SCENE PREMIÈRE
PHOCION , OLYMPE , femme de sa suite ; CHARIGLÈS {entrant d: un côté), PHOCION^î/j (jie r autre!)
PHOCION, à son fils.
A ous paroisses ému !
Ce û*e$l pas sans raison.
O crime] 6 désespoir 3 inlâme trahison!
Le secret du sénat divulgué sur la place ^ Soulève contre vous toute la populace. « Succ^mbaol a Faîir^it d'un pouvoir séducteur^ » Phocion des tyratis devient le proteclcur , » Lui d:it-on, Cette foule insensée, inhumaine. Veut qu'à son tribunal ,^ur rbeure, on vous entraîne. J'ai fait d^ vains efforts pour en élre écouté; Sa fureur est au comble y et le décret porté.
OLYIMLPE.
Justes dieux !
GHARICLËS.
Le dëcret ! £h! c*est ainsi qQ*oii nomme Un complot d'assassins ^ forme contre un grand homme*
Il falloit donc souscrire à leurs desseins pervers, £t violer des lois qu'observe Tunivers !
Si d'un pareil forfait j'eusse ëtë le complice , Cest alors qu'on eût dû m'envoyer au supplice. Coupable cependant , je l'aurois évité ; Il vaul mieux le subir sans l'avoir mérité.
OLYMPE
Un exil volontaire assouviroit l'envie.
Partons. Confiez-moi le soin de votre vie.
Hâtons nous de quitter un théâtre d^horreur»
Sans cesse ensanglanté par un peuple en fureur ^ Assemblage inouï de vertus et dé vices, Ordonnant du même œil des jeux et des supplices» Par un contraste horrible entre tous les mortels , Seul à Thumanhé consacrant des autels, £t de ses généraux faisant tomber les tètes, Pour se venger sur eux-du malheur des tempêtes, Et leur faire expier comme autant de forfaits, Leurs vertus, leurs talens, leur gloire et leurs bienfaits; Sortons d'une cité follement suicide, Qui proscrit Phocion , et couronne Agnonide.
N'attendons pas ici le dernier des revers.
Je suis prête à vous suivre au bout de Tunivers ; Ne craignez pas pour moi la mort ou rindigence :