PHYSIQUE
entre autres par Heraclite, Gratille et Socrate, mais elle est acceptée maintenant par tout le monde.
Preuve. On donne en Physique un certain nombre de démonstrations relatives à l'être mobile : par exemple, qu'il a quatre causes : la matérielle , la formelle , l'efficiente et la finale; qu'il n'est pas simple, mais composé de principes ; qu'on y doit distinguer l'acte et la puissance ; qu'il est divisible à l'infini, etc. : la Physique est donc une véritable science.
S'il y a bien des choses que jusqu'à présent elle ne connaît qu'imparfaitement, à quelle science ne peut-on faire le même reproche ?
On dira : L'objet de la science doit être perpétuel et nécessaire ; or, ce qui est soumis au mouvement n'est ni perpétuel, ni nécessaire, c'est au contraire transitoire et contingent : donc on n'y peut trouver l'objet d'une science.
Réponse. Je distingue la mineure, ce qui est soumis au changement n'est ni perpétuel ni nécessaire : quant à l'être existant, je le concède; quant à la réalité de Vessence, ou quant à la connexion des prédicats essentiels entre eux, et quant aux propriétés qui s'y rapportent, je le nie. Ainsi il est nécessaire que les choses composées d'éléments conti'aires soient corruptibles, que les êtres engendrés soient composés de principes divers, que la nature agisse pour une fin, etc. C'est la Physique qui démontre ces vérités , aussi péremptoirement que la Métaphysique démontre que l'être est un, vrai et bon, que les anges sont dépourvus de corps, etc.
3° La Physique est une science toute spéculative. C'est l'opinion commune.
Preuve. L'objet ou la matière de cette science n'est pas un être que nous puissions produire, nous pouvons seulement le connaître par l'effort de notre intelligence : nous percevons les mouvements du ciel, les influences des astres , la position relative des éléments, mais nous ne les produi-