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Les Esprits sont-ils sensibles à la musique

« Yeux-tu parler de votre musique ? qu’est-elle auprès de la musique céleste? de cette harmonie dont rien sur la terre ne peut vous donner une idée? L’une est à l’autre ce qu’est le chant du sauvage à la suave mélodie. Cependant des Esprits vulgaires peuvent éprouver un certain plaisir à entendre votre musique, parce qu’il ne leur est pas encore donné d’en comprendre une plus sublime. La musique a pour les Esprits des charmes infinis, en raison de leurs qualités sensitives très développées; j’entends la musique céleste, qui est tout ce que l’imagination spirituelle peut concevoir de plus beau et de plus suave. »

252. Les Esprits sont-ils sensibles aux beautés de la nature?

« Les beautés de la nature des globes sont si différentes, qu’on est loin de les connaître. Oui, ils y sont sensibles scion leur aptitude à les apprécier et à les comprendre ; pour les Esprits élevés il y a des beautés d’ensemble devant lesquelles s’efTacent, pour ainsi dire, les beautés de détail. »

253. Les Esprits éprouvent-ils nos besoins et nos souffrances physiques?

« Ils les connaissent , parce qu’ils les ont subis, mais ils ne les éprouvent pas comme vous matériellement : ils sont Esprits. »

254. Les Esprits éprouvent-ils la fatigue et le besoin du repos?

« Ils ne peuvent ressentir la fatigue telle que vous l’entendez, et par conséquent ils n’ont pas besoin de votre repos corporel, puisqu’ils n’ont pas des organes dont les forces doivent être réparées; mais l’Esprit se repose en ce sens qu’il n’est pas dans une activité constante; il n’agit pas d’une manière matérielle; son action est tout intellectuelle et son repos tout moral ; c’est-à-dire qu’il y a des moments où sa pensée cesse d’être aussi active et ne se porte pas sur un objet déterminé; c’est un véritable repos, mais qui n’est pas comparable à celui du corps. L’espèce de fatigue que peuvent éprouver les Esprits est en raison de leur infériorité; car plus ils sont élevés, moins le repos leur est nécessaire. »

255. Lorsqu’un Esprit dit qu’il souffre, quelle nature de souffrance éprouve-t-il ?

« Angoisses morales qui le torturent plus douloureusement que les souffrances physiques. »

256. D’où vient alors que des Esprits se sont plaints de souffrir du froid ou de la chaleur?

« Souvenir de ce qu’ils avaient enduré pendant la vie, aussi pénible quelquefois que la réalité; c’est souvent une comparaison par laquelle, faute de mieux, ils expriment leur situation. Lorsqu’ils se souviennent de leur corps, ils éprouvent une sorte d’impression, comme lorsqu’on quitte un manteau, et qu’on croit encore le porter quelque temps après. »

Essai théorique sur lu «cnaatlon cher les Xsprlta.

257. Le corps est l’instrument de la douleur; c’est sinon la cause première, au moins la cause immédiate. L’âme a

VIE SPIRITE

la perception de cette douleur: cette perception est l'effet. Le souvenir qu’elle en conserve peut être très pénible, mais ne peut avoir d’action physique. En effet, le froid ni la chaleur ne peuvent désorganiser les tissus de l’âme ; l’âme ne peut ni se geler, ni brûler. Ne voyons-nous pas tous les jours le souvenir ou l’appréhension d’un mal physique produire l’effet de la réalité ? occasionner même la mort? Tout le monde sait que les personnes amputées ressentent de la douleur dans le membre qui n’existe plus. Assurément ce n’est point ce membre qui est le siège , ni même le point de départ de la douleur ; le cerveau en a conservé l’impression, voilà tout. On peut donc croire qu’il y a quelque chose d’analogue dans les souffrances de l’Esprit après la mort. Une étude plus approfondie du périsprit, qui joue un rôle si important dans tous les phénomènes spirites, les apparitions vaporeuses ou tangibles, l’état de l’Esprit au moment de la mort, l’idée si fréquente chez lui qu’il est encore vivant, le tableau si saisissant des suicidés, des suppliciés, des gens qui se sont absorbés dans les jouissances matérielles, et tant d’autres faits sont venus jeter la lumière sur cette question, et ont donné lieu à des explications dont nous donnons ici le résumé.

Le périsprit est le lien qui unit l’Esprit à la matière du corps; il est puisé dans le milieu ambiant, dans le fluide universel; il tient à la fois de l’électricité, du fluide magnétique et, jusqu’à un certain point, de la matière inerte. On pourrait dire que c’est la quintessence de la matière ; c’est le principe de la vie organique, mais ce n’est pas celui de la vie intellectuelle : la vie intellectuelle est dans l’Esprit. C’est, en outre, l’agent des sensations extérieures. Dans le corps, ces sensations sont localisées par les organes qui leur servent de canaux. Le corps détruit, les

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