SECONDE SERIE
(1) " Mais, avec Aureng-Zeb, j'en environne des milliers, et je les perce de mxi lance." Page 153. Le grand Mogol : il régnait au dix-septième siècle, et devint célèbre, entr'autres choses, comme exterminateur des bêtes sauvages de l'Hindoustan. Pour exécuter ce projet, il environna tout le pays de son armée, se rapprochant ensuite, peu à peit, d'un foyer dont les animaux occupaient le centre. Somerville, à la fin du second livre d'un poème, intitulé " The Chase," nous donne une description animée de cette chasse terrible: —
" Now the loud trumpet sounds a charge. The shouts Of eagcr hosts, through ail the circling line. And the wild howlings of the beasts within Rend wide the welkin ; flights of arrows, winged With death, and javelins launched from every arm, Gall sore the brutal bands, with many a wound Gored through and through."
(2) Page 155.
Heraclite, et Démocrite, sont connus individuellement sous les noms de philosophe pleureur et de philosophe rieur: ils typifient deux classes opposées d'hommes voués à la recherche de la sagesse ; l'une et l'autre aveuglée par l'excès des préjugés. Notre siècle semhle s'être rangé dans la dernière, ce qui est, je crois, le parti le plus sage, pourvu qu'il y ait protestation contre l'ahus dont il est susceptible. " Il vaut mieux aller dans " une maison de deuil que d'aller dans une maison de festin," à cause de cette influence, jointe à d'autres d'un plus grand poids, je veux dire, que le deuil nous dispose à une réaction encourageante et calme, au lieu de nous exposer à l'ennui de la satiété. Quelques lignes au delà, page 261, "le luxe des fêtes de Capoue," est une allusion au repos funeste d'Annibal après la bataille de Cannes.
(3) Apocalypse xxi. 8. Page 156.
" Mais quant aux timides, aux incrédules, aux exécrables, aux meurtriers, aux forni- " cateurs, aux empoisonneurs, aux idolâtres et à tous les menteurs, leur par sera dans " l'étang ardent de feu et de soufre."
(4) "Il fuit comme Deucalion, dans sa terreur, jetant U caUl-ou derrière lui,
Le caillou qui ajoute un nouveau spectre au nombre de ceux, qui U harcèlent." Page 162.
Descendunt ; valantque caput, tunicasque recîngunt, Et jussos lapides sua post vestigia mittunt. Saxa (quis hoc credat, nisi sit pro teste vetustas ?) Ponere duritiem cœpêre, suumque rigorem ; &c. &c. In-que brevi spatio, superorum munere, saxa Missa viri manibus faciem traxêre virilem.
Ovid. Met. lib. i.
(5) " Copan et Palenque," &c. Page 171.
La découverte des débris de ces anciennes cités, ensevelis dans les forêts de l'Amérique centrale, annoncée depuis peu dans l'intéressant recueil des Voyages de M. J. L. Stephens, nous a frappés d'étonnemeût. Une corte citation, tirée du premier vol., p. 103, expliquera cette ligne. " * * Parmi ces fragments, il y en a qui sont ornés d'un dessein exquis, d'autres dont le travail égale celui des plus beaux monuments égyptiens : un d'eux a été déplacé de son piédestal par d'énormes racines : un second, étroitement embrassé par des branches d'arbres, ne touche presque plus au sol ; un troisième, renversé par terre, est enlacé par un tissu de vignes gigantesques et de tiges rampantes : un dernier, enfin, se tient debout, avec son autel devant lui, dans un bocage formé d'arbres qui semblaient croître à l'entour, afin de protéger et de voiler un sanctuaire. Dans )a calme solitude des forêts, on eût dit que c'était une divinité pleurant la ruine d'une nation.
(6) Page 196.
On adjugea, un jour, la victoire à Corinne, dame thébaine, quoique l'harmonieux et profond Pindare, son compatriote, eût été son émule; mais on croit qu'elle dût, en grande 'partie, son succès à sa beauté. On dit que, Phryné, (non pas la trop célèbre courtisane d'Athènes, mais une Phryné dont le nom est sans tache,) fut accusée, comme Socrate, d'impiété contre les faux dieux, et que, comme lui, elle fut condamnée à mort. Malgré ce noble témoignage à la vérité, la belle eut, cependant, le bonheur d'échapper au mar-
tyre, en dévoilant son sein aux yeux des juges éblouis: cet heureux stratagème lui procura une sentence favorable. Quintilien, Oraisons, liv. ii, c. 15, nous fournit, très à propos, ce passage. " Et Phrynen * * * conspectu corporis, quod illa, speciosissimum alioqui, "diductâ nudaverat tunicâ, putant periculo liberatam." Athénée nous dit aussi, xiii. 590, que ce fut par l'addresse de son avocat, Hypérides, que TrooaYayîôv avTfjv elç tov- H<pavh Kal TTcpipjjri^aç tovç ^iTU)vi(7Kovç, YVfivd ts rd (rrépva Troiijaas, il fit tant que l'Aréopage l'acquitta. "Myrrha l'Ionienne" est un caractère que Byron a admirablement dépeint dans sa tragédie de Sardanapale.
(7) " Et j'ai connu quelque Nirée de camp, paragon fardé des libertins." Page 199.
Homère dispose en bien peu de mots d'un personnage dont le seul mérite était la beauté. Il n'est parlé de Nirée que dans un seul passsge de l'Iliade : lib. ii. 673. 'Nipeiç, oç Kd\. )f.iaToi àvrip, àc; et il ajoute, non sans y penser, 'AXA' àXairaèvos erjv : epithète à double sens, sans troupes, imbécile.
(8) 1 Esdras iv. 13 et seq. Page 201.
Zorobabel soutient, en présence de Darius, que " la Femme a plus de puissance que le " vin ou le roi, mais que la Vérité, plus forte que la femme, emporte la victoire." Il met la beauté au dessus de toutes choses terrestres, v. 32, " 0 hommes, comment se peut-il " que les femmes ne soient pas puissantes, vu qu'elles font cela î" et si la vérité triomphe d'elles, le déshonneur est peu de chose ; vu que " Grande est la vérité, et plus puissante que toute ce qui existe." (v. 41.)
(9) Ezéchid xxviii. 12. Page 202.
" Tu est le modèle de perfection, plein de sagesse, et parfait en beauté." Il est permis, et l'écriture en offre plusieurs exemples, (comparez Osée xi. 1, à Matt. ii. 15,) de séparer ce passage de son contexte, comme applicable en premier lieu à un des rois de Tyr, et, dans un sens anagogique, au Roi Céleste.
(10) Page 203.
Se faire un nom fut le seul objet d'Eratostrate en mettant le feu au temple de Diane à Ephèsc: il est certain que l'incendiaire réussit, puisque la mémoire de ce forfait s'est conservée jusqu'à nos jours, et que le coupable s'est au moins illustré par son amour de la célébrité. Pythagore fit accroire au vulgaire qu'il était doué de facultés surnaturelles, e'étant claquemuré dans un souterrain, durant plusieurs mois, d'où il sortit pâle et hagard, comme s'il était revenu d'IIadès. Quant à Empédocle, personne n'ignore qu'il se précipita dans un des gouffres de l'Etna, afin qu'on s'imaginât que, devenu Dieu, il avait été ravi au ciel : malheureusement, le volcan vomit une des sandales du philosophe, preuve irrécusable non seulement du genre de sa mort, mais aussi du caractère de son esprit; ex pede Herculem.
(11) Page 205.
Pompéîa, troisième femme de Jule-César, et répudiée, selon Plutarque, (voyez la quatrième édition de Langhorne, iv. 368,) seulement parce que l'illustre Romain, "voulait *' que la chasteté de la femme de César fût exempte même de soupçon."
(12) Page 206.
Cette belle oie d'Horace, lib. iii. 30, est une prophécie qui a eu son aocomplissement, et qui ne sera jamais abolie. Ovide aussi, dans l'Épilogue de ses Métamorphoses, se livre au même élan de confiance dans sa renommée.
Jamque opus exegi ; quod nec Jovis ira, née ignés,
Nec poterit ferrum, nec edax abolere vetustas ;
Cum volet illa dies, quœ nil nisi corporis hujus
Jus habet, incerti spatium mihi finiat aevi :
Parte tamen meliore mei super alta perennis
Astra ferar : nomenque erit indélébile nostrum.
Quâque palet domitis Romaua potentia terris,
Ore legar populi ; perque omnia sœcula famâ
Si quid habent veri vatum prœsagia vivam.
(13) Page 207.
Momus, type de la force du ridicule, figurait autrefois parmi les hiérarques de la mythologie païenne : mais, comme il se moquait de tout le monde, il ne gagna jamais l'amitié de personne. Un jour, enfin, dans un accès de critique exagéré, il osa censurer la démarche de la Mère des Grâces, et les habitants du ciel, irrités de son insolence, le chassèrent de leur sphère, reléguant cet esprit tombé parmi les hommes.
(14) 1 Eois vii. 21. Page 227.
' H dressa les colonnes dans le porche du temple, et il mit l'une à la main droite, et la " nomma Jakin [il établira ;] et il mit l'autre à la main gauche, et la nomma Boaz [en " elle est la force ;] et on posa sur le chapiteau des colonnes l'ouvrage fait en façon de *' fleurs de Ils."
(15) Page 227.
C'est l'application de l'exploit de Curtius, (tel qu'il est raconté par Tite-Live, lib. vii. 6.) Curtius se précipita dans le gouffre du forum, parce que les Aruspices avaient déclaré qu'il ne se fermerait jamais, à moins qu'on ne jetât dedans ce que Rome avait de plus précieux, '' la force de la cité." On nous dit que " equo quàm poterat maxime ornato " insidentem, armatum se in specum immisisse."
(16) Page 228.
On imagine sans peine que cette expression, boire de la gorge de Crassus, sera passée en proverbe à cause de l'avarice insatiable de ce Romain. Orodes le Parthieu l'ayant vaincu, lui trancha la tête, vesrant ensuite, par une raillerie amère, de l'or fondu dans la gorge du défunt. Les rêves sinistres de Midas sont aussi célèbres que les autres supplices qu'il avait si bien mérités ; et on nous dit qu'il mourut des suites d'un remède violent qu'il avait pris pour se délivrer de ses tourments nocturnes.
(17) Page 240.
M. WUlis, " Pencillings by the Way," vol. i. p. 115, oÉfre un tableau du cimetière public de Naples effrayant d'exactitude. " Il y a ici trois cent soixante-cinq puits, dont un est " ouvert, chaque jour, aux morts de la cité. On les y jette sans linceul, sans cercueil, et.
" quand la nwit Tient, on scelle le puits pour un an." * * * * " C'est ainsi qu'on jette dans "cet aliyme infect, comme si c'était de la charogne, la plupart des habitants de cette vaste '' cité, — jeunes et vieux, le crime et l'innocence, sans même accorder au rang la distinc- " tion d'un lambeau modeste ! Est-il permis de jeter ainsi les dépouilles de l'humanité à '• la voirie? des hommes tels que nous, des femmes, des enfants, de la même espèce que "nos sœurs et nos frères? Rien, de ma vie, ne m'a humilié comme ce spectacle. Je no "concevais pas la possibilité d'abandonner avec tant d'insouciance l'homme, — fnirce un " scélérat, un lépreux — quel que fût le degré de son iniquité ou de sa dégradation. J'en '■• ;ii la mort dans le cœur. Dieu me garde de mourir à Naples !" Avouons que cela semble démentir le proverbe, Vedi Napoli, poi mori.
(18) Page 241.
Sophocle est mort presque centenaire, et les Athéniens, voulant représenter par un symbole l'immortelle renommée de " l'abeille attique," décorèrent son tombeau de festons de lierre en fleur.
Le "dernier chant de Corinne" de Mad. de Staël, (p. 303,) offre ce passage: "0 vous qui me survivrez! quand le printemps "reviendra, souvenez-vous combien j'aimais sa " beauté ; que de fois j'ai vanté son air et ses parfums! Rappelez-vous quelquefois mes vers, mon ame y est empreinte," &c. Son esprit harmonieux brûlait " de saluer l'ange de la mort aux " ailes blanches, sans épouvante, avec transport ;" elle voulait aller à sa rencontre dans un jardin de roses.
Ainsi le tombeau de Fidèle, selon Shakspeare, serait "embaumé de fleurs choisies;" "la " pâle primevère, la campanule azurée, et la mousse duveteuse."
(19) Page 242.
M. Catlin, dans un ouvrage intéressant sur les tribus de l'Amérique du nord, vol. ii. p. 10, fait allusion à "la coutume établie chez les Omayas de déposer leurs morts, envelop- " pés de peaux, dans les fourches, et sur les branches des arbres," &c.
Hérodote, Terps. iv., nous apprend aussi que les Thraces fêtaient la mort, et pleuraient la naissance. Tov //èv y^rd^evor ir£p(i^ô;/£i/ot oî TrpotjrJKovTti oXocpvpovTai, rovè' àxoy£~ vôjxtvov Tsai^ovriç te kuÏ r^hôiiivoi yrj Kpv-irTovcrt, iKi\iY"VTiç 3(rwv KaKÙv l^ana\Xa')(^d£iç îari iv Tzdcri th^aifioviri. Voilà une pensée bien lumineuse pour nne telle race ! On nous la représente, à d'autres égards, plongée dans la barbarie.
Dans le Pêcheur de Walton, chap. iv. p. 79, ce riant vieillard s'exprime ainsi, — "'Notre bonne reine Elisabeth avait raison. Je n'en doute plus. Que de fois, durant le mois de "Mai, elle aurait voulu changer de sort avec les laitières! Ni craintes, ni soucis, ne les "importunent: au contraire, elles chantent d'un bout du jour à l'autre, et dorment, la " nuit, d'un profond sommeil. Je ne doute point que la modeste Madelaine, cette inno- «cente et jolie villageoise, ne le fasse aussi. Je veux réitérer pour elle le souhait de Sir "Thomas Overbury,— ' Puisse-trclle mourir au printemps, afin que, lorsqu'elle ne 'sera plus, des mains chéries répandent une ondée de fleurs 'sur son linceul !' " J'avoue que ce sont là de jolies idées, mais elles sont trop pastorales, et plus dignes du siècle de Bion que du nôtre, si même, dans le bon vieux temps, l'Arcadie n'était pas plus délicieuse en rêve qu'en réalité.
(20) " Entouré d'ennemis, un être frivole s'amuse à aiguiser une épigramme." Page 262. Même presque de nos jours, j'en trouve un exemple frappant dans l'histoire de Frédéric le Grand, roi de Prusse. Durant les conflits mortels de la guerre de sept ans, on le voyait Bouvent, à la veille d'une bataille, composer de méchante quolibets et de mauvais vers.
(21) " Il indiqua la perdrix par son cri," céc. Page 267.
L'hébreu a bien des sons qui semblent d'accord avec la signification du mot. En voici un exemple familier XIB kiray, perdrix, qui signifie " celle qui appelé," exprimant à la
fois la nature de l'oiseau, et celle de son cri. j^7l7 loydJia, nuit, serait un autre exemple,
l'onomatopée, à ce que l'on prétend, des hurlements de l'hyène.
Le sujet des noms, comme tant d'autres qui l'ont précédé, aurait pu fournir matière à de longues notes : c'est une méthode, pour tout cela, que je n'ose adopter. Toute note est, en effet, un hors d'œuvre, qu'il faut excuse ; et il vaut mieux les faire courtes, et se fier à l'intelligence des lecteurs. Je n'ajouterai que trois mots. Dahlia ainsi nommée d'après un botaniste Suédois, fournit l'exemple d'un ' nom arbitraire '; Tournesol est un ' nom raisonnable '; tandis que Eafaesia Arnoldi, (nommée, beaucoup plus sagement, par les Javanais, dans leur propre langue, Ambun Amboon, " la fleur des fleurs, ou la fleur " géante," offre une preuve humiliante de la vanité humaine, et des obstacles qu'elle op. pose â la science.
(22) " Neuf Homères," éc. Page 270.
Il est vrai qu'on a perdu si complètement le souvenir de cept de ces Homères, que nous n'avons aucune connaissance de leurs ouvrages : on sait seulement qu'ils ont vécu. On prétend, toutefois, que le huitième, celui d'Hiérapolis, une des étoiles de la Pléiade poétiqiie du siècle de Philadelphe, a composé jusqu'à quarante-cinq drames.
Un peu plus bas, il est question, de Musée : Virgile, qui le voit dans les champs Élysées, loue la noble taille de ce prophète, Mn. vi. 667.
" Musaeum ante omnes ; médium nam plurima turba Hune habet, atque humeris extantem suspicit altis."
(23) " iriysse," éc. Page 274.
t:o\\Ù)v àvdpéTTiûv ÏSev àffTca, Kal vôov e-yvo).
Hérodote marque souvent la distinction, quant à la certitude, entre ce qu'il a vu, et ce qu'il a seulement entendu. Aiissi bien que Platon, (et peut-être Lycurgue, qui s'illustra comme eux par ses voyages.) Hérodote demeura quelque temps à Héliopolis, et parcourut l'Asie.
D'admirables exemples de cette atmosphère de vérité sans mélange que le pèlerin respire inévitablement sur les lieux, au milieu des merveilles de la nature ou de l'art, se retrouvent, presqu'à toutes les pages, dans les œuvres qu'a publiées un voyageur aveugle, le lieutenant Holman.
(24) " FUs de Mattathias," d-c. Page 276.
Jean, Simon, Judas, Eléazar, et Jonathan, qui affranchirent Israël de la dénomination des Grecs, vers l'an 160 avant J. C, sont fameux sous le nom commun de ^laccabées, parce qu'ils portaient inscrits svir leur étendard les lettres initiales du texte hébreu des quatre premiers mots d'Ex. xv. 11.
Marguerite d'Anjou a obtenu dans l'histoire une juste céii'brité par l'héroisme de son caractère : elle fut le principal appui de la maison de Lancastre avant les meurtres atroces dont sou fils et son imbécile époux, Henri VI., furent les victimes.
Peut-être faudra-t-il observer ici, que ce qui a l'air d'un anachronisme, je veux dire, l'allusion, au même instant, à l'airain de Corinthe et à la lance d'Achille, en l'est qu'en
apparence: car, bien qu'il .«oit vrai que ce métal compoi*é fut le résultat afcîdentcl de l'incendie de Corinthe par lea Romains vers l'an 150 avant J. C, on croit avec plus de raisonque le vrai métal de Corinthe était un alliage de la plus haute antiquité, et analogue, si identique, au métal qui se nommait Aurichalcum.
(25) "Disons plus : le mot qui les désigne tout es deux est un, d on ne peut le diviser." Page 281 .
irhris, dérivé de irtlOofiai, admet presque aussi facilement le sens d'obéissance, que ceux de persuasion, de croyance.
J'ignore s'il est permis de supposer que notre vieux mot anglais " faith," et le norman *' fait," fiictum, a deed, recèlent la même analogie : en tout cas, la coïncidence mérite quelque attention.
(26) "Ovide, s'il avait fermé les yeux, eût été sage." Page 285.
Le poète Ovide fut exilé pour la vie sur les bords de la Mer Noire pour avoir été témoin de je ne sais quelle intrigue dans la maL^on d'Auguste, qu'il eut indiscrétion de divulguer, n déplore souvent la dureté de son sort ; il dit, par exemple,
" Inscia quod crimen viderunt lumina plector, Peccatumque oculos est habuisse meum." n eût été plus juste d'addresser ce reproche à sa langue qu'à ses yeux.
(27) Page 302.
Madame de Staël s'exprime ainsi quelque part ; " Pour jouir de nous-mêmes, il faut " chercher la solitude. C'est à la Bastille que j'appris, pour la première fois, à me connaî- «tre."
On dit que ce proverbe est un mot de Scipion; "Je ne suis jamais moins oisif que lors- " que j'ai le plus de loisir;" et "je ne suis jamais moins isolé que quand je suis seul."
L'Empereur Charles V., à l'exemple de Dioclétien, abdiqua la couronne : et, quittant le monde, se retira au monastère de St. Juste près de la ville de Placencia dans l'Estrar madoure ; ou, selon l'historien Robertson, " U ensevelit sa grandeur et son ambition dans " le silence de la solitude."