‹ Philosophie occulteChapitre 91 sur 242 · LE JEUNE CYGNE ET LES CANARDS · texte numérisé non relu

LE JEUNE CYGNE ET LES CANARDS

Un pauvre cygne abandonné Tout faible et presque nouveau-né Aux bons soins d’une cane autrefois dut la vie. Ses nouveaux parents, les canards, Gens bruyants et fort babillards, Pataugeant dans l’eau trouble au gré de leur envie, S’étonnaient de le voir, silencieux et blanc, Lustrer avec son bec son plumage tremblant Au-dessus de l’eau la plus pure.

— Pourquoi ne nous parle-t-1l pas ?

Pourquoi dédaigne-t-il nos jeux et nos ébais ? Puis on le harcelle, on murmure, Les cancans vont leur train. — C'est peut-être un ing'i Il fait le fier, le délicat.

S'il est un cygne, eh bien! qu’il chante !

Le chant du cygne est fort vanté.

Or, chantez, monseigneur, vous serez écouté!

Le cygne leur répond: —Voulez-vous queje meure?

LE JEUNE CYGNE ET LES GANARDS. dt

Je ne sais chanter qu’à mon heure :

C’est quand pour la dernière fois vois dormir dans l’eau le mirage des bois.

bandonnez-moi donc, amis; je me résigne A chercher ma vie au hasard, S'il faut agir comme un canard Pour prouver que je suis un cygne,

FABLE V

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