‹ Philosophie occulteChapitre 45 sur 242 · LA LOCOMOTIVE ET LE CHEVAL · texte numérisé non relu

LA LOCOMOTIVE ET LE CHEVAL

Moi, de la meute en feu je comprends les abois; J'écoute, en frémissant, la trompette guerrière; Intelligent et fort, indomptable et soumis, De mes narines enflammées Je souffle la terreur ; j’affronte les armées, Et je mords le poitrail des coursiers ennemis. — Oui, tout cela me plait, surtout en poésie, Dit la locomotive, et j'ai bien moins que toi, J'en conviens, une forme élégante et choisie, Mais je marche... Cours après moi!

Aimables courtisans de la muse fleurie,

Vous vous plaignez en vain de la froide industrit Du progrès les chemins sont là;

Poëtes mes amis, courez, devancez-la.

FABLE XVIII

D'un singe malfaisant, et qui par la fenêtre Jetait le trésor de son maitre, La Fontaine nous a parlé.

Or, voici la fin de l’histoire.

Le pauvre homme pleurait son trésor envolé,

Et le singe avait peur, comme vous pouvez croire. L'animal alors s'avisa

D'essayer de la ruse ct de payer d’audace.

Il regarda son maitre en face,

Puis prenant de grands airs, 1l le moralisa :

— Peut-on d’un vil métal pleurer ainsi la perte, Et s'appeler homme! quand moi,

Pauvre singe, j'ai pu le jeter sans émoi Par la fenêtre encore ouverte.

Un monceau d'or vaut-il un instant de gaieté! | Peut-il racheter une lärme! .

I vous ensorcelait, et j’ai rompu le charn

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C'est trop peu, dit le singe. — Oh! c’est encor lois un châtiment à ta belle conduite; [beaucoup. Te traitant suivant ton mérite, t'indemnise encor, je suis clémentet bon.

Le singe refusa, dit-on, Un jour, deux jours, mais le troisième faun le réduisit à demander lui-même Deux coups de fouet pour un denier.

Le maître se faisait prier ; lorsque l'animal étrillé d'importance il assez de deniers pour payer sa pitance :

- Crois-moi, lui dit le maître, abjure un sot amour Pour ce métal cher aux esclaves ; che dompter la faim, méprise tes entraves ; Daigne m’enseigner à ton tour ‘usage de ces biens dont j'ai pleuré la perte: La fenêtre est encore ouverte.

— De gràce, vendez-moi du pain, itl'animal guéri de sa philosophie, tque votre clémence encor me gratifie k quelques coups de fouet pour me nourrir demain.

« dédain pour l'argent est fort noble sans de

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