‹ Philosophie occulteChapitre 92 sur 242 · LA COLOMBE ET LE SERPENT · texte numérisé non relu

LA COLOMBE ET LE SERPENT

Une colombe était en cage, Loin de son beau ramier, loin de son nid d’amour. Un serpent qui la guette, après mille détours, S'approche et lui tient ce langage :

— Est-il un sort plus triste et plus dur que le tien? Tes parents maintenant font leur nid sur la mousse, Et ta captivité ne les tourmente en rien.

Dans l'intimité la plus douce, Ton ramier loin de toi passe des jours heureux, Tes sœurs volent de branche en branche; Et jamais des barreaux affreux Ne déchirent leur robe blanche.

— Mes parents! mon ramier! roucoulait doucement La colombe triste et pensive, Je me console en les aimant! Puis, tout à coup se ranimant Et les yeux tout brillants d’une clarté plus vive: — Tu crois qu’ils sont heureux, dit-elle; eh bien! mer

Page 1