‹ Philosophie occulteChapitre 58 sur 242 · L'ENCHANTEUR ET LA SULTANE · texte numérisé non relu

L'ENCHANTEUR ET LA SULTANE

Jadis un enchanteur fameux Fut amoureux d’une sultane.

Sur une moelleuse ottomane La belle était couchée, et ses mains, ses cheveux, Se couvraient chaque jour de bijoux merveilleux. Tout fleurissait près d’elle au gré de son sourire. Voulait-elle des chaines d’or, Des griffons, des lutins, une bague, un trésor, Elle n'avait qu’un mot à dire.

L'enchanteur était un géant Qui d’un coup de massue eût brisé des tourelles: Mais quand le faible Amour le touchait de ses ailes, Il soupirait comme un enfant.

Sur un tapis d'Alep, mollement appuyée, La sultane bâillait et semblait ennuyée.

— Beau sire, disait-elle à son amant jaloux, Que me font vos trésors! ce que j'aime, c’est vous. Mais quoi! ne sauriez-vous devenir moins terrible? Les enchanteurs, dit-on, savent se transformer,

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