‹ Phlébite Pré-Tuberculeuse et Phlébite Précoce des TuberculeuxChapitre 10 sur 18 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

Hirtz (Soc. méd. des Hôp. 8 juin 1894),

H .., journalier, éntré à l'hôpital Beaujon, service du Doctéur Maillard, suppléé par le docteur Hirtz, en août 1889.

Il se plaint d'une douleur lancinante dé toute la région interne de la cuisse droite s'irradiant dans l'aîne. Depuis deux jours, sa jambe enfle légèrémént vets le soir ; le malade boite assez péniblement et est obligé d'interrompre son travail qu'il faisait difficilement depuis une huitaine de jours.

Ses antécédents personnels et héréditaires sont bons et jamais sa santé n’a été altérée jusqu’à ce jour.

Il est aisé de constater que la douleur spontanée siège le long

de la paroi de la partie supérieure de la veine saphène interne. On sent, dans l’élendue de 15 centimètres environ, un cordon dur qui roule sous le doigt, et qui est manifestement constitué par une phlébite de la veine saphène.

Mais s’il est facile d'établir le diagnostic de phlébite, il est plus malaisé d'en affirmer la cause. On ne trouve dans les antécédents du malade aucune affection infectieuse, pnéumonie, fièvre typhoïde ou grippe pouvant expliquer une coagulation intra-veineuse.

On ne constate ni traumatisme, n1 dilatations variqueuses.Frappé cependant d’un certain amaigrissement chez H...,en même temps que d'un léger état fébrile vespéral, et me rappelant plusieurs faits antérieurs où la phlébite avait été la manifestation d'une tuberculose jusque-là silencieusé, je portai mon attention sur le poumon. Je constate au sommet gauche, en arrière, une tonalité plus élevée à la percussion et une respiration ràpeuse. A la suite d'efforts de toux suivis d'une profonde inspiration, craquements secs très limités. En avant et du même côté, l’inspiration est simplement obscure, et la voix un peu retentissante.

La phlébite guérit en trois semaines, et le malade sortit de l'hôpital avec la rudesse persistante du sommet.

Il partit en convalescence à Vincennes ; mais il s’enrhuma, et quinze jours plus tard il fut renvoyé dans le service ; il avait maigri, accusait des sueurs nocturnes, et toussait fréquemment. Je fais constater aux élèves combien la lésion minime du sommet avait évolué rapidement ; il existait maintenant un commencement de fonte appréciable, des ràles sous-crépitants nombreux et ‘ane respiration soufflante.

RU Te

OBSERVATION Vi

Hirlz, (Soc. médicale Ces hôpitaux) 8 juin 1894. Hôpital St-Louis, service des baraques.

À... àgé de #8 ans, entre pour üne phlegmatia de la jambe droite ; le cordon veineux se sent à la partie interne de la cuisse et la jambe est très enflée et fort douloureuse.

Impotence fonctionnelle du membre. Pas de maladie grave antérieure. Fièvre à 39° le matin et 40° le soir. Amaigrissement depuis quelques jours. L'examen des organes ne révèle à ce moment rien d'anormal.

On attribue la phlébite à un état variqueux des veines du tnembré, qui sont cependant à peine dilatées, et qui n'avaient jamais éveillé l'attention du malade. L'examen de tous les organes reste négatif.

Trois semaines après son entrée à l'hôpital, la fièvre qui avait presque disparu depuis quinze jours, se rallume, le malade est pris d'une toux sèche accompagnée de dyspnée continue et d'accès d’étouffements nocturnes. Apparence de bronchite légère avec émphysème aigu généralisé.

Bientôt on constate dans les sommets quelques râles sous: crépitants fins, amaigrissément rapide, marche de granulie et mort par asphyxie.

Malheureusément l'autopsie n'a pu être faite, toute trace dé phlegmätia avait disparu depuis 15 jours, l’évolution avait été rapide, elle a duré environ une vingtaine de jours:

a"40.— OBSERVATION VI (bis) Hirtz (Soc. méd. des hôp.) 8 juin 1894

Fouliard Joseph, journalier, entré à l'hôpital Tenon, salle Lelong, le 12 mai 1894.

Antécédents héréditaires. — Père mort à 64 ans de néoplasme abdominal; mère morte à 62 ans de dysenterie. Antécédents personnels. — N'a jamais été malade jusqu’en

1893, où il entre dans le service de M. le Docteur Faucher à Saint-Antoine. On lui trouve de la rudesse respiratoire au sommet droit avec des signes fonctionnels à peine appréciables de tuberculose,

Il présente à l'examen une phlegnratia de la jambe droite avec æœdème peu marqué au pied. Il guérit en trois semaines par le repos seulement. Le traitement général consista dans l'emploi de l'huile de foie de morue et l'acide borique à la dose de 7 gr. dans un julep.

On constate aujourd’hui dans le sommet droit des craquements manifestes en avant et en arrière. |

Le malade est anémié et son pouls est ralenti, oscille entre 46 et48 pulsations.

OBSERVATION VIi

Hirtz, (soc. médicale des hôpitaux) 8 juin 1894.

Cuinet Louis, âgé de 33 ans, employé entré dans le ser vice dé M. Le docteur Hirtz, le 25 septembre, salle Parrot, lit n° 15.

Dumont $

Tuberculose au début et phlegmatia alba dolens.

Entré à l'hôpital pour la toux et pour une douleur siégeant à la face interne de la cuisse droite.

Le malade ignore ce que son père est devenu: sa mère est morte à l'âge de 60 ans, à la suite d'une fluxion de poitrine. Comme maladie antérieure du malade, on ne trouve que deux attaques d'influenza, l'une du mois de janvier 1892, l’autre du mois d'avril 1593.

Les deux attaques ont été très légères, et ont guéri au bout de 4 jours.

Iln'ajamais loussé et même ne s’enrhumait pas facilement.

Depuis deux mois, à la suite d’un coup de froid, il a commencé à tousser, la toux s’accompagna d’amaigrissement assez marqué, mais surtout de transpiration abondante.

Il ne faisait pas trop attention à sa toux quand, le 19 septembre (jeudi), il a été pris d'une douleur sourde au niveau du creux poplilé ; la douleur allait en progressant et le lundi, quatrième jour après le début de cette douleur, il est forcé de bander sa jambe pour pouvoir aller à son travail.

Cependant il continue à travailler jusqu’au mercredi, quand il cest forcé de se coucher à cause d'un œdème généralisé de tout le membre intérieur.

Il reste au lit jusqu’à jeudi dans l'après-midi : le gonflement (œdème) avait disparu, mais la douleur avait persisté : il va à la consultation du Bureau Central d'où il est envoyé d'urgence à l'hôpital Tenon, dans notre service.

Etat actuel. — Le malade est grand, svelte, la figure un peu pâle et amaigrie.

A l'examen. — On constate sur la face interne de la cuisse une Coloration lymphangitique de la peau.

À la palpation. — On trouve un œdème dur sans godet et on eons'ate un cordon dur allant de la face interne du genou à deux centimètres au dessous de l’arcade crurale.

A la pression. — On provoque de la douleur qui, cependant, n’est pas très marquée. — On ne trouve aucune érosion du côté du membre pouvant expliquer la lymphangite. :

Pas d’impotence fonctionnelle et aucune altération des muscles.

Examen. — Poumons : Percussion droite et gauche,en avant: Sonorité normale dans la région claviculaire. En arrière : sonorité normale.

Auscultation. — En avant: Un peu de rudesse. En arrière : Inspiration obscure, craquements nets.

Appareil digestif. — Appetit conservé, pas de diarrhée, plutôt constipation.

Foie. Rate. — Normaux.

Appareil circulatoire, — Cœur normal. Pression artérielle, 16.

Système nerveux. — Rien à signaler. Le malade au bout de 15 jours peut se lever, la lymphangite a disparu, le cordon veineux se sent encore.

Le malade au bout d'un mois peut marcher, et l’œdème ne reparait pas.

Sous l'influence du régime suralimentaire, il a engraissé, et les lésions du sommet restent stationnaires.

Le malade sort de l'hôpital le 5 octobre 1893. Evolution de la

phlébite en dix-sept jours.

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