‹ Phocion: tragédie en cinq actes et en versChapitre 27 sur 48 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

AGNONIDE , EPICURE.

AGNONIDE.

Ne perdons point, ami, des momens précieux, Il s'en est peu fallu qu'un jeune audacieux N*ait par un ayàp hardi renversé notre ouvrage,' £t mon salut enfin n'est dû qu'à mon courage.

EPICURE

Gomment ? explique-toi.

AGNONIDE.

J*ai des soins plus pressans.

Les postes les plus sûrs , les plus intéressans ,

• Il

Soht-ils entre les mains d'une troupe fidèle , Et disposée à tbut pour nous prouver son 2^le? Dis-moi, le plan tantôt entre nous arrêté Pouvons-nous à Tinstant le voir exécuté?

EPICURE

Tout étoit prêt : soldats, témoins^ rhéteurs , oracle ; Mais tout à coup survient lé plus^erfiblé obstacle; De nos complots secrets hous perdons tout le fruit ; C'en est fait, d*un seul mot Phoctoh les détruit ;

Et nous allons subir l'ascendant invincible De Tâoie la plus ferme et la plus inflexible. Je peignois ton riva) comiile un objet d^horreur. La foule rëpondoit par des Cris de Fureur.

Tout à coup il pardît, avec un front sévère.

II monte à la tribune, et bravant la colère

D*un peuple contre lui dès long-témps irrité.

De ses nouveaux excès parle avec dignité.

Le tumulte redouble, et ce vieillard tranquille

Dans les flots déchaînés semble un roc immobile.

On regarde , on s'étonne , on demeure interdit.

Oji alloit Tégçrger : bientôt on Tapplàudit ;

Et des Athéniens la subite inconstance

A fait en ;Sa faveur incliner la balance.

De la paix en ses mains le pouvoir est remis

On attend au sénat les deux chefs ennemis.

Sur &a foi , Tun et Tautre ont promis de s'y rendre.

AGNONIDE.

O ciel ! à ce bonheur je n'eusse osé m*attendre«

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