COMMB MAKIE A ÉTÉ PRÉS£NTÉ£ AU TEMPLE TROIS FOIS
Toutefois, ainsi que disent les saints évêques îpiphanus, Garisius et Basilides, Marie a été présentée au temple trois fois ; mais Vicentibus, au miroir des histoires, et plusieurs écrivent que quand elle eut trois ans, elle fut offerte au temple, où elle demeura un bon espace de temps, car premièrement elle fut offerte au temple par sa mère quatre-vingts jours après sa nativité, avec don à la purification, suivant le commandement de la loi, que, quand une femme avait une fille,
elle dejtteuraitquatre-vingls jours hors do temple, et si c'était un fils, die devait demeurer quarante jours, la cause pourquoi était-elle, ainsi qu'écrivent les maîtres de la nature, un fils reçoit la vie au ventre de sa mère, la moitié plus tôt qu'une fille. Quand Anne eut offert Marie au temple avec l'offrande accoutumée, elle la ramena incontinent avec elle à la maison. La seconde présentation a été faite au temple, quand Marie était à l'âge de trois ans, comme il est dit ci-dessus. Peu de temps après fut encore ramenée en la maison de ses parents, et demeura jusqu'à ce qu'elle eut sept ans ; et pour la troisième fois fut derechef offerte au temple, où elle demeura jusqu'à l'âge de quatorze ans.
GOMMB UL PBÉSSNTATION DE MARIS AU TBMPLB ▲ KTÉ PRÉFIOVRÉE AUPARAVASIT.
La présentation de Marie est préfigurée au temple par la table qui fut trouinée au Sorbi(m, dont parle Scholastica Historia. Comme les pécheurs tendirent un jour leurs fil^s eo la mer, quand ils les tirèrent à bord, ils y trouvèrent une table d'or, qu'ils préseatèreot au soleil nartureU
car ils teaaient et adoraient le soleil poor lear
IKeu au temple du soleil, qui, sur la rive de la
mer, était édifié. Par laquelle table Marie est
pleinement préfigurée; par la fille de Jephté,
dont il est écrit en la Bible, au livre de Judieum,
qu'elle fut ofiferte indiscrètement, car elle ne
pouvait plus après servir Dieu ; mais Marie a été
offerte avec discrétion, servant Dieu tous les jours
de sa vie.
COMME MAIUE FUT PRÉSENTÉE AU TEMPUS, ET T DEXEimi JUSQU'A l'A«E de QUATOBZE AlfS.
Alors Marie fut présentée au temple; elle y de* meara jusqu'à l'Age de quatorze ans, et fut colloqnée avec les autres pucelles, qui aussi étaient agréables à Dieu ; elle apprenait la loi de Moïse, serviteur de Dieu. Elle délibéra en son cœur de prendre Dieu pour son père et ses parents, et pouvoir dire avec David : Père et mère m'ont délaissée, mais le Seigneur m'a reçue. Elle se laissa enseigner des prêtres en la loi mosaïque, pensa en son cœur quelle chose elle pourrait faire ponr être plus agréable à Dieu, et à cet an pria incessamment le Seigneur qu'il lui ftt et donnât la
grâce de faire sa volonté, qu'elle pût garder les commandements de la loi, et que sa volonté fût unie à la sienne, et pût aimer tout ce que Dieu aimait, et aussi haïr ce qu'il hait, et avait en elle toutes les vertus par lesquelles elle pouvait plaire à Dieu, poursuivait et croissait journellement en toutes vertus et en sagesse par-dessus toutes les jeunes vierges, qui étaient là; toujours contemplait Tinfinie bonté divine sur la réparation da genre humain. Elle priait Dieu souvent et parfois lisait la sainte Écriture, d'autres fois cousait aui vêtements du temple, comme faisant nouveaux ornements, et raccommodant les vieux habits, et les nettoyant selon que les prêtres du temple lui ordonnaient; car en semblable ouvrage s'exerçaient les pucelles du temple. Quand elles; venaient en Tâge d'être mariées, comme de quatorze ans, on les envoyait à leurs parents pour être mariées. Marie avait aussi coutume de s'exercer à la lecture de l'Écriture sainte et de la venue de Notre-Seigneur, dont elle fut trouvée la plus sage de toutes celles qui étaient au temple, augmentant en humilité, plus haute en charité, plus servante en chasteté, et plus parfaite en toutes vertus ; elle était aussi constante en tous bien-
faits, et immuable en courage. Jamais on ne la vit en colère, ses paroles étaient pleines de douceur; en sorte que par la langue on la pouvait connaître de Dieu. Elle était soigneuse de ses compagnes, en les gardant qu'elles n'offensassent Dieu ou leur prochain, ou donnant de mauvais exemples, ou provoquassent quelqu'un à dire, ou fissent tort à personne. Sans cesse louait Dieu, et priait pour le salut du genre humain ; et quand ou la saluait, elle répondait : Deo grattas. Il est vraisemblable que d'elle est venu cet usage, que quand les gens de bien sont salués, ils répondent : Deo gratias. Marie voua aussi à Dieu sa chasteté, dont il n'y avait point eu d'exemple, car aucunes filles, dès le conunencement du monde, n'avaient fait le semblable, en sorte qu'elle fut la première vouant à Dieu sa chasteté. Elle se con* duisait en toutes ses affaires si sagement, que sa vie était à toutes gens un miroir de bonnes mœurs et vertus, comme écrit d'elle saint Ambraise, croissant journellement en sainteté, et fut tous les jours visitée des anges, et eut visions divines. Saint Jérôme écrit en une épltre aux saints évêques Cramario et Heliodato, que Marie s'était réglée tellement, que depuis le matin jufr*
qu'à prime, elle était en oraison, et après oUe vaquait à faire quelques œuvres manuelles jusqu'à rheure de tierce et de sezte, que l'ange lui apportait sa réfection; après elle retournait à son oraison, tellement que jamais elle n'était oisive, soit qu'elle priât Dieu, méditât ou fit quelques bonnes œuvres; elle demeura au temple dans cet exercice jusqu'à l'âge de quatorze ans.
▲PRÈS QUE JOACmM ET ANNE EOEENT PRÉSENTÉ LEUR FILLE AU TEMPLE^ ILS RETOURNÈRENT EN NAZARETH.
Après que Joachim et Anne eurent présenté leur fille Marie à Dieu, au teiD|>le, et demeuré uu peu près d'elle, louant et bénissant le Seigneur de ses bénédictions qu'il leur avait montrées, retournèrent en Nazareth, et avaient été trois jours en chemin, allant à Jérusalem, ils furent sembiablement trois nuits, et prirent uu même logis que devant; en chemin il arriva plusieurs miracles, lesquels semblaient être contre le cours de la nature, je les passerai sous le silence.
COMME JOAGHIir TRÉPASSA LA MÊME ANNÉE QV'ïL EVT PRÉSENTÉ MARIE AU TEMPIE.
lucootinent que Joachim et Anne eurent présenté leur fille Marie à Dieu au temple, et furent retournés à la maison, la même année Joachim devint malade, et pria Dieu qu'il le voulftt rece- ^ir comme il avait fait de ses prédécesseurs; ainsi qu'il était au lit malade et sentait approcher la mort, il appela Anne sa femme, disant : Ma femme Anne, l'heure est venue que je prendrai repos avec nos pères. Je te prie de me faire mettre dans le tombeau de mon père Barphanter, et de cheminer le reste de ta vie dans les commandements du Seigneur. Ayez souvent mémoire avec gratitude envers Dieu des bienfaits qu'il nous a montrés ici-bas ; ayez aussi souvenance de la promesse de notre fruit au salut de tout le monde, car je m'en irai aux limbes et annoncerai à nos pères la miséricorde de notre Dieu, afin qu'ils soient consolés, attendant leur délivrance, et quand tu feras savoir mon trépas à notre fille Marie, dis-lui qu'elle prenne la mémoire de moi gravée en son cœur comme le soleil au fimia-
ment. Et quand il eut dit cela, il rendit sod esprit à Dieu ; ce qu'Anne voyant, elle se prosterna en terre, pleurant de bonne affection et amour cordial dont elle l'aimait. Elle ordonna qu'il fût oint de précieux onguents, et le fit mettre près de son père, suivant son ordre, et demeura sur sa sépulture, se lamentant et r^rettant son trépas, et après retourna en sa maison^ où elle continua à pleurer l'espace de quarante jours.
GOMM£ ANNE. ÂPRES LE TRÉPAS DE SON MARI, PAR L£ COMMANDEMENT DE I/ANGE, PRIT UN AUTRE MARI, NOMMÉ GLÉOPHAS.
Un an après le trépas de Joachim, Anne prit ses habits solennels, les voulant défaire et donner aux pauvres, disant : Dorénavant ne seront trouvés de moi aucuns habits solennels, ainsi vêtirai habits viduaux et de deuil, pleurant le trépas de mon mari ma vie durant. Et conome elle prit un couteau pour couper ses vM^nents, l'ange s'apparut à elle, disant : Anne, tu ne rompras point tes vêtements, mais tu auras souve-
nance comme Dieu t'a rendue féconde lorsque tu étais stérile, et envoyé un fruit très-salutaire, dont n*a été et ne sera jamais le semblable, duquel sortira le Fils de Dieu étemel, au salut de tout le monde. Par ainsi te faut être obéissante à Dieu, et prendre à mari celui que je te nommerai, lequel devant Dieu est trouvé juste, ap* pelé Cléophas; tu auras une fille dont seront nés de grands honmies, qui soutiendront la foi chrétienne, et combattront jusqu'à l'effusion de leur sang, après recevront la couronne du martyre, lesquels il veut faire premiers de tout le monde; ils seront assis sur des sièges, jugeant les douze lignées d'Israël. Anne, crois-moi et suis mon conseil, car pour cela Dieu m'a envoyé vers toi, ôte tes habits de deuil, et habille-toi solennellement, et tu accompliras le vouloir de Dieu. Quand Anne eut oui ce que l'ange lui avait dit, elle se mit à genoux en remerciant Dieu, et épousa Cleo» phas, duquel elle conçut et enfanta dedans l'année une fille, comme l'ange lui avait prédit, qui fut nommée Marie^ pour la révérence de sa première qu'elle eut de Joachim ; et avant qu'elle accoucfaflt, Cléophas, son second mari, trépaita, laissant sa femme enceinte. Anne, voyant cela, fut
remplie de tristesse, disant : 0 (jne j|a $>tti& désolée ! quand serai-je réjouie du fruit que je porte? Il me survient grand ennui, car la fille qui de moi naîtra ne cannattra et ne yerra jamais son père^ et en cet ennui fut Anne, attendant le jour de son accouchement, et Theure venue, elle eafajata une fille qu'elle fit nommer Marie. Quand cette fille fut en âge de se marier, et par le conseil de sa mère, prit un homme de bien craignant Dieu, nommié Alphéus, duquel sont issus saint Jacques le Mineur, saint Alphéus, pu Judas son autre nom, et Joseph le juste, qui furent apôtres de Jésusr-Christ. £t ainsi pleurait Aime derechef la mort de son mari Gléophas, et un an après elle dit en soi-m.êmo ; J'ai maintenant accompli la volonté de Dieu, et dorénavant ne veux être en wmpagme d'homme. Et incontinent qu'elle eut dit Gi^la, range vint à elle, disant : Anne, tu sais bien que tout ténv)igiiageest posé en nombre ternaire; pour ce, qu'il te faut prendre un troisième mari, qui a été trouvé juste devant Dieu, nommé Salomé, duquel tu concevras et enfanteras une fiUoque tu Aommeras M^ti^^ conune les autres ; d'elle naîtront deuxprin€«s qui régneront sur les douze lignées d'Israël, et Dâeu fera d^ choses
merveilleases par eux devaut tout le mon(ie, C'est pourquoi, Anne, réjouis-toi de tas enfantjs; car Dieu ^put faire des choses piervexlleuse^ mv \?i terre par eux, et ce qui descendra de toi receyi^ bénédiction étemelle; par quoi consens à m^s paroles, car après le trépas de trois maris tu resteras yeuTO comme il ta été ordonné.
GOMME ANNE FRIT SON TROISIÈME MARI, NOMMÉ SALOMÉ^ SUIVANT LE COMMANDEMENT DE l'aNGE.
QuaD4 Anne eut entendu l'ordonnance de 1 ange, elle béait Dieu, qui en toutes ses œuvres est merveilleux, prit le troisième mari, nommé SalofTié, et vivaient ensemble justement et en la crainte de Dieu, gardant ses commaIldem^nts. Quan4 ils eurent été un an epsemble, Apae cpf^- Qut et enfanta pne ^lle, qu'elle fit nommer èfarifi, qijii, étai^^ en âge de se ifmvàv^ oij la maria à un piersoflinage très-pieu^, nommé Ziebedms^ dont elle conçut et enf^pta deu:i^ entants, cotres de Di^u, Japqi^Qs le Maj.eur et saint jQ9ja révangiélisje. Quelque temps *près, Salomé trépassa, et Anne le pleura comm^ eUe
avait fait de ses autres maris ; après la mort duquel Anne quitta tous ses joyeux et beaux habits, proposant de vivre le reste de sa vie en austère pénitence, comme elle fit.