INTRODUCTION
La constatation de phlébites après les interventions sur les voies urinaires, a été bien souvent faite et nombreuses sont les observations publiées sur ce sujet. Depuis très longtemps les urologues ont mis au premier rang de leurs préoccupations l’apparition possible de cette complication, et leur souci n’avait rien d’exagéré, puisque par les accidents qu’elle peut entraîner, elle risque de compromettre les excellents résultats qu’on était en droit d’attendre d’une opération parfaitement conduite.
Sans doute, l'étude que nous entreprenons ne constitue-t-elle qu’un chapitre isolé de la question des phlébites et embolies post-opératoires en général ; il nous a paru cependant intéressant d’insister sur quelquelques points particuliers susceptibles d'expliquer la grande fréquence des thromboses après les interventions sur les voies urinaires que toutes les statistiques reconnaissent. Le pourcentage en serait peut-être encore plus élevé si nombre d'incidents trop bénins pour retenir l’attention —- parfois du malade lui-même — et qu’on porte au compte de l’anesthésie, d’un refroidissement, d’un léger embarras gastrique, du mauvais état général habituel à cette catégorie de malades, étaient rattachés à leur véritable cause, la thrombose veineuse : phlébites localisées à symptômatologie discrète, voire petites embolies pulmonaires. C’est qu’en effet, plus que tous autres malades, les urinaires offrent un terrain éminemment favorable à la produc-
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tion de la phlébite. Ce sont pour la plupart des gens âgés, plus ou moins touchés par la sclérose, dont le myocarde est fatigué et le système veineux altéré. Leur circulation sanguine est mauvaise, troublée encore par les affections chroniques du poumon dont ils sont fréquemment atteints. Fragilisés d’un autre côté par l’urémie, qui outre qu’elle diminue la résistance de lcur organisme, vient changer la qualité et la composition de leur sang, anémiés par les hématuries, cachectisés parfois par le cancer, et par-dessus tout, infectés dans leur appareil urinaire, tels sont pour la moyenne les malades qui viennent réclamer le secours du spécialiste et qui devront par surcroît subir le traumatisme opératoire.
Troubles circulatoires, infection, modifications de la crase sanguine ; on peut bien convenir que les urinaïres réunissent le maximum de conditions pour faire de la thrombose dans leurs veines. Et si nous avons pensé pouvoir revenir sur cette question, c’est qu’elle contribue à dégager le rôle des altérations du sang dans Pétiologie et la pathogénie des phlébites remis en évidence par les recherches modernes, et que les conceptions nouvelles qui ont été l’aboutissant de ces travaux lui donnent un regain d'actualité tant à cause des lumières qu’elles jettent sur les raisons de la fréquence des ‘accidents thrombosiques après les opérations pratiquées au niveau de l'arbre urinaire, qu’à cause des sanctions thérapeutiques — prophylactiques surtout — qui découlent de leur bien-fondé.