‹ Phocion: tragédie en cinq actes et en versChapitre 2 sur 48 · PRÉFACE. V · texte numérisé non relu

PRÉFACE. V

pestsaient comme Pkrtarque, que tout, Téquité même^ dev'oit étr^ subordonné au bien de la patrie»

Mais les stcnciens . dont h. doctrine ^dit subUme^ et firesquç céleste , se firent gloire de pro* fesser des maximes toutes différentes. « L^honnète » et Futyie 9 dîsent*ils i ne peuvent être séparés. » Rien d^utâe qui ne soit honnête, {^e système con- » traire est le plus dangereux qui puisse exister. » U csft des. choses si honteuses , que le sage sy » refuseroit, même pour le salutde la patrie. »

Phocion avoit puisé ses maximes dans sa con»cience , et non dans les leçons du Portique , postérieures de quelques années à sa mort.

Malgré l^amélioration survenue ^ dit-on , dans nos mœurs depuis Fépoque , et sans doute par TefiEet de la révolution, nous avons pensé que l'exposition de la théorie et de la pratique d'une morak si pure. ne seroit pas encore tcmt^^ait inutile.

, Nofis j!i'a'vons pas été intimidés par le sentiment ^d'Aristole., qui vetit que fe héros d'une tragédie ne soit ni toutrà^ait iCoupable , ni tout-àr£ak innocent. Nous ne savons pas quel est le crime de Britannâcns. Il nous semble que c'est une colombe déchirée par un vautour. Puisqu'il est

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convenu . qu'un homme de bien aux prises^ avec rinfQrtuiie est un spectacle : digue de Tattention du ciel, nous ne toyoïis pas pourquoi il né le seroit point de eellé de la terre ; et nous confesserons que sHl ne parvient pas à la fixer, il faut en accuser non le vice du sujet, mais Finsuffisance du talent. Le génie de Campistron, qui a laissé des ouvrages estimables , quoique trop foiblement écrite, et qui a misPhocion sur la scène avant nous, n'étoit aucunement propre à un tableau de cette nature. Nous désirons qu'on veuille jeter les yeux sur celui qu'il a< trace , pour que le nôtre soit trouvé plus' supportable.

Quelques uns ont dit que Phocion étbit un sage inactif, et par là peu propre \ la scènes Sage , oui ; mais , certes , nul citoyen ne fut plus actif. Jusqu'au dernier jour de sa très-longue vie , il eut toujours les armes à la main. U fut élu quarantecinq fois chef de l'armée.

• ; lUirant tout le cours de la pièce , il est en action , et remplit le théâtre mêpie en son absence, puisqu'il est Tobjet de toutes les scènes.'

Qu'y a-t-il dans Cinna ? une conspiration révélée et pardonnée. Dans Bérénice, le chef-d^oeuvre de la difficulté vaincue? trois -mots en font tout le

PREFACE, vî

Sujet : InsfUus irmtam dimisît. C'est Tîtus qui renvoie , malgré lui et malgré çUe , une reine qu'il aime, eidont il est aimé. Si nous eussions eu plus de confiance en nos forces, nous aurions mis encore, moins d'action et de mouvement dans cette pièce. L'entassement des faits, triste ressource de l'impuissance bu de la foiblesse , ne* laisse pas assez d'espace pour le développement des caractères, des moeurs et des passions., . ^ Nous nous faisons un devoir et un plaisir de reconnoître que nous avons reçu d'utiles conseils de l'auteur des Templiers , et de M. Saint-Prix , qui a terminé sa carrière théâtrale par le rôle de Phocion , dans lequel il a déployé un talent audessus, de tout éloge.

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