‹ Philosophie occulteChapitre 33 sur 242 · LE BONZE ET LE CHINOIS · texte numérisé non relu

LE BONZE ET LE CHINOIS

Un vieux bonze un jour s’enivra, Et le voilà sur une place, Chantant, se dandinant et faisant la grimace, Tirant la langue, et cætera.

Un Chinois qui passait alors se prend à rire; Et le vieux bonze de lui dire :

— Va-t'en, monstre d’impiété, Ou prépare ton âme au sort le plus sinistre.

Non content d’insulter à ma caducité, Tu te moques du ciel dont je suis le ministre. — Halte à! répond le rieur, Et ne confondons pas le prêtre et le buveur ; Ce n'est pas la vertu qui te rougit la trogne. Crois-tu donc en buvant griser les immortels ? Ne puis-je respecter les dieux et leurs autels, Et me moquer d'un vieil ivrogne !

FABLE VI

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