CHAPITRE III
LES ESPIUTS DANS LÉVANGILE. — DÉMONS, IK)SSÉDÉS ET APPARITIONS.
Jésus appelle Satan « le prince de ce monde » ; cest donc une puissance qui exerce son empii*e sur la terre.
Ce n'est pas une puissance spirituelle, car alors elle exclurait celle de Dieu.
Jésus dit qu'il l'a vue tomber du ciel comme la foudre ou sous la fornu' dt* la ruudio. C est donc une puissance malcrielle analogue il Téleeincité.
Jésus dit que Satan ^si menteur mm a père, parce que le pèrt^ de ShI de meoioiige qui douiu* une l'erreur.
Se servir mal des forces de la nature, c'est engendrer Satan.
Concevoir tout sans Dieu, c'est concevoir Satan. Le diable, c'est un panthéisme sans tête.
C'est l'homme avec une tête de bouc.
C'est l'instinct animal mis à la place de la raison régulatrice.
C'est l'ombre qui nie le corps.
C'est le pot qui nie le potier.
C'est le cauchemar, c'est l'absurde de la raison niant l'absurde de la foi.
C'est le hasard s'affirmant contre la règle; c'est la grimace insultant à la beanté ; c'est le néant qui dit : Je suis Dieu.
Satan, c'est la folie, et les possédés du démou, ce sont les fous.
L'un est muet, l'autre déchire ses vètemenLs et se cache dans les tombeaux; un autre se jette tantôt dans le feu, tantôt dans l'eau, et semble atteint de la monomanie du suicide. Qu'est-ce que tout cela? Des maladies mentales, et Jésus, attribuant à Satan, c est^-dire à rélectricité dévoyée, la plupart des autres maladies, dit en parlant d'une femme informe etpïiéeen deuji; : Voyez cette fille d'Abraham qui a été liée par Satan! On
n)it que Satan est ici la personnification du mal mâme physique. Liée par Satan veut dire évidemment ici liée par une affection nerveuse ou rhumatismale. D'ailleurs, le serpent de la Genèse ne saurait être le Satan de Milton. C'était le plus insinuant et le plus rusé des animaux, dit le texte sacré, et Dieu, pour le punir, le condamne à ramper sur son ventre et à manger la terre; supplice qui ne ressemble en rien aux flanmies traditionnelles de l'enfer. Il est vrai aussi que le serpent réel et non allégorique rampait avant le péché d'Eve et n'a jamais mangé la terre; il s'agit donc ici d'une allégorie; il s'agit de ce feu astral qui rampe et qui ronge, de ce feu terrestre qui alimente la vie physique en donnant la mort. Il en est de même du Satan qui peut rendre infirmes ou paralytiques les vieilles filles d'Abraham. Que penser aussi de cette légion de démons qui, chassés du corps d'un possédé, demandent comme une grâce de se réfugier dans un troupeau de pourceaux qui. deviennent furieux et courent se noyer dans le lac de Tibériade? N'est-ce pas là évidemment une parabole judaïque, dont le but est de monU^r combien le pourceau est un animal impur?
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S'il faut prendre à la lettie ih pareilles histoires, Voltaire a mille fois raison de s'en moquer. Mais on sait que la lettre tue et que lesprit seul vivifie. Nous ne disons pas pour cela que le fait en lui-même soit impossible. La rage des chiens se communique aux hommes, poui-quoi la rage des hommes ou certaines folies furieuses ne se communiqueraient-elles pas aux animaux? Mais que des anges déchus, que de purs esprits condamnés à l'enfer trouvent du soulagementàse noyer sous des formes de pourceaux; que le Sauveur du monde, la raison suprême incamée, consente à cette hideuse et ridicule malfaisance, c est cela que le bon sens le plus vulgaire ne saurait admettre. Il y a évidemment sous ce récit, révoltant en apparence, quelque chose de caché.
Quand un esprit immonde est chassé du corps d'un homme, dit le Sauveur, il va parcourant les lieux arides et cherchant le repos qu'il ne peut trouver; alors il dit : Je retournerai dans la maison que j'ai quittée. Il va donc, et, retrouvant cette maison nettoyée et parée, il va prendre sept autres esprits plus méchants que lui, ils rentrent tous ensemble, ils s'établissent, et Tétat du ma-
lade devient pii-e qu'il ii*était d'abord. S'il fallait l'uteudre ce discours symbolique dans le sens des démonomanes, Jésus lui-même eu guérissant les possédés aurait fait de mauvaises actions , puisque, suivant sa propice doctrine, il les exposait par là à une obsession sept fois plus cruelle. Mais il s'agit ici des maladies mentales, qu'on empire souvent en voulant les guérir. Si vous chassez une illusion de la tète d'un fou, il en reviendra bientôt sept autres plus insensées que la première. C'est pour cela que Jésus cachait à la multitude les hautes vérités de sa doctrine et ne les révélait au petit cercle des initiés qu'en les enveloppant de paraboles. 11 craignait l'esprit impur qui se nomme l^ion ou multitude* Je veui. disait-il, que ces gens-là entendent sans entendre, qu'ils voient sans voir, car j'ai peur qu ils ne se convertissent. Hélas! il pressentait les guerres de religion, les massacres et les bûchers; il voyait de loin l'empire romain s'écroulant dans le sang des persécutions , et le fanatisme liaioeux condamnant à mort la piété qui prie et qui pardonne. 11 chassait un démon muet, c'était le cuite des idoles, et il voyait venir sept démons liavards. les sept péchés capitaux érigés en doc-