OBSERVATION VII
Hirtz. — (Société Méd. des Hôp.)8 juin 1894.
Arnoud Louis, âgé de trente-huit ans, camionneur, entre dans le service de M. le docteur Hirtz. le 2 février 1894, salle Lelong, n°8.
Antécédents héréditaires. — Père et mère bien portants, un frère et une sœur bien portants ; quatre frères et sœurs morts très jeunes.
Antécédents personnels. — A trois ans, fièvre typhoide ; à vingt ans bronchite, hémoptysie pendant deux ou trois jours ; il reste deux mois malade.
A vingt-et-un ans, il part pour le service militaire et passe trois ans à la caserne sans maladie.
Au point de vue de l'alcoolisme le malade déclare boire chaque jour deux litres de vin et plnsieurs apéritifs.
Ii tousse tous les hivers.
Vers Noël 1893, il est pris de douleurs névralgiques dans la nuque.
Il entre à l'hôpital Tenon, service de M. Hirtz, où il reste environ trois semaines.
On constate des craquements dans les deux sommets pulmonaires et une névralgie de la nuque.
Il sort de l'hôpital, guéri des phénomènes douloureux, et reprend son travail.
Au bout de huit jours, il est obligé de l'interrompre et il revient le ? février 1894, à la consultation pouvant à peine marcher, On l’admet salle Lelong.
Etat actuel. — Le malade se plaint de vives douleurs dans les deux jambes. 11 a souffert de crampes depuis quelques jours.
La jambe gauche est particulièrement douloureuse. Elle présente un léger œædème, et la moindre pression comme le moindre mouvement suffisent à exaspérer la douleur continue que le malade accuse dans la région.
La marche est impossible. En palpant la partie postéro-supé- | rieure de la jambe gauche, au dessous du pli poplité, on sent un cordon veineux long de 2 à 3 centimiètres, dur ct douloureux à la pression, |
Il tousse un peu, cette toux est sèche. Depuis deux ans, il a maigri de 4 kilogrammes.
Il a quelques sueurs nocturnes, il dort bien, pas de cauchemars, pas de pituites.
Auscultation. — Poumon. Légère submatité dans la région des sommets. Craquements secs des deux côtés.
Cœur. — Rien de particulier.
Diagnostic. — Tuberculose pulmonaire {première période)
phlébite de la jambe gauche.
9 février 1894. — On ne sent plus le cordon veineux, toute trace d'œdème a disparu. La jambe gauche n’est plus douloureuse à la pression.
Les crampes persistent.
13 février 1894. — Le malade se remet à marcher, mais Îles crampes reprennent rapidement.
16 février 1894. — L'amélioration est telle que le malade de mande à sortir de lhôpital.
La phlébite à duré au maximum quinze jours.
« L'année dernière dans le service de la clinique médicale de la Pitié, nous avons pu observer pendant plus de trois mois, ün
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jeane Allemand, âgé de 20 ans, et qui sans cause appréciable, a été pris tout d'un coup d'ædème du membre inférieur gauche avec impotence et douleur de ce membre. C'était la manifestation d'une violente phlegmatia, qui au bout de trois semaines, frappait aussi le côté opposé. Après trois mois de séjour à l'hopital salle Jenner, 49. Suppléance de M. le D' Debove), le malade peut sortir à peu près guéri. Pendant ce temps, nous avons pu l'examiner à loisir et malgré nos recherches minutieuses et répétées nous n’avons jamais tronvé, soit dans l'estomac, soit dans les poumons une lésion organique quelconque, capable d'entrainer une thrombose veineuse. Peut-être la respiration sous la elavicule gauche, était-elle un peu rude, mais vraiment, si l'on s'eu rapporte aux faits jusqu'à présent publiés, il n’y avait pas là de quoi expliquer la phlegmatia. Du reste la santé générale était restée excellente. Force nous fut donc d’admetire une coagulation spontanée d'origine non cachectique, ct notre sujet n'ayant jamais eu aucune manifestation rhumatismale, nous croyons à cet égard pouvoir repousser l'idée de phlébite rhumatismale,