‹ Philosophie spiritualisteChapitre 134 sur 181 · Quel est le plus grand obstacle au progrès · texte numérisé non relu

Quel est le plus grand obstacle au progrès

« L’orgueil et l’égoïsme; je veux parler du progrès moral, car le progrès intellectuel marche toujours; il semble même au premier abord donner à ces vices un redoublement d’activité en développant l’ambition et l’amour des richesses qui, à leur tour, excitent l’homme aux recherches qui éclairent son Esprit. C’est ainsi que tout se tient dans le monde moral comme dans le monde physique, et que du mal même peut sortir le bien ; mais cet étal de choses n’aura qu’un temps; il changera à mesure que l’homme comprendra mieux qu’il y a en dehors de la jouissance des biens terrestres un bonheur infiniment plus grand et infiniment plus durable. » (Voyez Egoïsme, chap. xii.)

Il y a deux espèces de progrès qui se prêtent un mutuel appui,

LOI DU PROGRÈS

et pourtant ne marchent pas de front, c’est le progrès intellectuel et le progrès moral. Chez les peuples civilisés le premier reçoit, dans ce siècle-ci, tous les encouragements désirables; aussi a-t-il atteint un degré inconnu jusqu’à nos jours. Il s’en faut que le second soit au même niveau, et cependant si l’on compare les moeurs sociales à quelques siècles de distance, il faudrait être aveugle pour nier le progrès. Pourquoi donc la marche ascendante s’arrêterait-elle plutôt pour le moral que pour l’intelligence? Pourquoi n’y aurait-il pas entre le dix-neuvième et le vingt-quatrième siècle autant de différence qu’entre le quatorzième et le dix-neuvième? En douter serait prétendre que l’humanité est à l’apogée de la perfection, ce qui serait absurde, ou qu’elle n’est pas perfectible moralement, ce qui est démenti par l’expérience.

Peuple* dégénéré*.

786. L’histoire nous montre une foule de peuples qui, après les secousses qui les ont bouleversés, sont retombés dans la barbarie ; où est le progrès dans ce cas ?

« Quand ta maison menace ruine , tu l’abats pour en reconstruire une plus solide et plus commode; mais jusqu’à ce qu’elle soit reconstruite, il y a trouble et confusion dans ta demeure. »

« Comprends encore cela ; tu étais pauvre et tu habitais une masure ; tu deviens riche et tu la quittes pour habiter un palais. Puis un pauvre diable comme tu étais vient prendre ta place dans ta masure, et il est encore très content, car avant il n’avait pas d'abri. Eh bien ! apprends donc que les Esprits qui sont incarnés dans ce peuple dégénéré ne sont pas ceux qui le composaient au temps de sa splendeur ; ceux d’alors qui étaient avancés, sont allés dans des habitations plus parfaites et ont progressé, tandis que d’autres moins avancés ont pris leur place qu’ils quitteront à leur tour. »

Page 1