PRÉFACE. IX
bwjeurs La meilleure; mais le bonhomme ne devine pas que le plus fort devant les lois éternelles de la Providence, c’est en définitive le plus juste, et que l'agneau doit triompher du loup qui le dévore.
Quelle différence y a-t-il entre l'agneau allégorique de la fable de la Fontaine et l'agneau également allégonique qu'on figure sur nos autels? L'un représente h faiblesse toujours vaincue, l’autre la douceur défalivement victorieuse. L'un est une pauvre bête lichement opprimée, l’autre est un Homme-Dieu généreusement sacrifié; l’un est l’esclavage sans esperance du vieux monde, l’autre est la rédemption du monde chrétien.
La morale de la Fontaine est donc celle des instincts. Elle est essentiellement naturelle et ne s'élève guère
jusqu'aux aspirations divines. C’est, si l’on peut parler ainsi, la comédie animale de l’humanité. Cette comédie se termine par une aspiration mélancolique à la retraite et au recueillement dans la belle fable du Juge arbitre, de l’Hospitalier et du Solitaire. Nousreprenons l’œuvre où il l’a laissée et les animaux allégoriques, humanisés par lui, spiritualisés par nous, deviennent pour nous des symboles.
Ce symbolisme nous ne l'avons pas inventé, il