‹ Phlébites du membre inférieur gauche après appendicectomie à froidChapitre 5 sur 14 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Afin de mieux fixer les idées par les faits, nous donnons dans le présent chapitre l’observation du D' Dieulafé, puis celles que nous avons pu recueillir dans diverses publications.

Observation I

D' DreuLraré.

Phlébite du membre inférieur gauche, survenue après

appendicectomie à froid.

Jeune homme de 22 ans, étudiant.

Première crise d’appendicite en septembre 1904, ayant consisté en douleurs violentes dans la fosse iliaque droite et en vomissements.

Peu de fièvre.

La crise fut calmée par de l’opium et des applications locales

de compresses trempées dans l’eau froide.

Deuxième crise le 12 mars 1906, pendant que le malade était

Late

au régiment. Jusque-là il avait supporté son service militaire sans trop de gêne; il ne ressentait que quelques douleurs vagues dans l’abdomen lorsqu'il avait fait un service fatigant.

Cette deuxième crise a été soignée par la glace et l’opium ; elle a duré dix jours.

Il y eut des phénomènes de péritonisme, des vomissements,

La température a oscillé entre 38°5 et 39.

Le quinzième jour tout symptôme avait disparu ; aucune douleur locale.

Le malade fut envoyé en convalescence.

Troisième crise le 19 avril 1906, au douzième jour de son congé. (C’est à cette occasion que nous voyons le malade).

Crise légère, calmée au bout de deux jours par la glace et la morphine,

Pas de température.

Au bout de quelques jours la douleur locale a disparu.

On permet progressivement une alimentation très légère. .Le 28 avril, opération.

L’appendicectomie a été facile, sans destruction d’adhérences sauf à la base même de l’appendice où cet organe et son méso étaient entièrement adhérents à la paroi du cœcum. L'insertion de l’appendice était latéro-interne ; il n'y avait pas de foyer purulent mais l’appendice était turgescent, volumineux, à parois dures, très court, ne mesurant que 5 centimètres de long. La base de l’appendice fut enfouie dans la paroi cœcale, je ne fis

pas de drainage. Suture à trois plans.

Les suites opératoires furent bonnes : pas de douleurs, pas

de vomissements, pas de fièvre, Les points cutanés furent enle-

vés le huitième jour.

Le quinzième jour après l'opération, le malade ressentit une

vive douleur dans la jambe gauche, douleur siégeant au niveau du mollet et du creux poplité. Il n'y eut pas d’ascension thermique.

Tout mouvement réveillaitla douleur, Elle s'atténua dans la Journée, puis reparut par crises pendant la nuit suivante, Il n’y avait ni œdème, ni gonflement, ni douleur localisée sur le trajet des vaisseaux.

Le lendemain le malade se leva, resta quelques heures dans un fauteuil ; puis la douleur de la jambe s'étant accentuée il fut obligé de se mettre au lit. Ce même jour, les deux points inférieurs de la suture cutanée cédèrent, le pansement fut taché par de la sérosité sanguinolente,

Le malade fut condamné au repos au lit pour réparer sa plaie par seconde intention ; les douleurs dans le mollet disparurent complètement. Il prolongea ainsi son séjour au lit pendant une quinzaine de iours,et ne seleva définitivement qu’un mois après l’opération. Il marcha sans difficulté pendant quelques jours dans sa chambre, puis il sortit et au retour de sa première promenade qui avait été assez longue, il constata que sa jambe était gonflée. Deux jours après il partit à la campagne sans nous revoir et là, le gonflement dela jambe s’accentua. Il éprouvait de la gêne pour marcher et ressentait quelques douleurs dans la jambe gauche. Au bout d’une dizaine de jours le gonflement diminua peu à peu. À l’heure actuelle, c'est-à-dire deux mois après l'opération, il présente un peu d’ædème de la jambe gau-

‘che, un cordon induré et sinueux marque le trajet de la veine saphène externe, mais il n'y a rien d’anormal au niveau des autres veines du membre inférieur.

L'état général est bon. Le malade a repris des forces ; il s’ali-

mente sans jamais éprouver de malaise et a légèrement engraissé,

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