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DE LA RECREATION

Car, sur la mer de la science, si tu ne regardes point l'étoile polaire de

la religion. Ta barque manquera le port, elle échouera sur la barre de la folie. Et si, épris des moyens, tu ne considères point le but où ils tendent, En quoi es-tu plus sage que l'enfant que des joujoux, des babioles, amusent ? ' Il est évident, frivole érudit, que tu n'as étudié que des mots ; Car, ainsi que le motif est l'ame de l'acte, que la mémoire s'attache aux

lieux, Que le soleil féconde la terre, que l'affection vivifie le cœur. Tel est aussi le souvenir de Dieu dans les merveilles diverses de la création.

3L'?iiJomTnc a multiplié les inventions, pour tromperies ennuis de l'existence, Pour le mettre à même d'oublier les réalités, et pour cacher la misère

du crime.

Pour l'amour des louanges, l'espoir du gain, pour les passions et le

bonheur illusoire, Il se joint au cercle de la folie, il alimente le feu de l'exaltation ; Souvent, il se décourage, l'ennuyante insipidité du plaisir l'attriste, Souvent, il travaille en vain, le mensonge est palpable, convaincant : L'homme, néanmoins, adresse à son frère les douces paroles de la félici-

tation, Et, malheureux lui-même, croit au bonheur d' autrui : On se donne la main, on se fatigue pour s'amuser,

Tandis qu'en secret le cœur saigne, vide de tout hormis le désappointement. Les plaisirs les moins coûteux sont les plus réels ; et rien ne coûte autant

que le péché ; Nous hypothéquons, cependant, l'avenir, comme si sa perte n'était rien ; Et il est impossible que l'on prenne plaisir à ce qui enfante la douleur, Nous recherchons, pour tout cela, la joie, dans les feux même qui la

consument.

Quiconque veut trouver la gaîté la rencontrera dans la cabane du pauvre, Où la bienfaisance répand à l'entour le glanage de l'abondance : Quiconque veut se chauffer aux rayons de la paix, peut être vu d'elle, en

faisant miséricorde.

Quand les larmes de la reconnaissance mouillent la joue hâve de l'indigent. Si l'étude fatigue l'esprit, si la maladie épuise le corps. Il est bon de rester en jachère, de ne chercher que l'amusement ; Mais au jour de la vigueur et de la prospérité, quand l'entendement prend

son essor, et plane.

Se contenter de plaisirs stériles, c'est sommeiller sur le lit de l'indolence. 7*

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© bous, troupe céleste, attendez un peu ; un peu de patience, filles du ciel, Tandis que, grâce au hasard, le disciple de la sagesse apprend vos noms

sacrés :

Il se repose, un moment, de son travail, il se trouve, encore un moment,

sur les frontières de la terre, Et, afin d'être, un jour, accueilli dans l'autre monde, il aspire à votre

faveur.

Qui es-tu, parmi les héritiers de la gloire, toi, dont la démarche révèle

une Déesse et une Reine, Ta couronne d'étoiles vivantes, une croix d'or ton sceptre ? Qui est celle, parmi les fleurs de la beauté, qui semble être ton avant-

courrière.

Qui ne se glorifie, ni de toi, ni de soi-même, simple et modeste dans sa

parure ?

Pourquoi, dans ce cortège, y en a-t-il une dont les yeux sont rouges de

larmes :

Sur son front ouvert, malgré tant de douleur, le soleil de l'extase rayonne ? Et qui est ce guerrier ensanglanté, dont le cimier est la gloire ? Ce sage à l'air calme, aux manières nobles et majestueuses î Dans la troupe qui se prolonge, j'en vois aussi que la robe triomphale

décore.

Et dont j'ai connu, dont j'aimais, sur la terre, les visages riants? Salut, Amours, Grâces, Sciences, Muses glorifiées, Vraies sœurs de charité, qui pansiez le malheur, dans l'infirmerie de ce

monde.

Quoique la terre ait taché vos robes, vous enlevant la moitié de votre gloire ; Salut, surtout, à toi, car je vois que j'ai des amis au ciel. Des amis que je croyais à peine y trouver, — salut à toi, Gaîté douce et

légère ; A toi aussi, divine Uranie, vierge à la robe étoilée ; à toi, dont le verre

merveilleux Se plaît à surprendre la sagesse où l'œil éteint ne saurait pénétrer : Et serais-tu parmi les bienheureux aussi, tendre poésie qu'on a tant

calomniée ?

Source de lumière et de beauté, tu vivifies la matière informe et ténébreuse,

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