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LES TOURTEREAUX ET LA CORNEILLE

Puis à leur tour se moquant d'elle, Ils la maudirent en fuyant.

Jls avaient raison, la vieillesse

Ne doit pas troubler la jeunesse

Dans le rêve de 5es beaux jours.

laissons à l’âge d’or ses naïves eruvanes,

Ce sont les folles espérances

Qui font les plus sages a0çQurz

FABLE III

PYGMALION

Lorsque Pygmalion, sous sa main trop savants, D'un marbre que l’amour toucha de son flambeau Sentit la forme vivre et la chair frémissante Repousser le ciseau, Il aima son ouvrage, il jouit de son rêve ; Il commença le jour qui jamais ne s'achève, Le jour de l’amour éternel :

Tant d’orgueil palpitait dans son sein paternel! La fable ne dit pas comment finit l’histoire ; Voulez-vous l'apprendre , en voici Le dénoûment en raccourci.

D'abord ce furent des caresses,

Des transports, de folles ivresses ! ‘ La statue animée avait des veux ardents

Et des lèvres toujours avides,

Des couleurs riches et splendides ;

Mais c'était du marbre au dedans,

C'était un beau front sans pensée ;

PAIE PIGMALYON. : 55

a bouche était brülante et son âme glacée. 1 jour, en s’éveillant, le statuaire eut peur ;

Il crut n'avoir fait qu'un vain songe, on bonheur lui parut un douloureux mensonge.

quitta Galatée avec un cri d'horreur :

Pourtant elle était toujours belle, ien ne prouväit encor qu'elle fût infidèle.

Que lui manquait-il donc? — Un cœur.

h! pauvres amoureux de nos filles de marbres !

n trouvait autrefois des nymphes dans les arbres, ais on trouve aujourd’hui bien plus souvent, je crois, es écorces de femme avec des cœurs de bois.

FABLE IV

L'ENFANT ET LE CRAPAUD

Un jeune et bel enfant jouait dans la prairie; Tout à coup, dans l’herbe fleurie, Il distingue un objet qui bondit lourdement.

* Horreur! c’estun crapaud! Voilà mon garnement Qui, sans savoir pourquoi, s’enflamme de furie : Il saisit une pierre et manque l’animal.

— Je ne t'ai jamais fait de mal, Lui dit d’un ton de doléance Le pauvre monstre sans défense.

Je suis le destructeur des insectes impurs, Fléaux de ta récolte et de tes raisins mûrs.

Les crapauds, poursuivis par des haines cruelles, Devraient être sacrés comme les hirondelles, Enfant, au nom de ta beauté Et des caresses de ta mère, Ne jette pas une autre pierre, Et du ciel qui t’a fait imite la bonté.

L'enfant était léger, mais son âme était tendre,

L'ENFANT ET LE GRAPAUN \LS

Il ne savait quel parti prendie.

auvre crapaud, dit-il. — N'importe, il ot aoun, Puis on dit qu'il est venimoux, J'en ai pitié , tuons-le vite.

uis, les larmes aux yeux, il meuririt copendunt Le triste animal, qui palpite Et qui meurt en le regardant,

Souvent la crédule innocence

{ cruelle en frappant ce qui choque ses yes, Et les crimes Les plus nosnhreux Sont les crimes de l'isneorasu:e,

FABLE V

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