LOI D’ADORATION
Voyez Abraham. Par la suite les hommes en ont abusé en immolant leurs ennemis, même leurs ennemis particuliers. Du reste Dieu n’a jamais exigé de sacrifices, pas plus celui des animaux que celui des hommes ; il ne peut être honoré par la destruction inutile de sa propre créature. »
670. Est-ce que les sacrifices humains, accomplis avec une intention pieuse, ont quelquefois pu être agréables à Dieu?
< Non, jamais; mais Dieu juge l’intention. Les hommes étant ignorants pouvaient croire qu’ils faisaient un acte louable en immolant un de leurs semblables; dans ce cas Dieu ne s’attachait qu’à la pensée et non au fait, los hommes, en s’améliorant, devaient reconnaître leur erreur, et réprouver ces sacrifices qui ne devaient pas entrer dans l’idée d’esprits éclairés ; je dis éclairés , parce que les esprits étaient alors enveloppés du voile matériel; mais par le libre arbitre ils pouvaient avoir un aperçu de leur origine et de leur fin, et beaucoup comprenaient déjà, par intuition, le mal qu’ils faisaient, mais ils ne l’accomplissaient pas moins pour satisfaire leurs passions. »
671. Que devons-nous penser des guerres dites sacrées? Le sentiment qui porte les peuples fanatiques à exterminer le plus possible, en vue delre agréables à Dieu , ceux qui ne partagent pas leurs croyances, semblerait avoir la même source que celui qui les excitait jadis aux sacrifices de leurs semblables?
« Us sont poussés par les mauvais Esprits, et en faisant la guerre à leurs semblables ils vont contre la volonté de Dieu qui dit qu’on doit aimer son frère comme soi-même. Toutes les religions, o» plutôt tous les peuples, adorant un même Dieu, qu’il porte un nom on qu’il en j>orlè un autre, pourquoi leur faire une guerre d’extermination,
parce que leur religion est différente ou n’a pas encore atteint le progrès de celle , des peuples éclairés ? Les peuples sont excusables de ne pas croire à la parole de celui qui était animé de l’Esprit de Dieu et envoyé par lui, surtout lorsqu’ils ne l’ont pas vu et qu’ils n’ont pas été témoins de ses actes ; et comment voulez-vous qu’ils croient à cette parole de paix, quand vous allez la leur donner le fer à la main? Ils doivent s’éclairer, et nous devons chercher à leur faire connaître sa doctrine par la persuasion et la douceur, et non par la force et le sang. Pour la plupart vous ne croyez pas aux communications que nous avons avec certains mortels , pourquoi voudriez-vous que des étrangers vous crussent sur parole, quand vos actes démentent la doctrine que vous prêchez? »
672. L’offrande des fruits de la terre, faite à Dieu, avait-elle plus de mérite à ses yeux que le sacrifice des animaux?
« Je vous ai déjà répondu en vous disant que Dieu jugeait l’intention, et que le fait avait peu d’importance pour lui. 11 était évidemment plus agréable à Dieu de se voir offrir les fruits de la terre que le sang des victimes. Comme nous vous l’avons dit et vous le répétons toujours, la prière dite du fond du cœur est cent fois plus agréable à Dieu que toutes les offrandes que vous pourriez lui faire. Je répète que l'intention est tout, et le fait rien. »
673. N’y aurait-il pas un moyen de rendre ces offrandes plus agréables à Dieu en les consacrant au soulagement de ceux qui manquent du nécessaire , et dans ce cas , le sacrifice des animaux , accompli dans un but utile, ne serait-il pas méritoire, tandis qu’il était abusif alors qu’il ne servait à rien , ou ne profilait qu’à des gens qui ne manquaient de rien? N’y aurait-il pas quelque chose de
KOI d’adoration. * 289
vraiment pieux à consacrer aux pauvres les prémices des biens que Dieu nous accorde sur la terre?
« Dieu bénit toujours ceux qui font du bien ; soulager les pauvres et les affligés est le meilleur moyen de l’honorer. Je ne dis pas pour cela que Dieu désapprouve les cérémonies que vous faites pour le prier, mais il y a beaucoup d’argent qui pourrait être employé plus utilement qu’il ne l’est. Dieu aime la simplicité en toutes choses. L’homme qui s’attache au dehors et non au cœur est un esprit à vues étroites; jugez si Dieu doit s’attacher à la forme plus qu’au fond. »