‹ Philosophie occulteChapitre 10 sur 242 · LE POËTE ET LA CIGALE · texte numérisé non relu

LE POËTE ET LA CIGALE

Méènent devant les dieux une existence égale, Et confiant leur vie aux faveurs du soleil, S'endorment sur la foi de l’horizon vermeil !

Une piqûre importune

Vient l’interrompre; il croit voir

S’agiter comme un point noir :

La fourmi difforme et brune,

L’avare et sotte fourmi

Qui ne chante pour personne,

Prêle peu, jamais ne donne,

Et ne connaît pas d'ami.

Il veut écraser la bête ; Mais la cigale, en chantant, Attendrit son cœur content :

Peut-on, lorsqu'on est poëte Avoir un cœur sans bonté Et sans générosité ?

La cigale, qui devine,

Dit au vieil Anacréon :

— En épargnant ma voisine, Tu m'as payé ma chanson.

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