‹ Phocion: tragédie en cinq actes et en versChapitre 15 sur 48 · ACTE II , SCÈNE II. ai · texte numérisé non relu

ACTE II , SCÈNE II. ai

[A.U sentier de Tbonneur et de la renommée Vous savez s*il n'a pas sans cesse combattu , £t s*il est uu mortel qui le passe en vertu.

AGNONIDE.

Je sais , maigre Tëclat dont brille son mérite , Qu'il devroit ménager ce peuple qu'il irrite. Abdiquer un pouvoir si long-temps possédé»

Et qui lui vient enfin d'être redemandé.

OLYMPE

Aux ordres du sénat il est prêt à souscrire.

AGNONIDE.

Le peuple a prononcé. Son ordre doit suffire. -

OLYMPE

Malgré lui, Pbocion entend le protéger, £t n'abdiquera pas au moment du danger.

Apprenez les motifs de l'ardeur qui l'enflamme. Jamais l'ambition n'approcha de son âme.

Après tant de combats, de peines, de travaux^ Toujours victorieux, désormais sans rivaux , Un repos honorable au bout de sa carrière Devroit lui sembler doux, autant que nécessaire; Mais les vœux du sénat , et son autorité Qu*ose usurper Taudace et la témérité.

Le peuple à préserver de sa propre fiirie , L'étranger menaçant d'écraser lâ patrie, Tout veut qu'il se refuse à des ordres donnés . Far un amas confus de mutins forcer^és.

AGm)NIDE.

Dès lors il est perdu.

2a PHOCION,

OLYMPE

Non , je ne le puis croire. Voulez-vous qu'à jaipais difTamé par Thistoire Votre nom , parmi nous si long-temps respecté, Aille couvert d'opprobre à la postérité ? \

AGNONIDE.

Madame , osez-vous bien ?....

OLYMPE

Pardonnez, je m'égare.

Non , vous ne serez point et perfide et barbare. A la honte, au remords votre cobur étranger D*un si triste fardeau n'ira point se charger. Quand Socrate expira sous les traits de l'envie , Vous savez les regrets dont sa mort fut suivie ; Vous connolssez le sort de ses persécuteurs.

Le peuple écoute , croit , et hait les délateurs. Si dans sa rage aveugle il peut tout se permettre y Il punit les forfaits qu'on l'excite à commettre. De ce vil Anytus qui tofnba sous ses coups.

Quoi ! l'exemple effrayant seroit perdu pour vous! Mais je menace , au lieu d'émouvoir sa tendresse. ' Au nom des soins touchans que vous doit ma jeunesse^ N'allez pas terminer le destin le plus beau Par un breuvage horrible , ou le fer d'un bourreau; Vous vous taisez. Je vois que sa perte est jurée. Eh bien ! Ton me verra de contrée en contrée. Son urne dans les mains^ non répandre des pleurs., Non fal iguer les Grecs de mes vaines do|uleut*s,

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