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teurs de l'Église. C'est pourquoi il engageait à se taire quand lui-même, peut-être, il en avait déjà trop dit. Aussi, quand il est trahi et renié par les siens, calomnié et maudit par les prêtres, accusé devant les juges, livré aux clameurs de la vile multitude qui demande sa mort, il se renferme dans le silence le plus absolu, il ne répond rien à Pilate, il ne veut rien dire à Hérode; que leur dirait-il, et à quoi bon? Ils sont indignes et incapables de l'entendre. Enfin, lorsqu'il a épuisé jusqu'à la lie la coupe de l'ingratitude, lorsqu'il se sent mourir dans un supplice atroce sans avoir pu faire autre chose, pour les hommes qu'il a tant aimés, que de les rendre plus coupables e( plus méchants , son cœur se brise, il semble douter de lui-même, et pousse ce cri terrible : Mou Dieu! mon Dieu! pourquoi m'as-tu abandonné! Lorsqu'il expira, dit l'Évangile, la terre trembla, le soleil s'obscurcit , le voile du temple se déchira depuis le haut jusqu'en bas, les pierres se fendirent, les tombeaux s'ouvrirent, les mork en sortirent et apparurent à plusieurs personnes. S^l fallait prendre ces choses à la lettreJlMÉoire ferait certainement une mentioii^N^^^Bde ce formidable événement. L^I^^^^^Bde
terre aurait été universel, et 1 obseurcissemeut du soleil est autre chose qu*une simple éclipse. Quelles sont les pierres qui se fendirent? Toutes les pierres. Les villes alors durent s'écrouler. Quelques pierres? Lesquelles? et pourquoi cellesci plutôt que celles-là? Les morts sortirent de leurs tombeaux? Dans quel état? tels qu'ils y étdent?à l'état de putréfaction et de squelettes, ou avec des corps nouveaux? Ce fut alors une véritable résurrection. Mais l'Ecriture appelle Jésus- Christ le premier-né d'entre les morts, c'est-àdire le premier des ressuscites, et à ce moment Jésus venait seulement de mourir. La lettre ici De soutient donc pas un seul instant lexamen, il faut recourir à l'esprit, c'est-à-dire à Tallégorie.
Jésus-Christ meurt en effet, et le vieux monde tremble; il ne se remettra pas de cette secousse, e( le colosse romain va tomber débris par débris, bî voile du temple se déchire, c'est-à-dire que les plus secrets mystères de la religion judaïqiie sont dévoilés, c'est l'humanité divine ou la divinité humaine. Le soleil s'obscurcit, c'est-à-dire que les anciens cultes d'Orient qui prenaient le soleil pour la plus parfaite image de Dieu oftt perdu
leur vertu. Un soleil vivant vient d appaiattre sur la terre, il disparaît pour renaître, les jours de l'Ame ont trouvé leur flambeau. Les pierres se fendent, c'est-à-dire que les cœurs les plus durs ne peuvent résister à la douce violence du grand sacrifice. Les tombeaux s'ouvrent d eux-mêmes, car la mort vient de laisser échapper les clés des portes étemelles. Les morts se soulèvent et semblent ressusciter d avance, parce que la mort triomphante de la plus grande des victimes vient de porter un coup mortel à la mort même, et que rimmortalité de l'âme se rend visible en quelque sorte sur la terre. Tel est le sens, le vrai sens, le seul sens possible et raisonnable des paroles sacrées prises à la lettre par tant d'enfants parmi lesquels il faut ranger les théologiens imbéciles du moyen âge.
Pour ce qui est des apparitions de Jésus^hrist lui-même, nous n'y toucherons pas, car elles sont du domaine exclusif de la foi. Nous ferons remarier seulement qu'elles ne favorisent en rien les idées du spiritisme, car Jésus-Christ apparaît non comme mort, mais comme vivant. Ce n'est pas en esprit, c'est en chair et en os qu'il se trouve au milieu de ses disciples, il les
invite à le toucher, il leur demande à manger, il mange, en effet, et boit au milieu d'eux. Saint Thomas le touche et lui trouve un corps palpa* ble et réel. Cependant ce corps passe à travers les portes fermées. Ce sont là des choses de l'autre monde et que rien certainement ne saurait expliquer en celui-ci. Ce corps palpable et réel, oe corps qui a de la chair et des os, ce corps qui se nourrit de pain et de miel, parait et disparaît comme une fantasmagorie. 11 y a là évidraunent quelque mystère. Les premiers chrétiens, forcés de se cacher, avaient leurs paraboles et leur occultisme. Us écrivaient pour être compris seulement des initiés. L'histoire de l'apparition aux voyageurs d'Emmatts peut jeter quelque jour parmi ces ombres.
Deux voyageurs passaient non loin du bouig dEmmatks, c'étaient des disciples de Jésus, et ils I entretenaient tristement de la mort violente de leur maître. Un voyageur inconnu les aborde et leur r^roche leur tristesse; il leur eipliqne les écritures, il leur rappelle surtout los pai ole^ï du maître avant de mourir : « Yom ne ferez qii'nn tvpc moi comme je ne fais qu'uîi avec mon Pèii?. Celui qui me voit voit mon Père, t^t cduï qui voua
verra me verra* Celui qui vous écoute m'écoute, et quand vous serez deui ou trois rassemblée en mon nom^ je serai là au milieu de vous. »
En parlant ainsi on arrive à Thôtellerie, le voyageur prend le pain , le bénit et le partage , tomme Jésu&-Ghrist avait fait avant la Cène; alors les yeux des deux disciples s'ouvrent, ils reconnaissent que, suivant sa parole, Jésus42brist est réelletnent présent au milieu d'eux ; ils le comprennent ressuscité et toujours visible parmi les siens , toujours présent dans son iglise. Ils communièrent donc de la main de Jésufr-Ghrist même, et après la communion ils ne le virent plus. Ici est exprimé avec retenue et d'une manière voilée tout le mystère du sacerdoce. Le prêtre qui dit la messe est réellement Jésus^brist pour la foi des spectateurs, et la preuve de ceci. c'est que le prêtre en prononçant les paroles sacramentelles ne dit pas : Ceci est le corps du Christ, mais bien , comme a dit le Mattre : Ceci est mon corps. Le croyant alors ne voit plus le prêtre, il voit Jésus-Christ lui donnant son corps et il reçoit réellement le corps sacré de Jésus- Christ; mais, après le sacrifice, Jésus a disparu, et l'on ne s'occupe plus guère du brave curé qui.