fine de Dieu, parce qu'elle est belle. On a dit que le beau est la splendeur du vrai, et cette splendeur éclaire le monde, elle est sa raison d'être. Ce beau, c'est Fidéal, mais cet idéal n'est vrai qu'autant qu'il se réalise. L'idéal divin est comme le mari de la nature, c'est lui qui la rend amoureuse et qui la fait devenir mère.

Copula cum Tiphereth et generatio tua benedketur. Épouse la suprême beauté, et ta génération sera bénie.

^.Si le niariage est saint, la postérité sera sainte. Les enfants naissent vicieux, lorsqu'ils sont con- Tjus dans le péché. Il faut relever et ennoblir rainoiir pour sanctifier le mariage . Si les êtres humains en seYapprochtot isèdent à un instinct qui leur est commun avec les animaux, ils enfim-

teront des animauzà forme humaine. Le trai nage unit à li fois les ftmes, les esprits et les corps, et les enfants qui en proviennent seront bénis.

Dœmon est Deus invenut.

Le diable, c'est Diea retoamé.

Le diable n'est que l'antithèse de Dieu, et s'il pouvait avoir une existence réelle, Dieu certainement n'existerait pas.

Le diable est menteur comme son père, a dit Jésus. Or, quel est le père du diable? Le père du diable, c'est le mensonge. Le diable nie ce que Dieu affirme. La conséquence de cela, c'est que Dieu nie ce que le diable ose affirmer. Le diable affirme sa propre existence, et Dieu, en faisant toujours triompher le bien, donne à Satan un démenti étemel.

Dm eruntuman. Quod intra e$t fiet extra et nox iieut

dies iUummaUtwr.

Deux ne feront qu'un. Ce qoi est an dedans se pioduim

au dehors, et la nuit sera éclairée comme le jour.

Dieu et la nature, l'autorité et la liberté, la foi et la raison, la religion et la science, sont des

principes éternels qu on p 'est pas encore parvenu à ooncilier. Us existent pourtant, et puisqu'ils ne peuwnt s'entre-détruire, il faut bien qu'ils se conciliait.

Le moyen de les concilier, c'est de les bien distinguer et de les équilibrer l'un par l'autre. L'ombre est nécessaire à la lumière. Ce sont les nuits qui marquent et mesurent les jours. Que la fanme ne cherche pas à se faille homme et qae l'homme n'usurpe jamais l'empire de la fanme, mais que tous deux ils s'unissent pour se compléter. Plus la femme reste femme, plus elle mérite l'amour de l'homme; plus l'homme est honmie, plus il inspire de confiance à la femme.

La raison, c'est l'homme; la foi, c'est la femme. L*hoipme doit laisser à la femme ses mystères, la femme doit laisser ù l'homme cette indépmdance qu'il aime à lui sacrifier. Que le père ne discute jamais les droits de la mère dans son domaine maternel; mais que la mère n'attente jamais à la souveraineté paternelle de lliomme. Plus ils se respecteront l'un l'autre, plus étroitement ils s'uniront. Voilà la solution do problème.

Pcmiientia non.est verbmu Se repentir, ce n'est pas agir.

La Traie pénitence ne consiste ni dans les rvjjrets ni dans les larmes. Lorsqu'on s'aperçoit qu'un fait mal, il faut se retourner immédiatement et bien faire. A quoi bon, si j'ai pris une fausse route, me frapper la poitrine et me mettre à pleurer comme un enfant ou comme un lâche? Il faut revenir sur mes pas et courir pour r^agner le temps perdu.

Excelsi sunt aqua australis et ignis septemtrwnalU ei

prœfecti eorum . Sik.

Veau est reine dans le Midi, et le feu dans le Nord. Garde le silence sur cet arcane.

Gardons le silence, puisque les maîtres le commandent. Ajoutoiis seuleuEieni à lesr formale oelles-d, qui penvent serrir à l'expliquer :

L'harmonie résulte de l'analogie des con-^ Imin-^.

ijm iHXiUnjres sfint gouverna par Im t^nh trah^Bt^ au mu^eii ûc ihamiuiuV :

Le roi des harmonies est le maître de la Ditore.

In prindpio^ idesi in Chocmah.

Aa oommencement, c'est-à-dire par la sagesse.

La sagesse est le principe de tout ce qui existe éiemdleoieiit, tout commence et finit par elle, et foand rÉcrîture sacrée parle d'un commencemeot, elle désigne la sagesse étemelle. Au con>neneement était le Verbe, c'est-à-dire dans la sajittse étemelle était le Verbe. Supposer que Dieu, apièa une éternité d'inaction, s'est décidé à créer, ceat supposer deux énormes absurdités i l'ane éternité qui finit; i^ un Dieu qui changOt Lp mot Bereschith qui commence la Genèse si» mfnb littéralement dans la tête ou par la tète, c est-è-dire dans la pensée ou par la pensée, qui en Dieu est la sagesse étemelle.

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Vice cptemitatis sunt triginta duo.

Uj a trente-deux voies qui conduisent à l'Éternel.

Cm trente-deux voies sont les dix uomM^s ^ i» nwgMeox lettres*

Aux dix noini)re8 se i-attacheiU des idées absolues, comme à l'unité l'être; à deux, l'équilibre; à trois, la génération, etc.

Les lettres représentent les nombres en hébreu, et les combinaisons de lettres donnent des combinaisons de nombres et aussi d'idées qui suivent avec exactitude les évolutions des nombres; ce qui fait de la philosophie occulte une science exacte qu'on pourrait appeler l'arithmétique de la pensée.

Le livre occulte qui sert à ces combinaisons est le Tarot, composé de vingt-deux figures allégoriques des lettres et des nombres et de quatre séries de dix portant les symboles analogues aux quatre lettres du nom divin le Schéma tétragrammatique.

Ces séries peuvent se réduire chacune à neuf, puisqu'il n'y a, en effet, que neuf chiffres, et que le dénaire est la répétition de l'unité.

Quatre fois neuf donne trente-six, nombre des talismans de Salomon, et sur chaque talisman il y avait deux noms mystérieux , ce qui donne les soixante et douie noms du SchenuJi hamphorasch^

11. deMirville donande à qui nous persuademns que le Ttfroi avec ses (Iguiies

le Schéma liamphorasch des rabbins. Nous ne Tuulons le persuader à personne. Nous sommes en mesure de le prouver à qui voudra prendre la peine de l'étudier avec nous.

Il est vrai que les figures païennes, égyptiennes, etc., n appartiennent pas au judaïsme orthodoxe. Le Tarot existait dans Tlnde, dans l'Egypte et même dans la Chine, en même temps que chez les Hébreux. Celui qui est venu jusqu'à nous est le Tarot samaritain. Les idées sont juives. mais les symboles sont profanes et se rapprochent beaucoup des hiéroglyphes de l'Egypte et du mysticisme de l'Inde.

Justi aquœ, Deus mare.

Les justes sont les eaux. Dieu est la mer.

Toutes les eaux vont à la mer et toutes en viennent, mais toutes les eaux ne sont pas la mer. Ainsi, les esprits viennent de Dieu et retournent à Dieu, mais ils ne sont pas Dieu. L'espiit universel, l'univers vivant, l'idole du panthéisme n'est pas Dieu. L'être infini animé d'une vie infinie

révèle Dieu et n'est pas Dieu. En tant que principe

de l'être et des êtres, Dieu ne saurait être assimilé ni à l'être ni à aucun des êtres. Qu'est-ce donc que Dieu? C'est l'incompréhensible sans lequel on ne comprend rien. C'est celui que la foi affirme sans le voir, pour donner une base à la science. C'est la lumière invisible dont toute lu* mière visible est l'ombre. C'est ce que le génie humain rêve éternellement en sentant que luimême il n'est que le rêve de son rêve. L'homme fait Dieu à son image et à sa ressemblance, et il s'écrie : C'est ainsi que Dieu m'avait fait. C'est ainsi que Dieu se fait homme. C'est ainsi que l'homme se fait Dieu. Cherchons Dieu dans l'humanité, et nous trouverons l'humanité en Dieu.

Angeli apparentiarum sunt volatiles cœli et animantia.

Les oiseaux' du ciel et les animaux de la terre sont les

anges delà forme extérieure.

Les animaux sont innocents et vivent d'une vie fatale ; ils sont les esclaves de la nature extérieure et inférieure, comme les anges sont les serviteurs de la nature divine et supérieure; ils portent les

figures analytiques de la pensée qui se synthétise dans rhomme; ils représentent les forces spécifiées de la nature ; ils sont venus dans le monde avant l'homme pour annoncer au monde la venue prochaine de T homme, et sont les auxiliaires de son corps comme les anges du ciel sont les auxiliaires de son àme. Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, et ce qui est en bas est comme ce qui est en haut. La série distribue Tharmonie, et l'harmonie résulte de Tanalogie des contraires.

lÂtterce nomints sunt Danielis régna.

Les lettres du tétragramme sont les royaumes de Daniel.

Les animaux d'Ézéchiel figurent les forces célestes, et ceux de Daniel représentent les puissances de la terre. Il y en a quatre, suivant le nombre dQs éléments et des points cardinaux. L'Éden de Moïse, jardin circulaire divisé en quatre par quatre fleuves qui coulent d'une source centrale, la plaine circulaire d'Ézéchiel {circum duxit me in gyro) vivifiée par les quatre vents, et Tocéan de Daniel dont Thorizon circulaire est

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partagé par quatre animaux, soûl des symboles analogues les uns aux autres et contenus dans les quatre lettres hiéroglyphiques qui composent le nom de Jéhovah.

Angélus sex alas liabens non tramformatur . L'ange qui a six ailes ne se transfoime jamais.

L'esprit parfaitement équilibré ne change plus. Les cieux symboliques sont au nombre de trois : le ciel divin, le ciel philosophique, et le ciel naturel. Les ailes de la vraie contemplation, celles de la pensée éclairée et celles de la science conforme à Têtre, voilà les six ailes qui donnent la stabilité aux esprits et qui les empêchent de se transformer.

Liiterœ sunt hxeroglyphicœ in otnnUnts.

Les lettres sacrées sont des hiéroglyphes complets qui

expriment toutes les idées.

En ^orte que par les combinaisons de ces lettres, qui sont aussi des nombres, on obtient des combinaisons d'idées toujours nouvelles et rigoureu-

sèment exactes comme des opérations d'arithmétique, ce qui est la plus grande merveille et la suprême puissance de la science kabbalistique.

Akscùnde faciem tnam et ora.

Voile ta face pour prier.

C'est Tusage des Juifs, qui, pour prier avec plus de recueillement, enveloppent leur tête d'un voile qu'ils appellent thalith. Ce voile est originaire de rÉgypte et ressemble à celui d'Isis. Il signifie que les choses saintes doivent être cachées aux profanes, et que chacun ne doit compte qu'à Dieu des pensées secrètes de son cœur.

SuUa tes spirituaUs de$eendit rine mâumento. L'esprit ne descend jamais sans vêtement.

Les vêtements de Tesprit sont en raison des milieux qu'il traverse. Comme la légèreté ou la pesanteur des corps les fait monter ou descendre, ainsi l'esprit se revêt pour descendre et se dépouille pour monter. Nous ne saurions vivre dans l'eau . et les esprits dégagés des corps terrestre»

ne sauraient vivre dans notre atmosphère, conune nous 1 avons dit et répété ailleurs.

SI

Extrinsecus timor est inferior amorey sed intrinsecus svperior.

Extérieurement la crainte est inférieure à Tamour, mais intérieurement l'amour est inférieur à la crainte.

Il y a deux craintes, la crainte intéressée et la crainte désintéressée, la crainte de la peine et celle du mal.

Or, la crainte du mal, étant l'amour de la justice tout pur et désintéressé, est plus noble que Tamour intéressé de ceux qui ne font le bien que par l'attrait des récompenses.

Nasus discemit propriefates.

Le nez discerne les propriétés.

Dans le symbolisme du Sohar, la longanimité divine est figurée par la longueur du nez qu'on donne à l'image allégorique de Dieu. L'humanité au contraire est représentée avec un nez court,

parcîe qu'elle oomprendpeu et s'irrite facilement. En style vulgaire, avoir du nez signifie avoir de la finesse dans le jugement et du tact dans la con-* duite de la vie. L odorat du chien est une sorte de divination. Pressentir, c'est en quelque manière flairer.

Anima bona^ anima nova filia Orientis.

Vkme bonne est une àme neuve qui vient de Torient.

Il y a deux bontés : la bonté originelle qui est l'innocence, et la bonté acquise qui est la vertu. L'âme nouvelle, fille de l'Orient, est pure comme le jour qui se lève, mais elle doit traverser l'épreuve où sa candeur se ternira, puis elle devra se purifier par le sacrifice. Tout cela se fera-t-il dans une seule ou dans plusieurs incarnations? C'est ce qu'il nous est difficile de savoir. Nous avons dit pourquoi les incarnations successives nous semblent impossibles; ajoutons que les kabbalistes du premier ordre ne les ont jamais admises. Au lieu de réincarnation, ils admettent l'embryonnat, c'est-à-dire l'union intime de deux âmes, Tune déjà trépassée, et l'autre encore vi-

vante sur la terre; celui qui est mort ayant encore des devoirs à accomplir sur la terre et le faisant par Tintennédiaire du vivant. De cette manière les personnalités restent intactes, et Élie, sans cesser d'être Élie, peut revivre dans Jean le baptiseur. C'est ainsi que Moïse et Élie apparaissent sur le Thabor comme assesseurs de Jésus-Christ ; mais dire que Jésus était une réincarnation de Moïse, ce serait anéantir ou la personne de Moïse ou celle de Jésus.

Anima pkna superiori conjungitur.

Quand uneàme est complète, elle s'unit à une âme supérieure.

Lésâmes s'unissent par la pensée et par l'amour sans tenir compte des espaces. De soleil à soleil, d'univers à univers, elles peuvent non-seulement correspondre, mais se rendre présentes les unes aux autres. C'est ainsi que s'accomplissent, suivant les rabbins, les deux phénomènes de Tembryonnat et du protectorat. Nous avons dit ce qu'ils entendent par Tembryonnat; le protectorat est l'assistance d'une âme affranchie qui aide une

ime en peine, i assomption d*un esprit militant par un esprit glorieux et triomphant; en d'autres termes l'assistance d'un saint qui se fait lange gardien d'un juste. Ces hypothèses sont consolantes et belles; c'est tout ce que nous en pouvons dire, elles se déduisent du dogme de la siUdarité des âmes résultant de leur création et de leur existence collectives.

Pat deos rex verus regnabit super terram, Qnand Q n'y aora plus de Mx dieux, un vrai roi régnera sur la terre.

L'idolfttrieest le culte du despotisme arbitraire, et les rois de ce monde sont faits à l'image des dieux que la terre adore. Un dieu qui punit infiniment des êtres finis après les avoir créés fragiles et leur avoir imposé une loi qui contrarie tous les penchants de leur nature, sans que cette loi même soit clairement promulguée pour tous, ce Dieu autorise toutes les barbaries des autocrates. Quand les hommes concevront un Dieu juste, ils auront des rois équitables. Les croyances font lopmion, et c'est l'opinion qui consacre les pou*

voirs. Le droit divin de Louis XI était bien en rapport avec le Dieu de Dominique et de Pie V. C'est au Dieu de Fénelon et de saint Vincent de Paul que nous devons la philanthropie et la civilisation modernes. Quand Thomme progresse, Dieu marche; quand il s'élève, Dieu s'agrandit; puis l'idéal que le monde s'est fait réagit sur le monde. Le rayonnement de la pensée humaine s'arrètant sur l'objectif divin, se reflète sur l'humanité; car cet objectif n'est autre chose qu'un miroir. Ce reflet du mondeidéal devient lalumière du monde réel. Les mœurs se forment d'après les croyances, et la politique est le résultat des mœurs.

se

Linea uiridis gyrat universa* La ligne verte circule autour de toutes choses.

Les kabbalistes , dans leurs pantacles , représentent la couronne divine par une ligne verte qui entoure les autres figures. Le vert est l'alliance des deux couleurs principales du prisme, le jaune et le bleu : figures des Eloïm ou grandes |ttifi^ sances qui se résument et s'unissent en DiiMu«ii

Amen M infiuxus numeratùmum .

Amen est l'influence des nombres.

Le mot amen^ qui termine les prières, est'une affirmation de l'esprit et une adhésion du cœur. Il faut donc, pour que ce mot ne soit pas un blasphème, que la prière ait été raisonnable. Ce mot t^t comme une signature mentale; par ce mot le rniyant s'affirme et se fait lui-même à la ressem- Mance de sa prière. Amen, cest lacceptation (1 un compte ouvert entre Dieu et l'homme. Malheur à celui qui compte mal, car il sera traité ct>mme un faussaire 1 Dire amen après avoir f()rmulé Terreur, c'est vouer son âme au men- :^Dge personnifié par Satan. Dire amen après a^oir formulé la vérité, c'est faire alliance avec Dieu.

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