‹ Philosophie spiritualisteChapitre 115 sur 181 · Peut-on prier les Esprits · texte numérisé non relu

Peut-on prier les Esprits

« On peut prier les bons Esprits comme étant les messagers de Dieu, et les exécuteurs de ses volontés ; mais leur pouvoir est en raison de leur supériorité, et relève toujours du maître de toutes choses, sans la permission de qui rien ne se fait; c’est pourquoi les prières qu’on leur adresse ne sont efficaces que si elles sont agréées par Dieu. »

Polythéisme.

667. Pourquoi le polythéisme est-il une des croyances les plus anciennes et les plus répandues, puisqu’elle est fausse?

« La pensée d’un Dieu unique ne pouvait être chez l’homme que le résultat du développement de ses idées. Incapable dans son ignorance de concevoir un être immatériel, sans forme déterminée, agissant sur la matière, il lui avait donné les attributs de la nature corporelle, c’està-dire une forme et une figure, et dès lors tout ce qui lui paraissait dépasser les proportions de l’intelligence vulgaire était pour lui une divinité. Tout ce qu’il ne comprenait pas devait être l’œuvre d’une puissance surnaturelle, et de là à croire à autant de puissances distinctes qu’il voyait d’effets, il n’y avait qu’un pas. Mais dans tous les temps il y a eu des hommes éclairés qui ont compris l’impossibilité de cette multitude de pouvoirs pour gouverner

1 Réponse donnée par l’Esprit de M. Monod, pasteur protestant de Paris, mort en avril 1856. La réponse précédente, n" 662, est de l’Esprit de saint Louis,

loi d’adoration. 285

le monde sans une direction supérieure, et se sont élevés à la pensée d’un Dieu unique. »

668. Les phénomènes spirites s’étant produits dans tous les temps, et étant connus dès les premiers âges du monde, n’ont-ils pas pu faire croire à la pluralité des dieux?

« Sans doute, car les hommes appelant dieu tout ce qui était surhumain, les Esprits étaient pour eux des dieux, et c’est pourquoi lorsqu’un homme se distinguait entre tous les autres par ses actions, son génie, ou par un pouvoir occulte incompris du vulgaire, on en faisait un dieu, et on lui rendait un culte après sa mort. * (603.)

Le mot dieu avait chez les Anciens une acception très étendue; ce n’était point, comme de nos jours, une personnification du maître de la nature, c'était une qualification générique donnée à tout être placé en dehors des conditions de l’humanité; or les manifestations spirites leur ayant révélé l’existence d’êtres incorporels agissant comme puissance de la nature , ils les avaient appelés dieux, comme nous les appelons Esprits , c’est une simple question de mots, avec cette différence que dans leur ignorance, entretenue à dessein par ceux qui y trouvaient leur intérêt, ils leur élevaient des temples et des autels très lucratifs, tandis que pour nous ce sont de simples créatures comme nous, plus ou moins parfaites, et ayant dépouillé leur enveloppe terrestre. Si l’on étudie avec soin les divers attributs des divinités païennes, on y reconnaîtra sans peine tous ceux de nos Esprits à tous les degrés de l’échelle spirite, leur état physique dans les mondes supérieurs, toutes les propriétés du périsprit, et le rôle qu’ils jouent dans les choses de la terre.

Le christianisme, en venant éclairer le monde de sa lumière divine, n’a pu détruire une chose qui est dans la nature, mais il a fait reporter l’adoration vers celui à qui elle appartient. Quant aux Esprits, leur souvenir s’est perpétué sous divers noms, selon les peuples, et leurs manifestations, qui n’ont jamais cessé, ont été diversement interprétées, et souvent exploitées sous l’empire du mystère ; tandis que la religion y a vu des phénomènes miraculeux, les incrédules y ont vu de la jonglerie. Aujourd’hui, grâce à une étude plus sérieuse, faite au grand jour, le spiritisme, dé-

gagé de* idées superstitieuses qui l’ont obscurci pendant des siècles, nous révèle un des plus grands et des plus sublimes principes de la nature.

SncrlOeea.

669. L’usage des sacrifices humains remonte à la plus haute antiquité. Comment l’homme a-t-il pu être porté à croire que de pareilles choses pussent être agréables à Dieu?

« D’abord , parce qu’il ne comprenait pas Dieu comme étant la source de la bonté; chez les peuples primitifs, la matière l’emporte sur l’esprit; ils s’abandonnent aux instincts de la brute, c’est pourquoi ils sont généralement cruels, parce que le sens moral n’est point encore développé en eux. Ensuite les hommes primitifs devaient croire naturellement qu’une créature animée avait beaucoup plus de prix aux yeux de Dieu qu’un corps matériel. C’est ce qui les a portés à immoler d'abord des animaux, et plus tard des hommes, puisque, suivant leur croyance fausse, ils pensaient que le prix du sacrifice était en rapport avec l’importance de la vietime. Dans la vie matérielle, telle que vous la pratiquez pour la plupart, si vous offrez un cadeau à quelqu’un, vous le choisissez toujours d’une valeur d’autant plus grande que vous voulez témoigner à la personne plus d’altachement et de considération. Il devait en être de même des hommes ignorants à l’égard de Dieu. »

— Ainsi les sacrifices des animaux auraient précédé les sacrifices humains?

« Cela n’est pas douteux. »

— D’après cette explication les sacrifices humains n’auraient pas leur source dans un sentiment de cruauté?

a Non, mais dans une idée fausse d’être agréable à Dieu.

Page 1