‹ Philosophie occulte (volume 2)Chapitre 60 sur 62 · LE CORPS D£ SAINTE AJNIŒ FUT ENTERRÉ · texte numérisé non relu

LE CORPS D£ SAINTE AJNIŒ FUT ENTERRÉ

Quand Jésus et Marie sa mère avec leur compagnie eurent été près d'Anne Téspace de vingt jours, et qu'elle fut trépassée, ils portèrent son corps en Nazareth, Teignirent d'onguents précieux, parce que la mère du Fîls de Dieu était sortie de ses entrailles, Fenterrèrent auprès de Joachim son mari : ils demeurèrent jusqu'au dimanche au soir : étant enterrée, ils la pleurèrent pendant quarante jours.

CONCLUSION DE L AUTELU FOUR FORTIFIER CE QOi DE L4 YIE DB SAINTE

Comme rien n'est impossible à Oiea^ il m iMi nullement douter des grandes merveilles que Dieu a opérées en ceux qui ont vécu saîntemoMt sur la terre; c'est pourquoi nous voyons dans la vie des saints et saintes que Dieu leur a aoeorlé ie don de faire une ininité de miraclaSt et des extraordinaires par la vertu de soB aaiiii nom.

Geax qui ont réclamé et qui réclament dévotement sainte Anne, ont ressenti les e£Fets de sa puissante intercession auprès de Dieu.

Ainsi, au commencement (Archos), était la lumière (la dame des jours, Émérantiana), et la lumière enfanta la grâce, et la grâce enfanta la beauté sans tache, qui fut nonunée Marie. Ainsi commence cette légende qu'on pourrait appeler TéYangile de la Vierge.

Anne, conune sa fille Marie, se sanctifie dans les douleurs, car le génie du christianisme c'est le sacrifice.

L'innocent sacrifié pour le coupable! Quelle injustice ! dira Michelet . 0 philosophe de l'amour I pouvez-YOus appeler injuste un sacrifice Yolontaire?

Le christianisme, c'est la grâce, parce que c'est le sacrifice.

C'est le devoir préféré au droit, parce que l'homme, en effet, n'a pas d'autre droit que celui de faire son devoir.

Et le christianisme lui dit que son devoir, c'est de se sacrifier pour les autres.

C'est en cela que le christianisme est surhumain.

C'est pour cela que si les fables païennes Justement admirées par Michelet, sont la Bible de l'humanité, rÉvangile est et restera le Testament de la Divinité.

Michelet, dans son livre, affecte de diviser la grftce et la loi, et de les opposer l'une à l'autre.

Gomment ne comprend-U pas qu'au lieu de les diviser il faut les réunir, et que la grftce sans loi, mais aussi la loi sans grftce, sont deux souveraines injustices?

Son livre a toutefois ceci de grand et de vrai, qu'il démontre la grande et unique religion de l'humanité, toujours révélée à la foi par le génie, et toujours la même sous les voiles de toutes les mythologies et de tous les symboles.

M. de MirvUle lui-même, ce diaboliste incorrigible, rend hommage à cette merveilleuse unité du dogme universel, qui est la catholicité des nations.

La haute philosophie de la nature, cachée sous les voiles de l'allégorie, a créé les mythologies

qai se contina«it et se compièteiit dans noi lé-

La légende de sainte Anne tient à ce oycle d*in génîeuses fables chrétiennes qu'on appelle té^ gende dorée.

dette légende, où Tesprit symbolique du chris«* tianisme primitif se mêle aux naïves croyaiices du moyen âge, nous a semblé digne d*ètre repro* duite et conservée. On y trouTe quelque chose d'analogue à la belle fable de Psyché. La gra-* eîeuse, la fillodela lumière, o*est Tàme humaine, qm a enfanté le mythe sublime de Marie, mère de Jésus.

Elle perd ses enfants comme Psyché a perdu TAmour , et )ee cherche à travers les plus rudes épreuves. Elle est livrée à la malignité du mau-* ma ange comme Psyché à la colère de Vénus; mais le démon qui la traîne à travers les pierres aiguës et tranchantes la conduit cependaDt au but. Elle retrouve ses enfants après tant de fatigues, et s'endort pour Tétemité sur la poitrine de iésus.

Le sacrifice : voilà le grand mot du christianisme, et c'est ce que les Renan et les Midiielet ne comprennent pas. Le sacrifice est au-dess*as

de toute justice, et c est pour cela qu'il eit la raison suprême de la grftoe.

La nature est bellb sans doute . tnais elle est pleine de mort et de corruption. C'est le sacrifice qui la transfigure et qui la conserw; la tiature sacrifiée s*élève au-dessus d elle-même dt de^ vient surnaturelle. Nous a\ons dit que le surnaturalisme n'est que le naturel exalté. Oui, exalté ('t divinisé par le sacrifice.

Sacrifice de Tesprit par la foi; sacrifice de la volonté par Tobéissance; sacrifice dos sens par laustérité; sacrifice de la vie même par le martyre. Chrétiens! voilà vos titres à l'immortalité. Les anciens l'avaient compris lorsqu'ils inventaient le dévouement sublime, les pérégrinations, la virginité et le martyre d'Antigone. Psyché n'épouse l'Amour qu'après avoir poussé l'obéissance jusqu'à la mort. Hercule ne monte glorieux au ciel qu'après avoir arraché, lambeau par lambeau, avec sa chair saignante, la tunique de Déjanire.

Souffrir pour être fort, mourir pour renaître immortel.

Voilà, suivant le symbolisme religieux univer- M*l, l'unique clef des grands mystères.

Résumons-nous.

L'esprit de sacrifice est esprit de Jésus-Christ . L'esprit de Jésus-Christ est celui de Dieu et de l'humanité, et la science des esprits n'est autre, si on la comprend bien , que la science de l'Évangile.

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