‹ Phlébite Pré-Tuberculeuse et Phlébite Précoce des TuberculeuxChapitre 6 sur 18 · OBSERVATION III · texte numérisé non relu

OBSERVATION III

(Jaccoud. Bulletin médical, 28 juillet 1895)

Il s'agit d'un maçon de 62? ans, qui, depuis le mois de novembre, est atteint de phlébite.

L'œdème a débuté par la jambe droite, puis la jambe gauche fut prise ; dans les premiers jours de février, le membre supérieur droit fut également atteint.

Le lendemain de son entrée dans notre service, nous avons trouvé, au membre supérieur droit, des oblitérations veineuses visibles même à distance; les veines superficielles étaient transformées en cordons solides ainsi qu'on peut s'assurer par la palpation.

Ace moment là, il était évident que les veines profondes élaient perméables, car malgré la transformation en cordons pleins de veines superficielles il n°y avait pas d'œdème, ou du moins, s’il existait, il n'était pas considérable.

Aujourd'hui, il n'y a plus de veines perméables, pour assurer dans ‘a limite du minimum nécessaire, la circulation en retour.

Le membre supérieur gauche est maintenant exactement dans

la même situation que le membre s supérieur droit à l'entrée du malade ; . la basilique et la céphalique sont complètement oblitérées comme l’étaient celles du bras droit, mais il n’y à pas trace d'ædème,

La circulation profonde dece membre est donc encore intacte. Comme ces phénomènes sont la reproduction exacte des symptômes qui ont précédé l'apparition de l'æœdème au bras droit, nous devons craindre qu'au bras gauche l'oblitération des veines profondes ne fasse suite à celle des veines superficielles, et que l’œdème s’y développe.

Je vous ai dit que l'affection a débuté par les membres inférieurs. À un moment leur réseau veineux était pris presque en entier ; cependant nous n'avons jamais eu à craindre sérieusement la possibilité d’un sphacèle, les tissus ne présentant nicomme coloration, ni comme réfrigération, les modifications qui avertissent d’une menace de gangrène.

Quoi qu’il en soit, après un certain temps de séalt quo, l'ædème a diminué notablement au membre inférieur droit, les tissus ont repris une certaine coloration ; nous pouvons dire que là il y a tendance à la guérison.

Le membre gauche, primitivement moins Le se trouve actuellement dans le même état que le membre droit au début, et présente une teinte lymphangitique.

A un moment donné, les veines pelviennes ont été prises, car la verge et le scrotum étaient œdématiés ; le malade présente pendant quelques jours (4 un examen grossier bien entendu) l'aspegt d'un cardiaque ayant de l'anasarque.

Nous sommes done en présence d'une phlébite des quatre membres, qui sont pris dans toute leur longueur. jusqu’à la racine ; le maximum d'intensité des lésions est au membre supérieur

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droit qui présente par place la teinte rosée indiquant un processus aigu. Sous l'influence de ces poussées les ganglions correspondants se sont engorgés.

Il s’agit donc d'une phlébite diffuse dont il faut rechercher la cause.

Cet homme a eu à 22 ans, il y à 40 ans, le typhus en Crimée; celte affection est trop éloignée pour que la phlébite puisse en relever. Nous ne (rouvons aucune autre maladie aiguë ou chronique (et parmi les chroniques je vise surtout la syphilis).

Certaines influences toxiques peuvent irriter les parois veineuses et devenir à un moment donné une cause de phlébite : ainsi peuvent agir l'alcool, le plomb, l'arsenic plus rarement. Mais aucune de ces intoxications ne peut être ineriminée chez notre malade, quoique sous ce rapport il y ait un point obscur dans son histoire. Ayant remarqué que depuis quelques années sa vue baïssait, ilest allé l’an dernier consulter le professeur Panas, qui lui aurait trouvé une double papillite toxique. En définitive nous ne sommes pas plus renseignés sur le chapitre des influences toxiques que sur celui des facteurs d'ordre infectieux. On peut encore penser a deux grosses causes de phlébites : la tuberculose et le cancer. En faveur de la tuberculose on a trouvé les signes suivants : les sommets des deux poumons présentent une légère altération de la sonorité à la percussion, la respiration est rude et la voix retentissante, on a examiné les crachats à plusieurs reprises sans y trouver de bacilles.

En faveur du cancer le malade à maigri, sans être il est vrai cachectique ; un mois avant le début des œdèmes, il a éprouvé des douleurs dans l'épigastre et l'hypochondre. Mais au bout de quelques jours il n'était plus question de cette affection. Jamais le malade n'a eu de vomissements, Toutefois la région épigastrique est

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