‹ Philosophie occulte (volume 2)Chapitre 5 sur 62 · DEUXIÈME LÉGENDE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME LÉGENDE

COMMENT DIEU TOULUT QU'UN VIEUX COMPAGNON GHARPENTIER ÉPOUSÂT UNE VIEBOE DU SANG ROYAL.

il y avait alors, dans la tribu de Juda, un bon vieillard nommé Joseph, charpentier de son état, homme veuf et père de plusieurs enfants, grand travailleur, bien que médiocrement habile, simple dans ses pensées, mais équitable dans ses jugements, ce qui l'avait fait surnommé le Juste, le véritable modèle de l'homme du peuple, le type du vrai prolétaire.

C'est à lui que devait être confiée la Vierge, parce que le pauvre peuple sait ce que coûte la famille et comprend mieux que personne la sainteté du foyer, la pureté de la jeune fille, et la di- (rnité de la mère.

Joseph donc, ayant entendu sonner les trompettes du Temple, qui annonçaient la quatorzième année depuis la naissance de Marie, jeta sa hache et vint à Jérusalem.

Là se trouvaient des jeunes gens de toutes les tribus qui désiraient la beauté de Marie; tous songeaient à la joie qu'ils auraient de la posséder; Joseph pensait au bonheur d'être son ami et de travailler pour la nourrir en la laissant maîtresse d'elle-même.

Le grand-prêtre dit aux jeunes gens : Prenez en main des baguettes, et celui dont la baguette fleurira et sur la tête duquel la colombe se reposera, celui-là sera l'époux de Marie.

Mais, lorsque Marie r^arda, elle ne trouva fleurie la baguette d'aucun de ces prétendants, qui voulaient devenir ses maîtres, et la colombe ne trouva pas oh se reposer.

On appela alors, par dérision, le vieux Joseph qui se tenait à l'écart, et ce fut lui qui eut la baguette fleurie.

Alors la colombe se reposa et Marie lui tendit la main.

Joseph lui dit :

— Gomment le Seigneur m'a-t-îl. choisi pour

être votre époux? car je suis vieux et j'ai de grands enfants.

Marie lui dit :

— Vous êtes juste et vous n'opprimerez pas la vierge que Dieu vous confie. J'ai promis à Dieu que je ne serais pas la servante d'un homme, servez-moi de père.

Car tous ces jeunes gens qui sont ici me désirent sans m'aimer, et je ne consentirai jamais à l'outrage de leurs désirs.

Joseph lui dit :

— Qu'il en soit ainsi, et il l'emmena dans sa maison à Nazareth, où il la laissa et retourna travailler à Gapharnatlm.

Or, Marie était de race royale et sacerdotale, et elle apporta en dot, à l'ouvrier Joseph, l'hérédité de la royauté et du sacerdoce.

Ainsi , pour avoir compris la dignité de la Vieige, et s'en être fait le protecteur, le simple ouvrier devint prêtre et roi, et le monde changea de maîtres.

Car Marie n'avait choisi, pour son gardien, ni an prêtre, ni un roi, mais un pauvre vieux charpentier nonuné Joseph, et cela parce qu'il était juste.

Et ce fut là le commencement de ce royaume de la justice qui, malgré tous les efforts des méchants, s'établira enfin sur la terre.

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