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de Roux, de Lausanne, qui en 1900 écrivait : « La phlé- « bite survient aussi bien après l’opération à froid, « c’est-à-dire en dehors de tout accident septique pal- « pable, qu’au cours d’accès aigus. » La presque totalité de nos observations a également trait à des formes
d'appendicite non suppurée.
La phlébite apparaissant dans ces conditions ne peut être consécutive à des accidents d'infection opératoire puisque aucun accident infectieux ne se manifeste du côté de la plaie et que la réunion par première intention est parfaite (Voir nos observations.)
L’infection générale, partie de l’appendice enflammé, est la seule qui puisse être mise en cause. Cependant, bien qu'il soit vraisemblable d'admettre qu'il s’agit d’une infection générale de l’économie, il nous reste à discuter une interprétation pathogénique soutenue il y a quelques années.
En 1899, dans la Semaine Médicale, MM. Tripier et Paviot, conformément à l’opinion émise par Jalaguier et ébauchée avant lui par Sahli, Gobulow et Merklen, soutinrent que les lésions observées au niveau de l’appendice iléo-cœcal n'étaient que la localisation secon-
daire d’une infection primitive de l’organisme.
Pour ces auteurs l’appendicite doit être considérée comme une maladie infectieuse générale d’emblée et les accidents présentés du côté de la fosse iliaque droite ne sont que secondaires, consécutifs. Les faits de phlébite que nous rapportons ne viendraient-ils pas à l’ap-
pui de cette théorie de MM. Tripier et Paviot, en ajou-
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ant une manifestation de plus de l'infection générale: de l’organisme aux localisations appendiculaires ? Nous ne croyons pas devoir nous rattacher à cette hypothèse, et cela pour les raisons suivantes : Tout d'abord, si dans quelques cas qui sont certainement l'exception on peut retrouver dans l’histoire des malades atteints d’appendicite l'existence d'un état
infectieux antérieur, le plus souvent il n'existe rien de
semblable.
D'autre part, ilest dificile d'admettre que les lésions
de l’appendice iléo-cæœcal soient secondaires àune maladie générale infectieuse primitive, qui se localiserait uniquement dans cet organe et ne manifesterait pas son existence par l’altération plus ou moins profonde des organes ordinairement touchés par l'infection, tels que le foie, le poumon, la rate, etc.
De plus on ne peut interpréter la phlébite gauche comme le résultat d’une affection générale primitive atteignant à la fois l’appendice et la veine. Dans la plupart de nos observations, en effet, c’est tardivement qu'est apparue la thrombose, bien après le délai ordinaire que l’on observe entreune infection et la thrombose consécutive : dans la puerpéralité par exemple.
En définitive, nous croyons,avec Villard et Vignard, qu'il faut considérer la phlébite survenant au cours d'une appendicite comme compliquant celle-ci et n’étant que la manifestation à distance d’une infection générale de l'organisme, infection partie d’un foyer périto-
néal et appendiculaire primitif.