Les prières que nous faisons pour nous-mêmes
peuvent-elles changer la nature de nos épreuves et en détourner le cours?
« Vos épreuves sont entre les mains de Dieu et il en est qui doivent être subies jusqu’au bout, mais alors Dieu tient toujours compte de la résignation. La prière appelle à vous les bons Esprits qui vous donnent la force de les supporter avec courage, et elles vous paraissent moins dures. Nous l'avons dit, la prière n’est jamais inutile quand elle est bien faite, parce qu’elle donne la force, et c’est déjà un grand résultat. Aide-toi , le Ciel t’aidera , tu sais cela. D’ailleurs Dieu ne peut changer l’ordre de la nature au gré de chacun, car ce qui est un grand mal à votre point de vue mesquin et à celui de votre vie éphémère est souvent un grand bien dans l’ordre général do l’univers ; et puis combien n’y a-t-il pas de maux dont l’homme est le propre auteur par son imprévoyance ou par ses fautes! Il est puni par où il a péché. Cependant les demandes justes sont plus souvent exaucées que vous ne pensez ; vous croyez que Dieu ne vous a pas écoutés parce qu’il n’a pas fait un miracle pour vous, tandis qu’il vous assiste par des moyens tellement naturels qu’ils vous semblent l’effet du hasard ou de la force de choses; souvent aussi, le plus souvent même, il vous suscite la pensée nécessaire pour vous tirer vous-mêmes d’embarras. »
664. Est-il utile de prier pour les morts et pour les Esprits souffrants, et dans ce cas comment nos pçières peuvent-elles leur procurer du soulagement et abréger leurs souffrances; ont-elles le pouvoir de faire fléchir la justice de Dieu?
c La prière ne peut avoir pour effet de changer les desseins de Dieu, mais l’âme pour laquelle on prie en éprouve du soulagement, parce que c’est un témoignage d’intérêt qu'on lui donne, et que le malheureux est toujours sou-
loi d’adoration.
lagé quand il trouve des âmes charitables qui compatissent à ses douleurs. D’un autre côté, par la prière on l’excite au repentir et au désir de faire ce qu’il faut pour être
heureux ; c’est en ce sens qu’on peut abréger sa peine , si de son côté il seconde par sa bonne volonté. Ce désir d’amélioration, excité par la prière, attire près de l’Esprit souffrant des Esprits meilleurs qui viennent l’éclairer, le consoler et lui donner l'espérance. Jésus priait pour les brebis égarées; il vous montre par là que vous seriez coupables de ne pas le faire pour ceux qui en ont le plus besoin. »
665. Que penser de l’opinion qui rejette la prière pour les morts, par la raison qu’elle n’est pas prescrite dans l'Évangile ?
« Le Christ a dit aux hommes : Aimez-vous les uns les autres. Celte recommandation renferme celle d'employer tous les moyens possibles de leur témoigner de l’affection, sans entrer pour cela dans aucun détail sur la manière d’atteindre ce but. S’il est vrai que rien ne peut détourner le Créateur d’appliquer la justice, dont il est le type, à toutes les actions de l’Esprit, il n’en est pas moins vrai que la prière que vous lui adressez pour celui qui vous inspire de l'affection, est pour lui un témoignage de souvenir qui ne peut que contribuer à alléger ses souffrances et le consoler. Dès qu’il témoigne le moindre repentir, et alors seulement, il est secouru; mais on ne lui laisse jamais ignorer qu’une âme sympathique s’est occupée de lui, et on lui laisse la douce pensée que son intercession lui a été utile. Il en résulte nécessairement de sa part un sentiment de reconnaissance et d’affection pour celui qui lui a donné cette preuve d’attachement ou de pitié ; par conséquent, l’amour que recommandait le Christ aux hommes n’a fait que s’accroître entre eux ; ils ont donc
tous deux obéi à la loi d’amour et d’union de tous les êtres, loi divine, qui doit amener l’unité, but et fin de l’Esprit 1 . >