SCÈNE VI
AGNONIDE , EPICURE.
AGNONIDE.
Ne perdons point, ami, des momens précieux, Il s'en est peu fallu qu'un jeune audacieux N*ait par un ayàp hardi renversé notre ouvrage,' £t mon salut enfin n'est dû qu'à mon courage.
EPICURE
Gomment ? explique-toi.
AGNONIDE.
J*ai des soins plus pressans.
Les postes les plus sûrs , les plus intéressans ,
• Il
Soht-ils entre les mains d'une troupe fidèle , Et disposée à tbut pour nous prouver son 2^le? Dis-moi, le plan tantôt entre nous arrêté Pouvons-nous à Tinstant le voir exécuté?
EPICURE
Tout étoit prêt : soldats, témoins^ rhéteurs , oracle ; Mais tout à coup survient lé plus^erfiblé obstacle; De nos complots secrets hous perdons tout le fruit ; C'en est fait, d*un seul mot Phoctoh les détruit ;
Et nous allons subir l'ascendant invincible De Tâoie la plus ferme et la plus inflexible. Je peignois ton riva) comiile un objet d^horreur. La foule rëpondoit par des Cris de Fureur.
Tout à coup il pardît, avec un front sévère.
II monte à la tribune, et bravant la colère
D*un peuple contre lui dès long-témps irrité.
De ses nouveaux excès parle avec dignité.
Le tumulte redouble, et ce vieillard tranquille
Dans les flots déchaînés semble un roc immobile.
On regarde , on s'étonne , on demeure interdit.
Oji alloit Tégçrger : bientôt on Tapplàudit ;
Et des Athéniens la subite inconstance
A fait en ;Sa faveur incliner la balance.
De la paix en ses mains le pouvoir est remis
On attend au sénat les deux chefs ennemis.
Sur &a foi , Tun et Tautre ont promis de s'y rendre.
AGNONIDE.
O ciel ! à ce bonheur je n'eusse osé m*attendre«