‹ Philosophie spiritualisteChapitre 148 sur 181 · Que penser de l’aumône · texte numérisé non relu

Que penser de l’aumône

« L’homme réduit à demander l’aumône se dégrade au moral et au physique : il s’abrutit. Dans une société basée sur la loi de Dieu et la justice, il doit être pourvu à la vie du faible sans humiliation pour lui. Elle doit assurer l’existence de ceux qui ne peuvent travailler , sans laisser leur vie à la merci du hasard et de la bonne volonté. »

— Est-ce que vous blâmez l’aumône?

« Non; ce n’est pas l’aumône qui est blâmable, c’est souvent la manière dont elle est faite. L’homme de bien qui comprend la charité selon Jésus va au-devant du malheur sans attendre qu’il lui tende la main. »

« La vraie charité est toujours bonne et bienveillante; elle est autant dans la manière que dans le fait. Un service rendu avec délicatesse double de prix; s’il l’est avec

hauteur, le besoin peut le faire accepter, mais le coeur en est peu touché.

« Souvenez-vous aussi que l’ostentation enlève aux yeux de Dieu le mérite du bienfait. Jésus a dit : Que votre main gauche ignore ce que donne votre maiu droite; il vous apprend par là à ne point ternir la charité par l’orgueil ,

« 11 faut distinguer l’aumône proprement dite de la bienfaisance. Le plus nécessiteux n’est pas toujours celui qui demande; la crainte d’une humiliation retient le vrai pauvre, et souvent il souffre sans se plaindre; c’est celui-là que l’homme vraiment humain sait aller chercher sans ostentation. »

« Aimez-vous les uns les autres, c’est toute la loi ; loi divine par laquelle Dieu gouverne les mondes. L’amour est la loi d’atlraetion pour les êtres vivants et organisés; l’attraction est la loi d’amour pour la matière inorganique.

« N’oubliez jamais que l’Esprit, quel que soit son degré d’avancement, sa situation comme réincarnation ou erraticité, est toujours placé entre un supérieur qui le guide et le perfectionne, et un inférieur vis-à-vis duquel il a les mêmes devoirs à remplir. Soyez donc charitables, nonseulement de cette charité qui vous porte à tirer de votre bourse l’obole que vous donnez froidement à celui qui ose vous la demander, mais allez au-devant des misères cachées. Soyez indulgents pour les travers de vos semblables; au lieu de mépriser l’ignorance et le vice, instruisez-les et moralisez-les ; soyez doux et bienveillants pour tout ce qui vous est inférieur ; soyez le môme à l’égard des êtres les plus infimes de la création, et vous aurez obéi à la loi de Dieu. » ’

SAINT VINCENT DE PAl'L.

889. N’y a-t-il pas des hommes réduits à la mendicité par leur faute?

« Sans doute, mais si une bonne éducation morale leur eût appris à pratiquer la loi de Dieu , ils ne tomberaient pas dans les excès qui causent leur perte; c’est de là surtout que dépend l’amélioration de votre globe. » (707.)

Amour maternel et filial.

890. L’amour maternel est-il une vertu , ou un sentiment instinctif commun aux hommes et aux animaux?

« C’est l’un et l’autre. La nature a donné à la mère l’amour de ses enfants dans l’intérêt de leur conservation ; mais chez l’animal cet amour est limité aux besoins matériels : il cesse quand les soins deviennent inutiles; chez l’homme il persiste toute la vie, et comporte un dévouement et une abnégation qui sont de la vertu ; il survit meme à la mort, et suit l’enfant au delà du tombeau; vous vd^ez bien qu’il y a en lui autre chose que chez l’animal. » (205-385.)

891. Puisque l’amour maternel est dans la nature, pourquoi y a-t-il des mères qui haïssent leurs enfants, et cela souvent dès leur naissance?

« C’est quelquefois une épreuve choisie par l’Esprit do l’enfant, ou une expiation si lui-même a été mauvais père, ou mauvaise mère, ou mauvais fils, dans une autre existence. (392.) Dans tous les cas, la mauvaise mère ne peut être animée que par un mauvais Esprit qui tâche d’entraver celui de l’enfant afin qu’il succombe sous l’épreuve qu’il a voulue ; mais cette violation des lois de la nature ne sera pas impunie, et l’Esprit de l’enfant sera récompensé des obstacles qu’il aura surmontés. »

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