LE LIERRE ET LE LAURIER
Un laurier frappé du tonnerre (Et l'on dit que la foudre épargne le laurier!) Étendait sos rameaux sur l'humide gravier, Une racine encor l’attachait à la terre ; Et le passant marchait sans lui vouloir du mal Sur son feuillage impérial.
Près de là, sur un chêne aux bras tordus et sombres, Un lierre parasite, étroitement serré Autour du tronc robuste élargissant les ombres, Montait victorieux jusqu’au ciel azuré.
De l'arbre magnifique il surmontait la tête Comme un panache verdoyant, Que venait teindre en rouge un soleil dlOrient, El ce fier parvenu, méprisant la lempéles\ Dit au pauvre laurier par l'orage ais ä — A ve mauvais destin pourquoi El Comme te voilà triste et couvert d& Pour échapper à ta misère,
LE LIERRE ET LE LAURIER. 447 Si du moins tu savais grimper !
— Oui, je saurais aussi ramper, tle laurier ; merci de ta pitié sublime.
ais que le ciel abaisse ou relève ma cime, n’en serai pas moins digne des vœux d’un roi. ‘ exagère donc pas ma chute et mes dommages, r je trouve plus beau de souffrir tes outrages Que d’être insolent comme toi.
FABLE II