‹ Philosophie occulte (volume 2)Chapitre 3 sur 62 · SUIVANT LES TALMUDISTES · texte numérisé non relu

SUIVANT LES TALMUDISTES

En Tannée six cent soixante-dix-sept du quatrième millénaire après la création du monde , pendant les jours du roi Jannée qui est autrement nommé Alexandre, un grand malheur vint en aide aux ennemis d'Israël.

Il se produisit alors un certain misérable, honmie sans conscience et sans mœurs, issu d'un des rameaux retranchés de la tribu de Juda, qui avait nom Joseph Panther.

Cet honmie était d'une haute taille , d'une vigueur peu commune et d'une remarquable beauté : il avait passé la meilleure partie de son âge dans les débauches, les rapines et les violences et demeurait à Bethléem, ville de Juda. 11 avait pour voisine une veuve dont la fille se nommait Marie, et c'est cette même Marie , coiffeuse de femmes,

èant il ert fait mention en plusieurs endroits du Tklmud. Cette jeune fille, devenue adolescente, amii été fiancée à un jeune hovune nommé Jo*> chanan et qui était doué d'une grande modestie, d'une insigne douceur et de la yraie crainte de Dieu.

Or, il arriva par malheur que Jos^h, passant detant la porte de Marie, la regarda et sentit en lui s'allumer pour elle une passion impure ; aussi passait-il et repassait^il sans cesse; mais elle ne regardait même pas.

Lalangueurs'emparadelui, etsamère, levoyant d^rir, lui dit : Pourquoi te vois-je maigrir et pâlir 7 II répondit : C'est que je meurs d'amour pour Marie qui est fiancée à un autre. Sa mère lui dit : U ne faut pas pour cela te tourmenter et te désespérer, fais ce que je te dirai et tu pourras t'approchw d'elle et en faire suivant ton plaisir. Joseph Panther écouta sa mère , et il rôdait sans cesse devant la porte de Marie , épiant l'occasion qu'il ne trouvait pas. Lorsqu'un soir du sabbat, s'étant habillé comme Jochanan et se voilant la tète de son manteau , il trouva Marié sur sa porte , il la prit par la main, sans lui rien dire, et la conduisit dans la maison. Or elle croyait que c'était Jocha-

nan, son fiancé, et elle lui dit : Ne me touche pas, l'heure où je dokètre à toi n'est pas encore venue, et je suis en ce moment protégée contre toi par les Infirmités ordinaires de mon sexe ; mais lui , sans l'écouter, accomplit sur elle son mauvais des* sein et retourna dans sa maison; puis, vers le milieu de la nuit, comme la passion le tourmentait encore, il se releva , retourna dans la maison de Marie, qui se mit à se plaindre et lui dit avec horreur : Conmient viens-tu m'outrager une seconde fois, toi que je croyais incapable d'abuser de nos fiançailles, et comment peux-tu ajouter le crime à la honte, puisque je t'ai dit que l'état où je suis en ce moment doit me rendre sacrée pour toi? Mais il ne prenait pas garde à ses paroles. Sans rien dire lui-même, il satisfaisait son désir, puis il se retira et passa son chemin. Or, après trois mois, on vint direà Jochanan que sa fiancée était grosse, et Jochanan, tout épouvanté, allatrouver son précepteur Siméon, fils de Schetach, et lui ayant révélé la chose, lui demanda ce qu'il fallait faire. Son maître lui demanda : As-tu des soupçons contre quelqu'un? Jochanan répondit : Je ne puis soupçonner que Joseph Panther qui est un grand libertin et qui demeure dans le voisinage. Son

maître lui dit : Mon fils, écoute mon conseil et tais^toi. Si cet homme a joui une fois de ta fiancée, il ne se peut faire qu'il ne cherche pas à la revoir. Tâche de le surprendre, appelle des témoins et fais-le juger par le grand Sanhédrin. Le jeune homme s en alla tout triste, et ne songeant qu'au malheur de sa fiancée et à la honte qui pouvait en retomber sur lui, il abandonna la Judée et s'en alla dans la Babylonie, où il demeura.

Marie ensuite devint mère d'un fils qu'elle appela Jéhosuah, du nom de son oncle maternel, et l'enfant ayant conunencé à grandir , sa mère lui donna pour maître Elchanan , et l'enfant faisait de grands progrès, car il avait un esprit bien disposé pour l'intelligence des choses.

Ceci est tiré et traduit textuellement du Sep/ier Teldos Jeschu.

Là premièrejeunesse de Jésus est racontée ainsi qu'il suit par les auteurs talmudistes du Sota et du Sanhédrin que nous trouvons cités à la page 19 du livre de la dispute de Jéchiel.

Le rabbin Jéhosuah, fils de Pérachiah, qui continuait, après Elchanan, l'éducation du jeune Jésus, Tinitia aux connaissances secrètes, mais Jannée ayantlait massacrer tousles initiés, Jéhosuah,pour

échapper à cette proscription, s'enfuit à Alexandrie en Egypte.

Ce massacre des initiés substitué à celui des innocents nous paraît fort remarquable, surtout si nous nous rappelons qu'au livre !•* des Rois il est dit que SaQl, initié depuis peu dans le cercle des prophètes, était un enfant d'un an lorsqu'U monta sur le trône. Or, Saûl avait en réalité plus de vingt ans. C'était donc la coutume dans les initiations prophétiques de la Judée , comme dans la Franc-Maçonnerie moderne, de désigner le grade des initiés par un âge symbolique, et l'Évangile, en parlant du meurtre des enfants de deux ans et au-dessous, ne contredirait pas l'assertion du Talmud, qui à son tour rendrait historiquement plus acceptable le récit de l'Évangile. On peut trouver des traces de la proscription des kabbalistes, toujours persécutés et dénoncés par la synagogue officielle, mais on n'en trouve pas de cette abominable boucherie de petits enfants qui révolte la nature et qui eût à jamais flétri le règne d*Hérode, si c'est à Hérode, comme le veut l'Évangile, et non à Jannée , comme le prétendent les talmudistes, qu*il faut attribuer la proscription dont il s'agit.

Ici les talmudistes commencent à envelopper

— ai —

leor pensée d'dlégories, et voici ce qu'ils nous ra^ content : Jésus et son maltre|Ben-Pérachiah allèrent donc demetirerà Alexandrie, dans la maison d'ime dame riche et savante qui les reçut avec honneur et leur offrit tous ses trésors. Cette dame, on le comprend , c'est l'Egypte personnifiée. Le jeune Jésus, l'ayant regardée, dit : Cette femme est belle, mais elle a un défaut dans les yeux qui doit nuire à la rectitude de ses regards. Cette terre est belle, mais c'est un magnifique exil. Son maître alors s'irrita contre lui de ce qu'il avait trouvé quelque beauté à l'Egyptienne et de ce qu'il admirait la terre de la servitude. Jésus lui dit : Il n'y a pas de servitude pour les enfants de Dieu et la terre qui les porte est toujours la terre d'Israël. Ben- Pérachiah maudit alors son disciple et le chassa de sa présence. Jésus se soumit humblement et, se présentant souvent à la porte du maître, il le priait de vouloir bien le recevoir; le rabbin resta infladble. Un jour pourtant, comme il lisait les com<* mandements de Dieu qui ordonnent d'aimer le prochain, Jésus se présenta, et le maître, touché de regret, lui fit signe d'attendre, ayant l'intention de se laisser fléchir et dele recevoir; mais Jésus, comprenant qu^il le repoussait encore une fois , s'en

alla et ne revint plus. Nos pères ont mal fait, disent à ce sujet les docteurs du Talmud , de repousser Jésus sans l'entendre, et surtout de le maudire des deux mains. Ne frappons jamais des deux mains celui que nous voulons châtier , gardonsren une pour le relever, le consoler et le guérir! Parole qui contient tout un avenir , parole qui doit un jour amener la réconciliation entre les enfants et les pères ; car, nous aussi, nous avons maudit les Juifs en les repoussant des deux mains ; c'est donc maintenant à deux mains aussi que, de part et d'autre, pour expier cette faute réciproque, il faudra se pardonner et se bénir ! Mais revenons à Thistoire de Jésus suivant les auteurs du Talmud. Nous avons vu que le jeune initié avait admiré la science de T Egypte et s'était fait repousser par son maître pour avoir rêvé une conciliation entre la philosophie de l'exil et la religion de la patrie. La pei*sécution contre les kabbalistes s'apaisa et Jésus revint en Judée avec son matti'e, ou du moins en même temps que lui. Gomment avait-il vécu en Egypte? En travaillant sans doute de son état de charpentier. Lorsqu'il rentra dans sa ville natale qui, suivant les talmudistes, n'était pas Nazareth mais Bethléem . il passa devant les anciens

qui étaient assemblés, suivant l'usage, à la porte de la Tille, et ne les salua pas; mais son maître Jehosuah Ben-Pérachiah étant venu à passer, Jésus le salua et excita ainsi les murmures des anciens. En effet , le jeune homme les méprisait comme n'étant pas initiés à la vraie science, et ne reconnaissait pour son supérieur que celui qui lui en avait ouvert la porte. Les anciens s'indignèrent et l'appelèrent fils de femme impure. Ce qui étonna Jésus, car il avait toujours regardé sa mère comme un modèle de pureté. Il alla consulter un de ses oncles, celui dont il portait le nom, et celui-ci lui révéla le malheur de Marie et tout le mystère de sa naissance. Jésus se retira le cœur navré et ne retourna pas chez sa mère, mais il commença à prêcher la science nouvelle , celle de la réconciliation des nations et de la religion universelle qu'il avait rêvée en Egypte. C'est alors que nos auteurs arrivent aux noces de Gana, en Galilée, oh Jésus rencontra sa mère et lui répondit durement lorsqu'elle voulut lui parler : Femme, qu*y a-t-il de commun entre vous et moi? Puis, voyant que la pauvre femme se résignait avec douceur, il eut le cœur touché et, rassemblant ses disciples autour de lui, il leur raconta le crime de Panther

et leur demanda : Croyez-vous que je puisse honorer cet homme comme mon père? — Non! répondirent-Us tout d'une voix. —Croyez-vous que ma mère soit impnre? — Non, répondirent-ils encore. — Eh bien , dit Jésus, je n'ai point de père sur la terre, mon père c'est Dieu qui est dans le Ciel , et quant à ma mère, sa virginité n apu être flétrie par un crime auquel elle n'a pas consenti. Je la considère comme toujours vierge. Pensez-vous comme moi? — Oui, répondirent les disciples. Et c'est pour cela, ajoutent les auteurs juifs, que Jésus fut dit par tous ceux qui crurent en lui être le fils de Dieu et d'une vierge. Cette histoire apocryphe, toute blessante qu'elle est pour des lecteurs chrétiens, ne manque pas d'une certaine grandeur, et l'on peut y remarquer que les plus grands ennemis du christianisme rendent un hommage involontaire à la pureté de Marie et à l'élévation du caractère de Jésus.

Ici commencé le récit des miracles, et les talmudistes , loin de les nier , semblent prendre à tâche de les exagérer. Le souvenir en était donc encore bien vivant et bien puissant parmi les Juifs. Mais ces miracles, voici comment ils les expli- . quent.

Il existe, disent-ils, dans le sauctaaire du Dieu vivant une pierre cubique sur laquelle sont sculptées les lettres saintes dont les combinaisons expliquent les vertus du nom incommunicable. Cette explication est la clef secrète de toutes les sciences et de toutes les forces occultes de la nature. C est ce qu'on nomme le Schéma hamphoraseh. Cette pierre est gardée par deux lions d or qui rugissent dès qu on veut en approcher. Les lecteurs de nos ouvrages savent ce que c'est que le Schéma haxnphoraseh et reconnaîtront dans les deux lions les gigantesques chérubs du sanctuaire dont la figure monstrueuse et symbolique était capable d'effrayer et de repousser les prçianes. Les portes du temple étaient d'ailleurs bien gardées, ajoutent nos rabbins , et la porte du sanctuaire ne s Ouvrait qu'une fois l'an , et seulement pour le grand-prêtre ; mais Jésus avait appris en Egypte les grands mystères de l'initiation, et il s'était fait des clefs invisibles à l'aide desquelles il put entrer sans être découvert. Il copia les secrets de la pierre cubique, les cacha dans sa cuisse, comme dans la mythologie grecque nous voyons Jupiter cacher Bacchus, puis il sortit et commença à étonner le monde. A sa voix les morts se levaient et les lé-

preux étaient guéris ; il faisait remonter du fond de la mer les pierres qui y étaient ensevelies depuis des siècles, et ces pierres formaient une montagne sur les eaux, et du sommet de cette montagne Jésus instruisait la multitude. Ici nous retrouvons avec tout le génie du symbolisme oriental le motif secret de la haine des prêtres contre Jésus. Il révélait au peuple la vérité qu'ils voulaient enfouir pour eux seuls , il avait deviné la théologie occulte d'Israël, il lavait comparée avec la sagesse de TEgypte et y avait trouvé la mison d'une synthèse religieuse universelle. Ils cherchèrent donc à le perdre et envoyèrent auprès de lui un faux frère nommé Judas Iscariote, pour lui faire commettre quelques fautes et le livrer à ses ennemis. Ce fut ce Judas qui amena Jésus à faire, au moment même où les chefs de la religion étaient le plus animés contre lui, une entrée triomphale dans Jérusalem, suivie d'un tumulte dans le temple. Ils firent en même temps courir le bruit que Jésus enchantait les arbres et les frappait de stérilité, qu'il blasphémait contre la loi de Moïse et voulait lui-même se faire adorer conmie Dieu. Cependant Jésus venait tous les jours dans le temple; mais, comme K^s Juifs prient la tête couverte,

il se perdait dans cette multitude enteloppée de thaliths blancs. Judas promit aux prêtres de le leur livrer et de faire en même temps un grand scandale qui pût le compromettre aux yeux de tout le peuple. U yint avec une troupe de gens dévoués auxpharisiens, et se prosternant devant Jésus, il Tadora. Les complices de Judas crièrent au sacrilège et voulurent se jeter sur Jésus. Les disciples de Jésus essayèrent de le défendre. Jésus parvint à s enfuir et se réfugia dans le Jardin des Oliviers, où il fut poursuivi et repris par les gardes du temple. On le mit alors dans une prison où on le garda quarante jours, pendant lesquels on fit proclamer son acte d'accusation à son de trompe et demander si quelqu*un voulait prendre sa défense ; mais personne ne se présenta. Jésus fut donc flagellé comme séditieux, puis lapidé comme blasphémateùr, dans un endroit nommé Lud ou Lydda; on le laissa ensuite expirer sur une croix faite en forme de fourche. Quelques-uns de ses disciples qui étaient riches rachetèrent son corps et firent mine de le mettre ostensiblement dans un sépulcre; mais ils remportèrent secrètement et Tenterrèrent au fond du lit d'un torrent dont ils avaient détourné les eaux pour creuser sa tombe ; puis ils

laissèrent les eaux reprendre leur cours. Ce qui explique comment le corps ne se retrouva plus quand les disciple déclarèrent que leur maître était ressuscité.

A ce récit fondamental les auteurs du Sepher loldos Jeschu ont cousu les fables les plus ridicules, empruntéesévidemmentàdes légendes chrétiennes altérées ou travesties. C*est ainsi que nous y retrouvons l'histoire de l'ascension de Simon le Magicien , attribuée à Jésus-Christ lui-même dans l'intention évidente de confondre le Messie des chrétiens avec le fameux imposteur. C'est ainsi encore que Simon-Pierre ou Céphas y est confondu avec Siméon le Stylite, preuve évidente du peu de valeur historique de ce Sepher, qui fut composé évidemment plusieurs siècles après le commencement de l'ère chrétienne. Les documents talmudiques sont plus sérieux, carie Ta/mude^i le recueil detoutes les traditions judaïques, et c'est \h seulement, en dehors des monuments chrétiens, qu'il faut chercher le souvenir de ce personnage si important pour l'histoire, mais que tous les écrivains profanes ont ignoré ou méconnu .

Ces traditions, empreintes comme elles doiveni Fètrè de mépris et de haine pour le sage que les

Juifs ont crucifié, coutieuneut desaveujic précieux en faveur des croyances chrétiennes.

Des récits du Talmud il résulte, en effet , que suivant les traditions judaïques :

1 * Jésus a véritablement existé ;

2* Qu'il est né à Bethléem;

3"* Que sa mère, irréprocfaiible dans ses mœurs, était seulement fiancée à un honune juste et craignant Dieu, incapable par conséquent d'abuser de sa fiancée;

4* Que la naissance extraordinaire de Jésus ue s'explique que par un miracle ou par un attentat que les Juifs ont dû nécessairement supposer, puisqu'ils reconnaissaient la haute moralité de la jeune viei^e et n'admettaient pas le miracle ;

S"" Que Jésus fut persécuté par la Synagogue à cause du mystère de sa naissance, et plus encore à cause de la supériorité de sa doctrine ;

6^ Que cette doctrine supposait l'initiation aux secrets de la plus haute théologie [des Hébreux , conforme en beaucoup de points à la philosophie transcendante des initiés égyptiens ;

7* Qu'il opérait des choses prodigieuses, guérissant les o^ades, ressuscitant les morts et deviaant les choses cachées;

8** Qu on ne put le condamner et le faire mourir que par trahison ;

9* Que son corps fut .introuvable lorsque ses disciples déclarèrent qu'il était ressuscité.

Nous ne pouvons raisonnablement en demander davantage aux docteurs hébreux adversaires de Jésus-Christ.

Les assertions du Talmud et du Sepher Toldos Jeschu sont répétées dans le Nizzachon vetm ou ancien livre de la Victoire, dans la Controverse du rabbin Jechiel et dans d'autres compilations rabbiniques. Le Sepher Toldos, auquel les Juifs attribuent une grande antiquité et qu'ils cachaient aux chrétiens avec des précautions si grandes que ce livre fut longtemps introuvable, est cité pour la première fois par Raymond Martin, de l'ordre des Frères-Prêcheurs, vers la fin du xui* siècle. Porchetus Salvaticus, peu de temps après, en publia quelques fragments dont se servit Luther, et qu'on retrouve dans les œuvres de ce réformateur au tome VIII* de ses œuvres , édition d'Iéna ; mais on ne possédait pasencore le texte hébraïque. Ce texte, trouvé enfin par Munster et]par Buxtorf, fut publié en 1681 par Christophe Wagenseilius à Nuremberg, et à Francfort dans un recueil intitulé

Tela ignea Satanœ ^ les flèches brûlantes de Satan.

Ce livi-e a été évidemment écrit par un rabbin initié aux mystères de la Kabbale, il est écrit par dedans et par dehors, pour nous servir d'une expression de saint Jean, le grand initié chrétien, c>st-à-dire qu'il présente un sens occulte et un sens vulgaire. Les contes absurdes dont il est plein sont des paraboles que Tauteur veut op- |Miser à celles de l'Evangile. On y reproche deux choses à Jésus-Christ : r d'avoir surpris ou deviné les grands mystères du temple; 2' de les a^oir profanés en les disant au vulgaire qui les a défigurés et mal compris.

Ne pouvant déplacer la pierre cubique du temple, il a, suivant l'auteur du Sepher Toldos, fabriqué une pierre d'argile qu'il a montrée aux nations comme étant la vraie pierre cubique d'Israël. Rapprochons de ceci l'aveu qui échappe à saint Paul dans une de ses épttres : « La nature seule pouvait révéler Dieu aux hommes, et ils sont inexcusables de ne pas le comprendre. Mais puisqu'en effet ils ne parvenaient pas à Dieu par la sagesse, il a fallu les sauver par la folie, et demander à la foi ce qu'on n'obtenait pas par la science.

Qtioniam non cognovissent per sapientiam Deuin, placuitpei'stultitiam prœdicationis salvos facere credénies. C'est cette folie delà foi que les Juifs ne veulent pas comprendre et qu'ils nomment une pierre d'argile, ccHoune si la foi, qui est la confiance de l'amour, n'était pas aussi durable et souvent plus invincible que la raison; comme si l'amour, qui est la raison de la foi, n'était pas aussi la raison de l'existence des êtres soumis aux recherches de la science. L'amour trouve ce que la raison cherche, il voit cequi échappe aux investigations de la science. Quand elle ne sait plus, il commence à croii'e, et quand la raison épuisée s'arrête et tombe au seuil de l'infini, la foi ouvre ses ailes, s'élance, déchire les nuages, fait descendre jusqu'à terre l'échelle lumineuse de Jacob et sourit doucement en tendant la main à sa sœur.

Peut-être les chrétiens ont-ils d'abord glorifié la foi de manière à faire croire qu'ils renonçaient à la raison ; c'est pour cela que les Juifs sont restés près de nous, sévères gardiens des traditions anciennes et protestant éternellement contre toutes les idolâtries. Ce sont des adversaires qui nous surveillent, qui nous avertissent et que nous ramènerons un jour en leur prouvant que toute la

dissidence qui les sépare de nous l'epose sur un malentendu.

On trouve dans les livres attribués à Hermès ces étranges lamentations du sage Trism^iste : Hélas, mon fils, un jour viendra où les hiéroglyphes Acrés deviendront des idoles ; on prendra les signes de la science pour des dieux, et on accusera la 'grande Egypte d'avoir adoré des monstres. Mais ceox qui nous calomnieront ainsi adoreront euxmêmes la mort au lieu de la vie, la folie au lieu de la sagesse ; ils maudiront lamour et la fécondité, ils rempliront leurs temples d ossements, ils épuiseront la jeunesse dans la solitude et dans les larmes. Les vieiçes seront veuves d'avance et s'éteiadront dans la tristesse, parce que les hommes auront méconnu et profané les mystères sacrés dlsis.

Ce que le prophète égyptien annonçait d'avance, les Juifs nous accusent de lavoir fait. Nous avons m^innu le vrai Dieu, disent-ils, et nous adorons la chair d'un pendu. Nous rendons un culte à ces reliques de la mort que Moïse déclare immondes. Nous vouons nos pnHres et nos religieuses h un célibat que réprouve la nature et que cfmdamne celui qui a dit aux êtres : Croissez et multipliez.

Quant à la morale de nos évangiles, ils confessent qu'elle est pure, ils ne reprochent rien à nos apôtres, et l'auteur du Sepher Toldos Jeschu dit que saint Pierre était un serviteur du vrai Dieu, qui vivait dans l'austérité et la pénitence, composant des hymnes et demeurant au sommet d'une tour; qu'il prêchait la miséricorde et la douceur, recommandant aux chrétiens de ne pas maltraiter les Juifs. Mais, ajoute le même auteur, après la mort de Céphas, un autre docteur vint à Rome et prétendit que saint Pierre avait altéré les enseignements du Maître. II mêla un faux judaïsme aux pratiques chrétiennes, menaça ceux qui ne lui obéiraient pas d'un enFer brûlant et bourbeux; il promettait aux multitudes un miracle en confirmation de sa doctrine; mais comme il relevait orgueilleusement sa tête contre le ciel, une pierre tomba du ciel et l'écrasa. Ainsi périssent tous tes ennemis, Seigneur, ajoute en finissant l'auteur du Sepher^ et que tous ceux qui t'aiment soient comme le soleil lorsqu'il luit dans toute sa force.

Ainsi, suivant les Juifs qui acceptent le Sepher Toldos Jeschu^ ce n'est pas le christianisme, c'est l'antichristianisme qui les repousse.

Or, l'antichristianisme apparut en effet dans

l'Église dès les pramiers siècles et du temps même des apôtres. L'antechrist, disait saint Jean, c'est celui qui divise Jésus-Christ, et il est déjà en ce inonde.

Ailleurs, cet apôtre écrit qu'il n ose visiter ses fidèles, parce qu'un prélat orgueilleux, nommé Diotrephes, les empêche de le recevoir.

Sachez, disait saint Paul, que déjà le mystère d'iniquité s'accomplit, en sorte que celui qui tient maintenant tiendra jusqu'à sa mort, puis se manifestera le fils de l'iniquité qui s'élève au-dessus de tout ce qui est divin, au point de s'asseoir dans le temple de Dieu et de se montrer lui-même comme étant Dieu, jusqu'à ce que le Seigneur le détruise par lesprit de sa parole et par la lumière éclatante de son second avènement.

Jésus était un vrai prophète et un vrai sage, disent les Musulmans , mais ses disciples sont devenus insensés et l'ont adoré comme un Dieu. Cependant, Juifs et Musulmans se trompent, nous n'adorons pas Jésus comme un Dieu différent de Dieu seul. Nous disons avec le Michael des Hébreux : Quis ut Deus ? Nous disons avec les croyants de l'islam : Il n'y a pas d'autre dieu que Dieu ; mais ce Dieu unique, indicible, universel.

nous Tadorons manifestant la perfection humaine en Jésus-Christ. Nous croyons à une alliance intime de la divinité avecThumanité, d où résulte, pour employer le langage des théologiens, non la confusion, mais la communication des idiomes, Dieu adoptant pour les guérir les faiblesses de l'humanité et revêtant cdte humanité qu'il élève jusqu'à lui de sa force et de ses splendeurs. Toute âme douée du sens intérieur qui adore, tout cœur souffrant du besoin d'aimer jusqu'à l'infini sentira que, dans cette conception sublime et dans celle-là seulement, l'idéal religieux se détermine et s'accomplit, que tous les rêves dogmatiques et symboliques n'ont pu être que la i^echerche et l'enfantement de cette synthèse, à la fois divine et humaine, que Dieu en nous et nous en Dieu avec Jésus-Christ ei par Jésus-Christ, c'est la paix, c'est la foi, c'est l'espérance, c'est la charité sur la terre, c'est dans le ciel l'éternité de la vie et du bonheur. Voilà pourquoi aucune religion ne remplacera jamais le christianisme dans le monde. Que pourrait-on ajouter à l'infini ? Quelle idée serait plus grandiose et plus consolante à la fois que celle de l'honune Dieu établissant par son exemple la grande loi du dévouement qui

réalise les sacrificee* et congacrant ainsi pour jafOBk TalUaHCP et comme F identification de Dieu avec rhumanité ?

Les anciens croyaient que toute vérité n'est pas bonne à dire à tous, du moins de la même manière* et ils cachaient la science sous les voiles d^ Tallégorie. C'est ainsi que les mythologies se N^mt formées. Ceux qui s ennuient des symboles m^lhologîques doivent renoncer à la science du \i^ux monde dont les monuments sont tous plus hw moins mythologiques.

Notre siècle qui, contre toute évidence, n admift pas en principe l'inégalité des intelligences, (iMeste la mythologie. On cherche, maintenant. des faits historiques et positifs jusque dans les théogonies de Sanchoniaton et d'Hésiode. Ce q^'on ne comprend pas, on le traite d'absurdités H de bêtise, et c'est ainsi que M. Renan, mutilant et estropiant les textes de la légende évangélique, a inventé sa prétendue Vie de Jéstis.

Le Jésus de M. Renan, espèce de pastoureau enthousiaste et livré à je ne sais quel onanisme intellectuel, à moitié fou et à moitié fourbe, faisant bon marché de tout, pourvu qu'on l'adore, »M. macéré toute la douce poésie dont l'entou-

rent les réminiscences vraiment chrétiennes de l'auteur, un être ridicule et odieux. Il n'en est pas ainsi du vrai Jésus de la légende évangélique.

Comment, d'ailleurs, M. Renan, qui est, dit-on, un hébraisant distingué, a-t-il ignoré ou négligé le Sepher Toldos Jeschu, les traditions talmudiq.ues et les évangiles apocryphes?

C'est que le génie symbolique faisait horreur à son imagination froide et positive. C'est qu'il voulait plaire aux ignorants dont la paresse intellectuelle repousse tout ce qui demande du travail pour être compris. C'est qu'il lui fallait un succès de vogue, et il faut convenir qu'il a parfaitement réussi.

Mais, arriver à plaire, ce n'est pas arriver à bien faire. Faites donc, pour réfuter M. Renan, quelque chose qui se fasse lire comme son livre, nous disait un grand artiste, qui, en cette circonstance, n'était pas peut-être un grand critique. Nous ne pouvons, au nom de la science, accepter ce défi. En disant la vérité on ne se fera pas lire aussi universellement ni aussi avidement tout à coup, mais on se fera lire par des lecteurs plus distingués, et plus longtemps.

L'ÉYaogile est un livi-e symbolique, ce qui De prouve pas que Jésus u*ait pas existé. Rousseau dirait que l'inventeur d une pareille histoire serait plus étonnant que le héros. Nous acceptons pleiuement cette parole. Le Jésus, assez grand par 1 intelligence et par le cœur pour créer cette admirable légende, est supérieur à celui qu'adore Mittemeut, ou que nie plus sottement encore le >uigaire ; il est vraiment l'incarnation toujours Muante du Verbe de vérité, et nous le saluons Fils •le Dieu dans tout le resplendissement et dans (oate Ténergie du terme.

Jusqu'à présent on n'a vu, de l'Ëvaugile, que ia lettre qui tue et Técorce qui se dessèche; nous ^euons en révéler l'esprit et la vie. Mes paroles, (lisait Jésus, sont esprit et vie, et, pour les compnjudre, la matière et la chair ne ser\'ent de rien.

Mais, pour expliquer ce texte sacré, quelles Mjnt nos autorités?

La science et la raison.

— Mais la foi les a expliqués autrement.

— La foi aveugle, oui ; la foi éclairée, non.

— Mais Dieu seul peut éclairer la foi.

^ Oui* par la raison et par la science qui sont auMÎ tilles de Dieu.

Gela dit, commençons notre étude.

Christ veut dire oint ou sacré, ç est-à-dire prêtre et roi.

Le christianisme, c'est la religion hiérarcbique des âmes et la monarchie du dévouement le plus parfait.

Le christianisme primitif des apôtres de Jésus était une doctrine secrète ayant ses signes, ses symboles et ses différents degrés d'initiation.

Pour les saints ou élus le dogme chrétien était une haute et profonde sagesse ; pour les simples catéchumènes, c'était une merveilleuse et obsQure révélation. Nous savons que le Maître ne s'exprimait jamais qu'en paraboles et cachait la vérité sous le voile transparent des images, afin de protéger la science nouvelle contre les blasphèmes de l'ignorance et les profanations de la méchanceté : « Ne jetez pas vos perles devant les pourceaux, disait-il à ses disciples, — de peur qu'ils ne les foulent aux pieds et que, se tournant contre vous, ils ne vou3 dévorent. » Aussi, Jésus ne mitil rien par écrit et laijssa-t-il à ses apôtres ses traditions et sa méthode d'enseignement.

Or, voici quel était le fond du dogme chrétien :

L*iDtelligence est étemelle ; elle est expansive parce qu elle, est vivante. La vie de rintelligence, son expansion, c'est la parole, le Verbe ; le Verbe est donc étemel comme Tintelligence, et ce qui est éternel, c'est Dieu.

Le Verbe se manifeste par l'action créatrice qui produit la forme, il s'est revêtu de la forme humaine, et la chair devenue le vêtement du Verbe a été le Verbe même quand elle en a ^ié l'expression exacte : ainsi le Verbe s est fait

Le Verbe parfait, c'est l'unité divine, exprimée dans la vie humaine. L'homme véritable, c'est notre Seigneur, le chef dont tous les fidèles sont les membres. L'humanité, constituée sur une échelle hiérarchique et progressive, a pour chef celui qui est Dieu, parce qu'il est en même temps le meilleur des hommes, celui qui est mort pour les autres afin de revivre dans tous. Nous ne sommes donc tous qu'un même corps dont l'âme doit être celle de Jésus-Christ, notre prototype et notre modèle, le Verbe fait chair, l'Homme-Dieu.

Tout doit donc en principe être commun entre nous comme entre les membres d'un même corps ; mais, en fait, chaque membre doit se contenter du

rang qu'il occupe, et Tordre hiér-archique est sacré comme la volonté de Dieu.

Le Christ, en révélant la loi d'uuitë, qui est la loi d'amour, a armé l'esprit de puissance pour vaincre Tégoïsme de la chair, qui est la division et la mort, et il institua un signe nonmié Communion, pour Topposer à Tégoïsme, qui est l'esprit de division et de partage.

Or, la conmiunion n'était autre chose que la charité figurée par une table commune, et comme le Christ avait livré sa chair à la douleur et à la mort pour léguer à ses fidèles le pain fratei-uel auquel il attachait dans l'avenir sa pensée persévérante et sa vie nouvelle, il leur disait : Mangezen tous, ceci est ma chair ! comme il disait du vin de la fraternité : Buvez en tous, ceci est mon sang, car je le répandrai tout entier pour vous assurer à jamais la réalité de ce signe.

La communion, c'était donc la fraternité divine et humaine, et par conséquent aussi la liberté; car où peut être l'oppresseur parmi des frères dont le père est Dieu même?

Le christianisme était donc le changement le plus radical et venait bouleverser le vieux monde. Cela explique assez la nécessité des mystères, car

le monde, il y a du-huit ctnits ans, do>ttil iMio enœre moins dispost^ qu'aujoimrhui i^ so hÙHMi détruire : il avait plus longtemps h \\mv.

Toutefois, le Christ ne voulait arooniplir dt< révolutions que par la force morah\ Hachant liion qu'il n*y a que celle-là qui ne Koit point uvnuKlt^ : il avait planté le grain de sénevé, et il dimiit h non disciples d'attendre larbre ; il avait caché In li^vain dans la pâte et il voulait qu'on la laiNnAt lcrmr*nli*r,

La vîe du Christ était toute ^lauN mi doctrini^ i*l , pour ses disciples surtout, son Hx\%U*tuu* tU^mt Mre toute morale. Ce qu'il dis^ït. il U* fai^it dhiin le domaine de Teî^prit ; cV-st pfiurqiiof J^j* Jivi< ' évanséliques or»ntieDiHfnt 1^ d/vr/Mf ^ Ih uuff^tU' An parabil»^. H *-/u»-f;t 1^ HhUth Wi^ut^itu', #-.* le sujrt des fw >> aJl^-.r:';*.^ ^*' i^ k^/A:^^

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