‹ Phlegmatia alba dolensChapitre 14 sur 21 · LYMPHATIQUE · texte numérisé non relu

LYMPHATIQUE

M. Renaut établit d’abord que, dans la majorité des cas, les lymphangites ne s’accompagnent point d’un œdème considérable, comparable à celui de la plilegmatia ou à l’œdème par compression d’une veine. L’endolympbangite n’amène pas ipso facto la production d’un obstacle au cours de la lymphe; elle n’en détermine jamais la coagulation pendant la vie; au contraire, l’épithélium étant desquamé, le lymphatique devient une cavité accessible aux éléments de la lymphe par tous les points de sa paroi fenêtrée. « Loin d’être une cause d’œdème, dit M. Renaut, la lymphangite favorise l’issue de la lymphe ou du liquide de l’œdème inflammatoire, en transformant les canaux lymphatiques clos par l’endothélium en tubes à parois fenêtrées, oùles cellules migratrices peuvent pénétrer, entrer et sortir sans aucun obstacle (fut-il minime comme un endothélium), sur tous les points du segment vasculaire intéressé et desquamé. »

M. Renaut montre ensuite qu’un œdème lymphatique peut être la conséquence de la sclérose des ganglions, mais c’est un œdème chronique et jamais douloureux .

« En résumé, dit-il, en dehors des cas spéciaux où se produit l’œdème lymphatique, la lymphangite ne s’accompagne que d’œdème dû à l'inflammation congestive du tissu connectif péri-vasculaire et nullement d’œdème séreux. Ceci tient à ce que le système lymphatique n’est pas un système absolument clos, comme le sanguin ; et qu’une lésion même oblitérante sur son trajet ne détermine pas fatalement une haute pression en amont. Les éléments de la transsudation peuvent filer dans le tissu connectif péri-lymphatique, jusqu’à de grandes distances, se rassembler autour d’un point du vaisseau redevenu perméable, infiltrer sa membrane poreuse et feutrée, et pénétrer dans sa cavité. Encore ce cas est-il à peu près idéal, puisque les lymphatiques enflammés ne s’oblitèrent pas d’ordinaire.

« Les considérations qui précèdent ne sont donc pas favorables à l’idée d’une variété de phlegmatia qui aurait pour origine des lésions oblitérantes des lymphatiques, à moins qu’on n’appelle phlegmatia l’œdème lymphatique qui vient chroniquement, systématiquement, et n’est jamais vraiment douloureux. À mes yeux ceite confusion serait un non-sens anatomique, nosologique et clinique. »

C’est également l’opinion que je soutiens ; je l’ai exprimée au début même de ce travail en disant : L'œdème douloureux est dû à la coagulation spontanée du sang dans T intérieur des veines (page b.) Le siège anatomique de la phlegmatia alba dolens ne peut certainement plus aujourd’hui donner lieu à

quelque controverse, comme à l’époque où Dronsart a eu pour sujet de Thèse d’ Agrégation (1826-27), la solution de ces deux questions :

An phlegmasiæ albæ dolentis

Certa sedes ?

Speciatis curatio ?

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