DIAGNOSTIC — PRONOSTIC — PROPHYLAXIE TRAITEMENT
Du huitième au vingtième jour après l’opération, quand la phlébite apparaît avec tous ses symptômes : fièvre, douleur, œdème, accélération permanente du pouls, le diagnostic ne présente aucune difficulté. Mais dans l’intérèt des malades le chirurgien doit dépister cette phlébite avant l’apparition des symptômes : douleur et œdème.
Aussi devra-t-on, chez tout opéré d’appendicite, examiner soigneusement la température de chaque jour. La constatation d’une élévation thermique, deux, trois, quatre jours après l'opération, sera suspecte : Le malade est menacé de phlébite. Il en sera de même d’une accélération permanente du pouls, ce signe ne manquant jamais dans la phlébite, suivant Pinard et Wallich.
Si l’un de ces signes est noté, le chirurgien devra recommander et exiger l’immobilité absolue, le plus
léger mouvement pouvant provoquer une embolie. Celle-ci peut s'accompagner d’une élévation de température (obs. VII) et se diagnostiquera facilement d’après cessymptômes: point de côlé, dyspnée extrême, sensation d’asphyxie, crachats sanguinolents, jus de réglisse.
Quel est le pronostic de ces phlébites ?
Après une période d'état de trois à quatre semaines, elles évoluent généralement vers la guérison (observations L, IIL, IV, V, VI, VII). La douleur cède la première, l’œdème diminue. la motricité du membre revient peu à peu ; mais longtemps encore (deux mois après l'opération : obs. I) on peut percevoir un cordon dur, induré, marquant le trajet de la veine atteinte (obs. I). D’autres fois ces phlébites laissent après elles un œdème chronique de toute la jambe gauche (obs. I) ou simplement péri-malléolaire (obs. IV).
Mais le pronostic est surtout assombri par les complications possibles, complications analogues à celles observées dans la phlegmatia alba dolens des accouchées : des troubles vasculaires (apparition de varices dues au défaut de circulation dans le système veineux) ; des troubles nerveux sensitifs (névralgies); des troubles nerveux moteurs (crampes dans les jambes).
L’embolie complique les phlébites déclarées ; mais elle en est quelquefois Le seul signe (forme embolique d'emblée) sans qu'aucun symptôme n'ait permis de prévoir ces phlébites cachées (Sonnenburg, Walter, Guinard). Le pronostic de pareilles embolies est toujours grave, soit directement, soit par les complications
qui peuvent survenir (abeès et gangrène du poumon).
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Aussi, dans la crainte d'accidents possibles, il sera sage et prudent de surveiller attentivement les membres inférieurs des opérés et les douleurs qui peuvent y apparaître.
Les moindres oscillations thermiques seront notées avec le plus grand soin ; tout mouvement sera formellement interdit si les symptômes observés ou si l’élévation de la température révèlent un commencement
de phlébite. On ne saurait surtout recommander une
trop grande prudence lorsqu'il s'agira de permettre
aux opérés de sortir du lit, aussi il serait à désirer que tout opéré d’appendicite gardât le lit pendant trois semaines au moins après l'intervention, même s'il ne présentait aucun symptôme apparent de phlébite.
Le traitement se résume dans l’immobilisation du membre dans une gouttière ouatée, ou au besoin dans une gouttière plâtrée. Toute friction sur le trajet de la veine atteinte doit être évitée et considérée comme très dangereuse puisqu'elle peut produire une embolie pulmonaire.
Au bout de quarante jours seulement on pratiquera le massage du membre ;les mouvements seront ensuite permis pour prévenir l’atrophie.
Le rétablissement de la circulation veineuse sera facilité par une compression légère au moyen d’une bande élastique ou d’une bande de crêpe Velpeau.
La fièvre et la douleur réclament leur traitement symptomatique : analgésine, liniments calmants, douches tièdes ou application d’eau chaude, enveloppe-
ment ouaté.
AR Laits #7
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